Pour la quatrième année consécutive, la municipalité de Bellegarde, la Coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard, l’Union des jeunes de Provence et du Languedoc et l’association Bellegarde passions et traditions s’unissent pour un grand week-end taurin. Jusqu’à l’année dernière, c'est ce rendez-vous qui lançait la saison taurine dans la région, mais cette année, avec la novillada sans picadors de Fourques qui est déjà passée, l’aficion devra se réunir à nouveau.
Car avant que ce week-end existe, cette date était réservée au trophée Sébastien Castella qui a débuté en 2017. L’organisateur, Raphaël Coulomb, de l’association Bellegarde passions et traditions, explique et détaille ce cartel anniversaire en compagnie de l’artiste qui a réalisé l’affiche de la novillada sans picadors, Charlotte Houot. Avant d’entrer en piste et de parler de l’affiche taurine, place à l’affiche artistique.
« Je pense que culture et tauromachie sont liées. Depuis toujours, le trophée Sébastien Castella cherche à faire de belles choses et à lier les deux. J’ai beaucoup aimé son style, un peu à la Cocteau. J’ai été sensible à sa recherche, réelle, sur la tauromachie ainsi que sur son œuvre. J’ai pensé à elle pour l’affiche de la dixième édition du Trophée et après quelques jours de silence, elle m’a répondu positivement. On s’est rencontrés, elle m’a fait plusieurs propositions. C’est la première femme qui réalisera notre affiche ! »
Une femme dans les toros, qui se met devant des vaches et qui en dessine les plus douces rêveries. Comment Charlotte Houot est-elle entrée dans un univers qu’elle ne connaissait pas ? « Après le confinement, à Arles, une copine m’a embarqué dans un cours de toreo de salon. Ça m’a toujours attiré, je me suis rapidement retrouvée devant une vache et j’ai trouvé ça intéressant. J’ai ensuite nourri les toros chez Blohorn tous les jours pendant un mois, j’ai repris mes dessins et c’est reparti. »
Et c’est reparti plutôt bien, les arènes d’Arles l’appellent pour réaliser l’affiche de la feria de Pâques 2025. Pour Bellegarde, la palette est plus colorée, plus vive et le dynamisme recentré. « Cette affiche est plus onirique que narrative, on y voit un gros bouquet dont le centre est un torero qui ressemble à Clemente parce que je l’adore ! J’apporte mon monde, ma porte vers un imaginaire et c’est aussi ça la corrida. C’est le rôle de l’artiste que d’ouvrir des portes. »
Et Charlotte Houot de poursuivre : « Le torero est au centre, au milieu de toros évanescents. Cheval et minotaure sont un peu suspendus comme si la corrida était un rêve. Le minotaure est symbolique, un peu comme si le mythe ancien retrouvait la corrida d’aujourd’hui. »
L’affiche fait l’unanimité. Raphaël Coulomb ne regrette pas sa carte blanche et va plus loin : « Dans ses œuvres on la voit comme dans sa vie, parfois tourmentée. Elle assume d’être une femme forte. Elle est torera dans l’âme, elle torée la vie. Elle est originaire d’une région éloignée des régions taurines, la corrida inspire encore des personnes comme ça, alors nous avons de beaux jours devant nous ! »
Après Arles et ses projecteurs, on pourrait croire que Bellegarde n’est pas la meilleure trajectoire. Pourtant ! Comme dit plus haut, le trophée Sébastien Castella n’a rien à envier aux grandes ferias quand on parle de respect des artistes ! Place à l’autre affiche, les becerros et les novilleros sans picadors.
Au cœur d’une organisation hybride qui a fait ses preuves, Raphaël Coulomb souligne l’entente : « Comme nous le faisons depuis 2023, le travail effectué par toutes les entités organisatrices de ce week-end permet de lancer la saison dans le sud-est de la meilleure des manières. »
Cette année encore, le cartel sera d’intérêt. Logique au vu des enjeux. « Il s’agit de la dixième édition du Trophée à Bellegarde. C’est un événement qui est maintenant ancré dans la temporada française. Le nombre de novilleros passés par Bellegarde depuis 2017 et la première édition à avoir pris l’alternative démontre que la qualité, l’audace et l’indépendance ont toujours été notre leitmotiv. »
Parlons des becerros, deux fers. Les Durand répètent après leur excellente année 2025 et La Paluna revient comme ganaderia triomphatrice de la saison dernière en novillada sans picadors. Logique !
Et du côté des piétons ? Trois jeunes qui rêvent les yeux ouverts de devenir figura. Blas Marquez, d’Almeria, qui viendra à Bellegarde avec la ferme intention de montrer son talent. Daniel Garcia, de Madrid, après de prometteurs débuts fin 2025, est annoncé partout début 2026. À n’en pas douter, il va surprendre pour sa présentation dans le sud-est. Esteban Navarro, de Béziers. Le protégé de Tomas Cerqueira débutera en costume de lumières à cette occasion et aura à cœur de confirmer sa saison 2025, il a remporté de nombreux bolsins.
Ces noms, ces résultats, cette ancienneté pérenne, cette envie de faire découvrir et d’initier… C’est plus que jamais important mais il faut que les gradins suivent. « Le public doit chaque année venir plus nombreux pour assurer la pérennité de l’œuvre. Sans public, nous n’existons pas. Nous donnons rendez-vous aux aficionados et aux curieux le dimanche 29 mars, à 15h30, pour cette dixième édition du Trophée Sébastien Castella, dans les arènes Pierre-Aubanel de Bellegarde. »
Pour acheter vos places, c’est par là. Pour les œuvres de Charlotte Houot, l’artiste sera présente.