Premier sport de France en termes de popularité et de licenciés, le football représente un véritable poumon économique dans les villes et villages. Si beaucoup rêvent de devenir professionnels, d'autres se réjouissent déjà de le pratiquer comme un loisir. La Communauté de communes de Terre de Camargue a porté, en ce sens, deux installations de choix sur la ville d'Aigues-Mortes, à destination de tous les publics.
Ainsi, les tribunes rénovées du terrain d'honneur du stade Maurice-Fontaine et le nouveau synthétique du terrain annexe au complexe du Bourgidou ont officiellement été inaugurés ce mercredi matin. "On a l'objectif de faire jouer au football nos jeunes et nos adultes. La communauté de communes a souhaité mettre les infrastructures sportives au cœur de sa politique publique, pour encourager la pratique sportive à tous les niveaux", se réjouit le président de Terre de Camargue, Robert Crauste, rappelant avec le sourire que le Camarguais a l'esprit compétiteur. Près d'1,2 million a été investi, comprenant des subventions du Conseil départemental à hauteur de 200 000 euros, et la même somme allouée par l'État au titre du Fonds vert.
"Je suis ravi que ce complexe se dote d'un terrain synthétique. On sait que de nos jours les pelouses naturelles sont presque obsolètes dans des clubs comme nous, et les progrès sont tellement importants sur ce sujet-là que ce n'est plus un problème d'avoir du synthétique. Ça permet de lancer des tacles beaucoup plus loin", s'amuse Pierre Mauméjean, maire d'Aigues-Mortes.
Représentant l'État, le préfet Jérôme Bonet possède en lui cette fibre footballistique depuis tout petit, en raison de l'implication de sa famille dans le bénévolat. "J'ai grandi dans une famille de bénévoles, impliquée autour d'un club de football amateur. Ma mère lavait les maillots, je sais ce que c'est de vivre un derby face à la commune d'à-côté et ces moments où se nouent des amitiés et qui apprennent le savoir-vivre et les règles du vivre-ensemble", témoigne-t-il. Le préfet salue également le choix du synthétique, plus vertueux en terme de consommation d'eau et d'engrais.
René Teissier dans les cœurs
Une plaque en hommage à René Teissier a également été dévoilée, pour que le souvenir de ce féru de football continue de perdurer indéfiniment. "René Teissier a été joueur, mais aussi un dirigeant qui s'est occupé des jeunes. C'était l'homme qui a marqué les jeunes footballeurs aigues-mortais", rappelle Pierre Mauméjean. "On l'appelait "Papa Foot". À tel point qu'un soir de finale de coupe du Vidourle, il était venu à la Churrascaïa pour être sûr qu'on allait rentrer bonne heure", sourit-il, rappelant la victoire de son équipe 2-1 face au Grau-du-Roi ce soir-même.
Au nom de l'ensemble des neveux et nièces de René Teissier, son petit-fils Robert Cornu a tenu à remercier très chaleureusement le président Robert Crauste ainsi que le maire d'Aigues-Mortes Pierre Mauméjean. "Avoir donné le nom de René Teissier à ce stade, c'est un immense honneur et une reconnaissance qui me touchent profondément", déclare-t-il très ému. Pour la petite histoire, René Teissier fut entraineur au sein du club pendant de nombreuses années à partir des années 1960, marquant de son empreinte des générations de personnes à travers sa passion, son engagement et ses valeurs humaines.
"C'est l'esprit de bénévolat qui l'a toujours animé, et il a su le transmettre ceci avec fierté à moi-même pendant plus de quinze ans et à Christine Cornu, déléguée à la Ligue de Football Professionnel. J'espère que ce terrain permettra aux jeunes footballeurs de progresser et de s'épanouir dans les meilleures conditions, dans le respect, le partage et la passion", conclut-il.
Opération délicate
La rénovation des bâtiments était nécessaire, mais en gardant ce côté traditionnel, pour intervenir le moins possible visuellement. Les travaux se sont déroulés en plusieurs temps. Premièrement, avec la réfection de la charpente métallique, corrodée et contenant de la peinture au plomb. "Il a fallu la sabler sous atmosphère confinée en raison de son aspect toxique", souligne Sylvie Bertrand-Betraz, maître d'œuvre chez Bureau Véritas. Dans la foulée, il a fallu renforcer la structure de la charpente, puis la repeindre. "On a changé le bac de couverture, comportant de nombreuses infiltrations d'eau", ajoute-t-elle.
Les gradins en béton, vétustes, ont été entièrement refaits pour les rendre plus esthétiques. La serrurerie a également été rénovée, tout comme les éclairages sportifs, transformés en LED pour réaliser des économies d'énergie. Six mois et 370 000 euros ont été requis pour mener à bien cette partie. La collectivité de Terre de Camargue poursuit donc son engagement en faveur du sport, un an après les 350 000 euros investis pour donner une seconde jeunesse à la piscine intercommunale du Grau-du-Roi.