29 hectares bordés par les Seynes et l’Alzon, un parcours de 9 trous, un compact de 4 trous, un practice et une bâtisse de 1 000 mètres carrés accueillant 5 chambres d’hôtes, un gîte, un club-house et un restaurant : c’est peu dire que le Golf club d’Uzès, créé par la famille Allier il y a une quarantaine d’années, a quelques atouts à faire valoir.
Seulement, le lieu, à la gestion familiale, sort d’une longue période difficile qui a conduit sa société d’exploitation à déposer le bilan. Nous sommes début 2025, et Laurent Charrade tombe sur une annonce dans le journal Les Échos, « un soir dans mon lit », rejoue-t-il. L’opportunité de reprendre la société d’exploitation arrive au bon moment pour ce couple de courtiers en financement de biens d’équipements pour les professionnels originaire de Chamalières : « Nous cherchions un pied-à-terre, et nous sommes passionnés de golf », expliquent-ils.
« Il ne restait qu’une trentaine d’abonnés »
Alors ils font une offre au tribunal de commerce et se déplacent sur les lieux, dont ils tombent amoureux et entrevoient le potentiel, à l’été 2025. La décision tombe le 10 décembre dernier, et le couple reprend la société d’exploitation et le bail emphytéotique qui la lie à la famille propriétaire des lieux jusqu’en 2034. Magali et Laurent Charrade emménagent sur place fin décembre, et se lancent immédiatement dans des travaux pour relancer le golf.
« Il ne restait qu’une trentaine d’abonnés », pose Laurent Charrade. « Ceux qui restaient étaient des fidèles parmi les fidèles, les autres étaient partis ailleurs au fil du temps, à Nîmes ou à Avignon », rajoute Magali Charrade. Il faut dire que le déclin économique du golf s’était accompagné de sa lente décrépitude. « Nous sommes arrivés avec toute notre bonne volonté et notre goût du challenge, retrace Laurent Charrade. Nous avons commencé par réunir tous les gens intéressés, abonnés, anciens abonnés, pour leur expliquer ce que nous allions faire et les laisser remonter un club sportif pour organiser des compétitions. »
« En trois mois, nous avons fait une grosse remise à niveau »
Puis, sans perdre de temps, le bail n’étant que d'une durée de huit ans, les nouveaux exploitants ont lancé une série de travaux : remplacement du tapis du practice, achat de balles neuves, élagage, débroussaillage, reprise des clôtures, rénovation des bunkers, reprise des greens par une entreprise spécialisée, remplacement du système d’arrosage… « En trois mois, nous avons fait une grosse remise à niveau », résume Laurent Charrade.
Parallèlement, « nous avons relancé le restaurant qui n'existait plus, relooké le club-house pour en faire un lieu de vie, avec des expositions, accueilli un séminaire, tenu notre première compétition il y a quinze jours », énumère Magali Charrade. Et ça marche : en à peine trois mois, « nous avons doublé notre nombre d’abonnés », affirme Laurent Charrade. Le couple met aussi l’accent sur un accueil chaleureux, a recruté six personnes pour l’accueil, la cuisine et l’entretien du domaine, relancé une école de golf et des cours collectifs, dont des initiations gratuites, et même conventionné avec le Centre hospitalier du Mas Careiron pour « ouvrir le golf aux porteurs de handicap », précise Magali Charrade.
Et ce tout en conservant des tarifs qui se veulent accessibles, à 35 euros le parcours en basse saison, 42 euros en haute saison, un abonnement annuel à 1 230 euros, une école de golf à 100 euros par trimestre et une licence à 25 euros. « Le golf s’est démocratisé, c’est moins cher que le tennis ou l’équitation », affirment les gérants.
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