C'était le 19 janvier dernier, les portes de la rue Frédéric-Mistral se sont enfin réouvertes. Deux semaines plus tard, l'école de la 2ᵉ chance (E2C) d’Alès a enfin retrouvé ses murs, près d’un an après l’incendie criminel qui avait dévasté ses locaux dans la nuit du 20 au 21 mai 2025. L'établissement accueille à nouveau des jeunes en quête d’un avenir professionnel. « C’était important qu’on revienne ici pour tourner la page », déclare Véronique Leclercq, directrice de l’établissement depuis juin 2024. L’émotion est palpable parmi les jeunes qu'on appelle les « stagiaires » et l’équipe, pour qui ces locaux représentent bien plus qu’un simple lieu de formation : « une deuxième maison », comme le répètent souvent les jeunes.
L’incendie, dont l’auteur a été condamné en novembre 2025 à 18 mois de prison (dont 12 avec sursis probatoire), avait laissé des traces profondes. « Cela a été très traumatisant, autant pour les jeunes que pour l’équipe », confie Véronique Leclercq. Grâce à la mobilisation du GRETA-CFA Gard-Lozère et du lycée Jean-Baptiste-Dumas et de son directeur Éric Vaissière, les ateliers ont pu se poursuivre sans interruption dans des locaux temporaires. Aujourd’hui, les murs sont reconstruits à neuf, offrant un cadre moderne et adapté aux besoins des stagiaires. « On est contents du résultat, même si on aurait préféré éviter cet événement », reconnaît-elle. Une inauguration officielle est prévue en avril, en présence de la présidente de Région, principale financeuse du projet.
Un tremplin vers l’emploi pour les jeunes en difficulté
L’école, financée par la Région Occitanie et portée par le GRETA-CFA Gard-Lozère, accompagne chaque année une cinquantaine de jeunes âgés de 16 à 25 ans (voire 29 ans pour les cas dérogatoires), sortis du système scolaire sans qualification. Leur mission ? Les remobiliser vers un projet professionnel ou une formation en six mois.
« On n’est pas une école classique, mais un tremplin vers l’emploi ou la formation », explique la directrice. La pédagogie repose sur des ateliers pratiques, des visites d’entreprises, et des stages en immersion, avec un suivi individualisé pour chaque stagiaire. « On travaille avec la méthode APC, l’approche par compétence, où les jeunes auto-évaluent leurs progrès », précise-t-elle.
Une école pas comme les autres
Les partenariats avec des entreprises locales et nationales (Decathlon, Carrefour, Crédit Agricole, etc.) ainsi qu’avec la Mission Locale et France Travail permettent d’offrir des opportunités variées. « On ne force pas les jeunes uniquement vers les métiers en tension. On les aide à explorer plusieurs pistes pour construire un projet réaliste », souligne Véronique Leclercq.
Les projets sont divers : mécanique automobile, petite enfance, métiers de l’ambulance, ou encore l’armée. « L’objectif reste le même : mobiliser les jeunes vers leur projet, qu’il soit professionnel ou personnel », conclut-elle.
Un engouement qui ne faiblit pas
Avec 13 écoles en Occitanie et un réseau national solide, l’E2C d’Alès continue d’attirer des jeunes en quête de solutions. « Les demandes sont nombreuses, et les problématiques évoluent. Nos formateurs se forment en continu pour s’adapter », assure la directrice. Les entrées se font tous les mois, après une réunion d’information collective à la mission locale.
« L’objectif reste le même : l’intérêt du jeune. On est là pour les mobiliser vers leur projet, qu’il soit professionnel ou personnel », conclut-elle. Une philosophie qui, malgré les épreuves, continue de porter ses fruits.