Publié il y a 1 h - Mise à jour le 16.03.2026 - Corentin Dimanche - 4 min  - vu 436 fois

FAIT DU SOIR Un duel RN-Rivenq après le retrait des autres candidats

Christophe Rivenq au premier plan se retrouvera face à Anthony Bordarier, souriant à droite

- RF

En seulement 24 heures, les cartes ont été totalement rabattues à Alès. Après une nuit de négociations et une matinée de réflexion, les désistements se sont enchainés sur Alès. D'abord Basile Imbert, puis Marc Infantès et enfin Paul Planque. Les deux listes de gauche ont appelé à faire barrage au Rassemblement National. Basile Imbert a même appelé à voter Christophe Rivenq, qui se retrouvera donc en duel face à Anthony Bordarier ce dimanche.

Tradition oubliée à Alès, l'entre-deux-tours, ses négociations et rebondissements, ont refait surface en ce lundi 16 mars. Au lendemain d'un scrutin qui en a surpris plus d'un, plaçant, comme attendu, le maire Christophe Rivenq en tête, mais talonné par le Rassemblement National, les candidats alésiens ont profité de la nuit pour ruminer, prendre acte des résultats et décider de la marche à suivre. Retour sur cette journée riche en rebondissements.

Basile Imbert, plus jeune, mais premier à prendre ses responsabilités

Au matin, les rues sont calmes, les habitués des cafés débriefent des résultats. Les états-majors sont toujours agités, en train de finir les négociations entamées dès la fermeture de l'hôtel de ville la veille au soir. Une brève nuit de sommeil - plus proche de la sieste que d'une vraie nuit - et voilà qu'il faut prendre une décision, pressée par les délais de dépôts de liste. À 14 h 15, le premier domino tombe : Basile Imbert, tête de liste Alès Commun, se retire et appelle à voter pour le maire sortant Christophe Rivenq.

Le chef de file socialiste, 5ᵉ (10,79%) et dernier "fier" qualifié au second tour prend ses responsabilités et décide de ne pas s'aligner au second tour. Placé politiquement entre la liste 'Alès c'est Vous', alliant Communistes et Insoumis, et Christophe Rivenq, il fait le choix, comme annoncé avant le 1ᵉʳ tour, de ne pas faire alliance avec LFI, pour appeler à voter en faveur de la liste 'Alès' : "De deux maux, il faut choisir le moindre. Entre Christophe Rivenq et l’extrême droite, il n’y a que deux choix : le maire sortant, un adversaire républicain, un gaulliste social de droite républicaine, quelqu’un de très capable. Et puis quelqu’un qui n’est pas d’Alès. Le fascisme ne passera pas ici, ce n’est pas notre ADN à Alès."

Les calculs en guise de goûter

Silencieux jusqu'ici et attendant que les choses s'emballent, le reste des protagonistes s'agite alors et fait ses calculs : En plus de ses 32,61% du premier tour, le maire sortant voit les 10,79% de Basile Imbert se tourner vers lui, lui promettant un score de 43,40%, sous couvert que les électeurs d''Alès Commun' respectent les consignes de vote. De quoi faire souffler la majorité sortante et essuyer une goutte de transpiration qui ne cesse de couler dans toutes les permanences.

En effet, depuis plusieurs heures, le bruit d'une alliance entre la liste DVD de Marc Infantès (13,62%) et celle du Rassemblement National (26,42%) court dans le tout Alès. Un tel rapprochement passerait la barre des 40%, toujours au coude-à-coude avec la majorité sortante, pour qui l'appui d'Alès Commun devient du pain béni. Attendue, l'annonce arrive alors : conférence de presse à la permanence d''Alès, Moderne et Authentique' à 18 h 15.

Marc Infantès se retire et reste neutre

Le couperet tombe d'entrée : "Je me retire des élections municipales." Non sans émotion, le candidat revient sur six mois de campagne animée, une "aventure collective" menée avec une "famille qui a conçu un bébé de 14% (13,62% précisément, ndlr)". Mais il reprend un ton sérieux pour évoquer le second tour : "Je ne me permettrai pas de donner quelconque consigne de vote, les électeurs prendront les initiatives selon leurs envies. Que le meilleur gagne, la démocratie parlera".

Après une nuit et une matinée de négociations, suivie d'une après-midi de réflexion, le candidat se met, sereinement, sur la touche avec "un esprit chevaleresque plutôt qu’un esprit revanchard". L'information circule alors vite à travers le centre-ville, jusqu'à la rue de la République, où la liste 'Alès c'est Vous' est réunie en Assemblée générale, dès 18h, pour tirer les conclusions et prendre sa décision. Arrivée 3ᵉ du premier tour (15,06%), elle peut faire front et quasiment assurer la victoire à Christophe Rivenq, ou bien tenter sa chance en misant sur la mobilisation des abstentionnistes.

Alès c'est Vous "fait barrage au RN"

"Notre seule motivation est la volonté ferme du barrage au Rassemblement National. On ne veut pas faire courir le danger, le risque certain du RN aux Alésiens." Le message est clair de la part de Paul Planque et de la majorité de la liste Alès c'est Vous, comme l'a démontré le vote auquel ils ont procédé pour décider de leur position pour le second tour.

Sur les coups de 20h, 64% des adhérents au mouvement ont fait le choix de retirer leur liste pour endiguer "la peste brune qui s'étend en France et dont nous ne voulons pas sur Alès". Sans pour autant appeler à voter Christophe Rivenq, pour lequel ils n'auront "aucune complicitude" : "Nous n'avons pas de droit sur nos électeurs. Nous avons simplement pris une décision en responsabilité." Une décision qui préviendra toute présence d'élu de gauche à Alès au conseil municipal, un fait inédit pour la cité.

Une finale Rivenq - Bordarier

Au final, ce sera donc une confrontation directe entre Christophe Rivenq et Anthony Bordarier. Les deux leaders de la course ont suivi de près les évènements sans les commenter ou y prendre part, bien que Max Roustan a activé le mode turbo en faisant la tournée des bars, comme il le faisait en tant que maire. Christophe Rivenq reste "confiant" sur ses chances et "remercie tous les électeurs" qui ont voté pour lui, d'autant plus qu'il devrait bénéficier de nombreux reports de voix. Anthony Bordarier mènera une conférence de presse ce mardi matin à 11h.

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Jérôme Garcia face à la "nationalisation" de l’élection :

Dernier arrivé au classement des votes malgré un gain de 20 voix par rapport à 2020, Jérôme Garcia estime qu'il aurait pu faire mieux, mais a été pénalisé par "la nationalisation de l’élection". "Pas propriétaire des voix" de ses électeurs, il ne donne, pour l'heure, aucune indication de vote.

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