Publié il y a 29 jours - Mise à jour le 23.05.2024 - Marie Meunier - 4 min  - vu 442 fois

FAIT DU SOIR Un nouvel autel signé Goudji au sein de la cathédrale Saint-Théodorit à Uzès

Cyril Becheau La Fonta, responsable de la souscription Goudji, le père Frédéric Bastidon, archiprêtre de la cathédrale d’Uzès, et Philippe Mudry, membre de l’équipe d’animation pastorale pour l’ensemble paroissial d’Uzès.

- photo Marie Meunier

Trois jours de fête se préparent à Uzès les 31 mai, 1er et 2 juin, pour la consécration du nouvel autel et mobilier liturgique de la cathédrale. Cet ensemble a été créé par l'artiste reconnu Goudji, qui a réalisé de nombreux objets précieux dont quatorze épées d'académiciens.

Une consécration, ça n'arrive pas tous les jours dans la vie d'un curé. Le père Frédéric Bastidon, archiprêtre d'Uzès, et tout l'ensemble paroissial s'apprêtent à vivre trois jours de célébration les 31 mai, 1er et 2 juin. Trois jours qu'ils espèrent partager avec de nombreux Uzétiens et visiteurs car c'est un nouveau jalon contemporain qui sera posé dans l'histoire séculaire de la cathédrale Saint-Théodorit. Un nouvel autel et tout un mobilier liturgique vont prendre place au sein de l'édifice. L'actuel ensemble date de plus de 50 années et l'autel en bois ordinaire qui devait être provisoire est finalement resté. "Je me dis que la cathédrale pouvait abriter un ensemble liturgique à la hauteur de ce qu'est la Ville", indique le père Frédéric Bastidon. 

C'est l'artiste Goudji, spécialiste en art sacré, qui a réalisé l'autel, l'ambon, le siège de présidence, la croix de l'autel et ses six chandeliers. Un artiste renommé qui a réalisé un grand nombre de bijoux et objets précieux, notamment les quatorze épées d'académiciens dont celles d'Hélène Carrère-d'Encausse, Raymond Barre ou Maurice Allais. Plusieurs de ses objets figurent parfois parmi les cadeaux diplomatiques offerts par le président de la République aux chefs d'État étrangers. Ils sont aussi exposés dans de prestigieux musées comme les arts décoratifs de Paris ou le musée du Vatican. On doit aussi à Goudji des pièces visibles dans la cathédrale Notre-Dame de Chartres. 

Orage, malaise et crosse de l'évêque tordue

Le choix de cet artiste pour réinventer le mobilier liturgique uzétien a été pris, à la suite d'une journée qui s'annonçait aussi catholique que chaotique, où il semblerait que ce soit finalement la Providence qui l'ait emporté. Une journée où Monseigneur Brouwet, alors nouvel évêque, visitait la cathédrale Saint-Théodorit pour la première fois. Le père Bastidon relate : "Il y avait eu un orage terrible, il n'y avait plus d'électricité, plus d'orgue. On avait tout de même célébré la messe. Un enfant de chœur, qui tenait la crosse de Monseigneur, a fait un malaise. Il est tombé à la renverse, a buté contre le mur arrière, la crosse était un peu tordue. J'étais dans l'embarras, je me suis confondu en excuses surtout quand j'ai su qu'elle était signée Goudji. Je lui ai alors dit que mon rêve serait de faire un autel Goudji pour la cathédrale. L'évêque m'a dit : "Pourquoi vous ne le faites pas ?""

Voilà le point de départ. Monseigneur Brouwet et le père Frédéric Bastidon se sont alors rendus en train à Paris, puis jusqu'à l'atelier de Goudji, basé à Montmartre. L'orfèvre s'est ensuite rendu à Uzès afin de s'imprégner des lieux. Après un an de travail, l'autel et le mobilier liturgique vont bientôt être acheminés en camion par le transporteur local Laithier, puis installés au cœur de la cathédrale uzétienne autour du 30 mai. Un sacré convoi - c'est le cas de le dire - puisque rien que l'autel en pierre calcaire dur de Pontijou pèse une tonne et demie. Le siège de présidence et l'ambon font aussi respectivement 350 et 450 kg chacuns. 

Un nouveau mobilier liturgique à 150 000 €

L'opération devra se dérouler sous haute sécurité en raison du poids mais aussi de la valeur de l'ensemble. Il y en a pour 150 000 €, correspondant au coût des matériaux. C'est loin d'être une paille et la somme a pu susciter quelques désapprobations, mais elle a finalement été validée en conseil pastoral et en conseil économique. Une souscription a été lancée auprès des fidèles pour aider la paroisse à payer (*). La moitié a été trouvée pour l'heure. "Ce qui me conforte dans ce projet, c'est de savoir qu'à Pâques, 7 135 adultes ont été baptisés, et tous n'ont pas eu une histoire avec la foi. Un chiffre en hausse. À la question, qu'est-ce qui leur a permis de rencontrer la foi, 32 % des personnes ont répondu la beauté du patrimoine et de la liturgie", rapporte le père Bastidon, convaincu du sens et de l'émotion que peut susciter l'art sacré. L'ensemble paroissial espère aussi que la simple évocation du nom de Goudji attire encore plus de visiteurs à Uzès. 

Et l'émotion devrait être au rendez-vous la semaine prochaine puisque pour marquer l'installation du nouveau mobilier, trois jours de célébration sont prévus. Cela débutera le vendredi 31 mai, à 18h, avec une conférence de l'abbé Verdier, prêtre du diocèse de Nîmes, sur la signification de l'autel dans l'Église catholique et la découverte des rites de la consécrations. Le cœur de la manifestation sera le samedi 1er juin. L'artiste Goudji en personne présentera son œuvre à 16h30, puis viendra le temps de la consécration de l'autel à 18h par Monseigneur Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes.

Cela se déroule un peu comme un baptême. L'autel sera d'abord aspergé d'eau bénite avant d'être ointé de saint chrême, parfumé d'encens puis revêtu d'un drap blanc et enfin illuminé par six chandeliers. Seront après scellées dans le nouvel autel les reliques de Saint-Dominique, de Saint-Irénée de Lyon et de Saint-Pierre apôtre (offertes par un fidèle orthodoxe). Les célébrations se poursuivront le dimanche 2 juin par une table ronde, à 17h30, intitulée "Regards croisés : pourquoi la foi a-t-elle besoin de l'art ?", avec la participation d'Emmanuel Godo, écrivain et philosophe, de Frédéric Dieu (ça ne s'invente pas), poète, et de Gaël Favier et Bernard Berthod, conservateurs de musées d'art religieux. Un vaste programme à la hauteur de la symbolique rattachée à l'autel qui est bien plus qu'une table pratique durant la messe, mais un roc, solide signe du Christ. L'ancien autel de la cathédrale sera déplacé dans une église moins bien lotie. 

(*) Il est possible de faire un chèque à remettre au père Bastidon, d'aller sur le site du diocèze en cliquant ici, ou d'utiliser le terminal de paiement qui est installé dans la cathédrale (avec un QR code). Les dons peuvent être défiscalisables.

Marie Meunier

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