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Publié il y a 7 ans - Mise à jour le 27.04.2015 - tony-duret - 2 min  - vu 177 fois

FRATERNITÉ Hugues Bousiges, ancien préfet du Gard : « La fraternité, cela commence par le respect de l’autre »

Le préfet du Gard Hugues Bousiges. D.R/T.D

Cette semaine, Objectif Gard vous propose une série d’articles, chaque matin à 7h, sur le thème de la Fraternité. Pour ce premier volet, l’ancien préfet du Gard Hugues Bousiges, initiateur de la « Semaine de la Fraternité » en mars 2013, a aimablement accepté de répondre à nos questions.

Objectif Gard : Quel sens donnez-vous au mot fraternité ?

Hugues Bousiges : « La fraternité commence par le regard que l’on porte sur son voisin, par le respect de l’autre. C’est une valeur universelle. Quand nous avons lancé la Semaine de la Fraternité en mars 2013, nous nous sommes d’abord recueillis en gare de Nîmes devant la plaque des enfants juifs déportés, puis devant celle des résistants morts pour la France. Les premiers ont été victimes d’atteintes criminelles au principe d’Egalité, les seconds sont morts pour libérer la France, mais aussi pour défendre et promouvoir une certaine idée de l’Homme. Ce sang versé, pour manquements à l’Egalité et la reconquête de la Liberté, nous impose de faire vivre un héritage : la Fraternité".

OG : Pourquoi avez-vous pris la décision, en lien avec la COPEC, d’organiser cette semaine ? Une première en France…

Hugues Bousiges : « Durant l’été 2012, le Gard a connu des agressions racistes, dont l’une avec l’utilisation d’un fusil de chasse et l’intention de tuer. Des propos xénophobes ont été clamés en public. Un comité de soutien s’est même constitué tendant à faire passer l’auteur de l’acte criminel pour une victime. Notre pacte républicain m’a paru menacé par la montée de différents fléaux, dont le racisme est le plus intolérable. Sa banalisation s’installait dans la sphère publique. C’était inacceptable et ne correspondait ni à l’image du Gard, ni à l’histoire d’un département qui a contribué à l’émergence des droits de l’Homme ».

OG : Avec le recul, quelles leçons tirez-vous de cette semaine de mars 2013 ?

Hugues Bousiges : « Cette expérience a montré la capacité de réaction républicaine et de mobilisation des gardois. Mais elle me fait, aussi, me poser une question importante : jusqu’où peuvent aller les commentaires sur les réseaux sociaux ? Peut-on interdire l’anonymat ? Doit-on laisser la haine et la désinformation sans outils juridiques adaptés pour les combattre ? Cette question est d’une brulante actualité. J’ajoute que cette semaine de la fraternité n’a trouvé de contradicteurs que dans les extrêmes ».

OG : Quel est votre meilleur souvenir en tant que Préfet ? Un beau moment de fraternité par exemple ?

Hugues Bousiges : « Il y en a beaucoup. Toutefois je retiendrais le plus émouvant : le jour de ma réception de départ, les enfants d’une école du Mas de Mingue sont venus en Préfecture avec leur enseignante. Ils ont chanté une chanson d’adieu et, à la fin, me tournant le dos comme pour m’accompagner, j’ai pu lire sur le tee-shirt de chacun ces simples mots : « Merci ».

Tony Duret

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