Pour la première fois depuis des décennies, le contre-la-montre final ne partira pas du parvis du théâtre Le Cratère, en raison des travaux de rénovation prévus sur ce site emblématique. Le départ sera donné depuis la place des Martyrs-de-la-Résistance, un choix salué par les organisateurs pour son potentiel visuel et son accessibilité. « Ce sera un beau spectacle pour le public, avec les coureurs traversant la place et passant devant le podium », explique Claudine Fangille-Allègre, présidente de l’Étoile de Bessèges.
Ce changement répond également à une nouvelle directive de l’Union cycliste internationale (UCI), qui impose désormais la création d’un espace couvert de 24 mètres avant la ligne de départ, divisé en trois zones distinctes : contrôle des vélos et des combinaisons, échauffement des coureurs et zone d’attente. « On a reçu cette directive il y a seulement quinze jours, ce qui nous a obligés à nous adapter rapidement », précise Claudine Fangille-Allègre.
Des parcours sécurisés pour éviter les dérapages
L’édition 2025 restera dans les mémoires pour ses nombreux problèmes : intrusions de véhicules sur le parcours, conditions météo désastreuses le samedi avec une arrivée au Mont Bouquet sous la pluie, le froid et des flocons de neige, et abandon de neuf équipes en cours de route. « On a tiré les leçons de ces difficultés », assure Claudine Fangille-Allègre. Pour 2026, les organisateurs ont privilégié des circuits en boucle, permettant de mieux contrôler la circulation et d’éviter les risques d’intrusion. « La circulation sera bloquée sur les axes empruntés, et personne ne pourra arriver en sens inverse », détaille-t-elle.
Les étapes ont également été repensées pour limiter les zones à risque. À Bessèges, le départ réel de la troisième étape sera donné huit kilomètres après Gagnières, afin d’éviter les problèmes logistiques rencontrés l’an dernier. « Tout a été calculé pour des raisons de sécurité », insiste Claudine Fangille.
Un plateau compétitif malgré les défis
Malgré les difficultés de l’année précédente, dix-sept équipes seront au départ en 2026, dont toutes les formations françaises. « On a renoué le dialogue avec Décathlon et Lotto, qui seront présents après de longues discussions », confie Patrick Herse, coordinateur de la course. "On aura moins d'équipes du World Tour mais on va retrouver l'essence de L'Étoile de Bessèges", confie Claudine, fille de Roland créateur de la course en 1971.
Parmi les coureurs à suivre, on retrouve Dylan Groenewegen (6 étapes du Tour de France, Unibet Rose Rockets) Ewen Costiou (Groupama-FDJ), Dylan Teuns (Cofidis), Hugo Houlle (Alpecin), et Paul Lapeira (Champion de France 2024, Decathlon), ainsi que les Gardois Alexandre Delettre et Nicolas Marcerou (TotalEnergies).« La course sera plus ouverte cette année », estime Patrick Herse, tout en reconnaissant que le plateau, légèrement réduit (1119 coureurs contre 170 en 2025), reste de haute qualité.
Un événement clé pour le Gard
L’Étoile de Bessèges est bien plus qu’une simple course cycliste : c’est un rendez-vous économique et touristique majeur pour le département. « Sans le soutien des collectivités et des partenaires, l’Étoile ne serait plus là », reconnaît Claudine Fangille-Allègre, émue par la mobilisation générale après les déboires de 2025. « Je n’étais pas très motivée en fin de semaine l’année dernière. La première réunion, j’ai dit, je ne repars pas. Puis quand j’ai senti le soutien de tout le monde, j’ai décidé de repartir pour cette aventure ».
Le Département du Gard maintient son soutien financier, avec une enveloppe dépassant 150 000 euros, tandis que la Région Occitanie et les communes traversées renforcent leur implication logistique. Des navettes gratuites et des écrans géants (installés à Bellegarde, Alès, Domessargues, Bessèges et Vauvert) seront mis en place pour faciliter l’accès du public.
Et après 2026 ?
La place des Martyrs-de-la-Résistance pourrait-elle devenir le nouveau point de départ pérenne du contre-la-montre ? « Pourquoi pas », répond Marie-Claude Albaladejo, adjointe au maire d’Alès. « Si cette nouvelle configuration fonctionne bien, il n’y aura aucune raison de revenir en arrière. »
Pour Claudine Fangille-Allègre, l’objectif est clair : « Faire en sorte que l’Étoile brille à nouveau, pour le sport, pour le territoire, et pour tous ceux qui y croient. » Après une année 2025 difficile, cette édition 2026 s’annonce comme un nouveau départ, avec l’espoir de redonner à cette course gardoise toute sa superbe.