C’est au niveau d’un camp de gens du voyage, dans la commune de Milhaud, que plusieurs gendarmes ont été les victimes de nombreuses provocations, allant jusqu’à des menaces de mort. Jean-Pierre, le prévenu dans cette affaire, serait à l’origine de plusieurs de ces épisodes de violence verbale, notamment les 28 et 29 novembre 2025. Ces deux phases ont conduit à la plainte des gendarmes, entrainant le placement en détention provisoire du prévenu. Convoqué devant le tribunal correctionnel le 3 décembre 2025, il a sollicité un renvoi pour préparer sa défense.
La première altercation a eu lieu le 28 novembre dernier. Dans le cadre d’une série de contrôles d’identité, les gendarmes ont été confrontés au comportement dégradant de Jean-Pierre. Doigt d’honneur, insultes ou encore mime d’un geste d’égorgement, le prévenu a multiplié les atteintes provocatrices à l’attention des militaires. Il aurait poursuivi son échange houleux avec les gendarmes en disant qu’il allait les « rafaler », « les fumer » ou encore « mettre des contrats sur eux ». L’un des trois protagonistes, qui ne fait pas l’objet de poursuites, a également montré ses fesses aux gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions.
Des difficultés avec l'autorité
Le lendemain, les contrôles se sont poursuivis et le comportement du prévenu ne s’est pas arrangé. Contrôlé par deux gendarmes, le prévenu s’est énervé et leur a proféré des insultes liées à leur sexe, notamment « sales putes », avant de préciser aux deux militaires qu’il était « calibré », en touchant sa poche. « C’est quelqu’un de fondamentalement mal élevé », lance l’avocate de la défense, avant de demander au tribunal d’adapter sa peine à ses efforts, notamment le passage du code de la route il y a peu.
« C’est quelqu’un qui a des difficultés avec l’autorité », souligne Nathalie Welte, procureur de la République. Déjà condamné pour des faits similaires, la récidive légale est visée par la prévention. Après délibération, il a été condamné à 18 mois de prison ferme, dont 6 assortis d’un sursis probatoire. Durant sa période de sursis, il doit travailler et soigner son impulsivité. Lui est imposée l'interdiction de paraître au camp de gens du voyage de Milhaud. Pour réparer le dommage subi, il est tenu de verser 300 € à chacun des quatre gendarmes plaignants. « C’est à vous de décider comment vous voulez construire le reste de votre vie, monsieur », conclut Anne-Carine David, la présidente de l’audience.