Publié il y a 48 min - Mise à jour le 30.11.2025 - Propos recueillis par Yannick Pons - 3 min  - vu 59 fois

L'INTERVIEW Carole Roth : « Avec mon mari, on en est tombés amoureux de Nîmes »

Carole Roth

- @Michel Nguyen

Nîmoise d’adoption, violoniste alto et directrice artistique du festival, Carole Roth éclaire cette édition 2026 construite autour de Ravel. Ses choix, ses perspectives et les projets qui suivent cette nouvelle année sous le signe des Volques, entretien.

Samedi 22 novembre, plus de deux cents enfants ont avancé en cadence dans les rues nîmoises. Le motif obstiné du Boléro de Maurice Ravel les accompagnait. Cette parade a lancé la sixième édition du festival Les Volques, créé en 2020.

L’édition est construite autour de Maurice Ravel et de Rebecca Saunders, dont l’opéra Lash, créé en juin à la Deutsche Oper Berlin, sera projeté au Sémaphore en présence de la compositrice. Mieux, Sarah Maria Sun viendra proposer une création mondiale à Nîmes le 5 décembre. Elle va chanter un recueil d'airs qui sont extraits de l’opéra de Saunders.

La programmation réunit des interprètes fidèles du festival. Renaud Capuçon revient. Isabelle Druet aussi. Astrig Siranossian sera là, en dialogue avec d’autres musiciens. La semaine se terminera au tout nouveau centre des congrès H2, qui accueillera un concert.
 

Objectif Gard : Vous vivez à Nîmes depuis plusieurs années. Comment cela a-t-il commencé ?

Carole Roth : Je suis musicienne, soliste de chambre et d’orchestre. J’ai élu domicile à Nîmes il y a bientôt dix ans. Je donnais des concerts ici depuis plus de vingt ans. Avec mon mari, on en est tombés amoureux de cette ville. Je nourris un fort attachement envers la transmission, à l’endroit de tous les publics. L’idée d’un festival est née ainsi. C’était un vrai accomplissement. Je n’imaginais pas une vie de musicienne sans une inscription réelle dans l’endroit où je vis.

Comment avez-vous pensé ce festival, autour de la transmission ?

Je voulais du temps de rencontre entre public et artistes, mais aussi un travail suivi dans la ville. Toute l’année, je vais vers dans les écoles et les centres sociaux. Beaucoup n’ont pas l’habitude d’entrer dans une salle de concert ou un conservatoire. Je souhaite m’adresser aussi à ces personnes-là. Il s’agit d’une double transmission, le fait que les enfants des écoles ou des centres sociaux découvrent la pratique instrumentale, ou simplement viennent au concert. Lors de la grande parade, les élèves participants ont été invités aux concerts. Ils seront plus de cinquante à venir.

Sur quel principe repose la programmation de cette édition ?

Chaque année, nous convoquons une figure du passé et une figure du présent.
En 2025, nous célébrons Maurice Ravel, puisque l’année marque les 150 ans de sa naissance.
En miroir, nous invitons la compositrice britannique Rebecca Saunders. Elle admire profondément la musique de Ravel. Elle vit en Allemagne. Son œuvre est jouée dans le monde entier. Elle travaille le timbre, la sensualité du son. Un rapport très poussé au matériau sonore.

Quel sera son rôle durant le festival ?

Elle est présente toute la semaine. Elle mène une masterclasse au conservatoire de Nîmes ce lundi à 14 h.
Et puis un moment rare aura lieu : la projection au Sémaphore de son opéra Lash, créé en juin à la Deutsche Oper Berlin. Elle présentera l’événement. Ce n’est ni une tragédie ni une comédie. C’est une interrogation sur la condition humaine. Une seule femme déployée en quatre figures qui questionnent le regard des autres. L’opéra est en allemand. Le film sera sous-titré.

Quels interprètes participent à cette édition ?

Le Quatuor Diotima revient. Jean-François Heisser, spécialiste de Ravel. Jean-Frédéric Neuburger, en pleine activité internationale. Renaud Capuçon, la mezzo-soprano Isabelle Druet. Michael Barenboim et la violoncelliste Astrig Siranossian, membres du Boulez Ensemble, l’accordéoniste Élodie Soulard. Le comédien Mathieu Amalric, en récitant et Sarah Maria Sun, interprète associée depuis longtemps aux œuvres de Rebecca Saunders. La chanteuse viendra proposer une création mondiale à Nîmes le 5 décembre. Elle vient d'Allemagne pour nous faire découvrir en exclusivité un lied que Rebecca a écrit spécialement. Elle va chanter en piano-voix un recueil d'airs qui sont extraits de l’opéra de Saunders. Cela se faisait du temps de Mozart.

L’édition 2026 est-elle déjà avancée ? Avez-vous d’autres projets en cours ?

L’année prochaine, nous inviterons la compositrice italienne Francesca Verunelli. Son travail dialoguera avec l’œuvre de Brahms. La grande parade a suscité un fort enthousiasme au Mas de Mingue. Un atelier intergénérationnel a été ouvert. Parents, enfants, grands-parents. Beaucoup ont découvert le violon. Nous créons donc un petit orchestre pérenne. Des cours hebdomadaires auront lieu. L’ensemble réunira débutants, élèves du conservatoire et professionnels. Il se produira lors des fêtes de quartier en juillet, puis au festival 2026. Le nom choisi est Volqu’en famille !

Je me réjouis de l’enthousiasme croissant des bénévoles. Le festival en compte environ quatre-vingts, dont une trentaine active toute l’année. Nous les appelons « les Bénévolques ». Leur engagement compte énormément.

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Propos recueillis par Yannick Pons

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