Objectif Gard : Qu'est-ce que ARCUS exactement ?
Général Stève Carleton : ARCUS, c'est le forum des métiers de la défense et de la sécurité. C'est la cinquième édition et cette année l'objectif c'est de continuer à monter en gamme de façon à avoir un rayonnement encore plus important. Le nom vient du latin, arcus, qui veut dire arche. Vous voyez, une grande capacité d'imagination des militaires. C'est l'idée du pont, comme le Pont du Gard, mais aussi le pont qui relie les jeunes, qui relie les Français aux gens qui sont dans les métiers de la défense et de la sécurité.
Pourquoi avoir choisi le Pont du Gard comme site ?
Parce que c'est un site emblématique qui représente bien le Gard et ça permet de faire un pont avec la jeunesse. Beaucoup de jeunes découvrent l'armée à travers les journées de mobilisation, les anciennes JDC, et ne connaissent pas du tout le domaine des métiers de la défense et de la sécurité. Presque trois quarts des jeunes qui y passent n'en ont jamais entendu parler, ce qui est quand même assez surprenant. Et le Pont du Gard, quand il fait beau, il y a beaucoup de gens qui passent, donc même ceux qui n'auraient pas vu les affiches tomberont sur nous.
Quel est le programme de ces trois jours ?
Le premier soir, le jeudi 4 juin, on organise une conférence au profit des chefs d'entreprise du Gard. Plus de 200 personnes ont répondu favorablement. Elle sera animée par Guillaume de Cersei, ancien militaire de la Légion étrangère reconverti dans le conseil aux entreprises sur les questions de management. On en profitera aussi pour organiser une cérémonie de remise des képis blancs à de jeunes légionnaires qui auront terminé leur marche de 60 à 70 kilomètres dans le secteur. Ces jeunes prêteront serment de servir avec honneur et fidélité la Légion étrangère. On a trouvé que ça faisait sens de combiner les deux, montrer le lien de la symbolique de ces étrangers qui viennent servir librement la France.
Le vendredi et le samedi, c'est le cœur du forum. Plus de 40 unités seront présentes, des régiments locaux comme le 4e EMAT de Saint-Césaire, le 503e régiment du train, le 2e REI, mais aussi des unités qui viennent de plus loin comme le 25e régiment du génie de l'air d'Istres ou le 4e chasseur de Carpiagne. Il y aura aussi la police, la gendarmerie avec son PSIG, les pompiers, les douanes, la sécurité civile. L'idée est de montrer toute la diversité des métiers en uniforme.
Qu'est-ce que les visiteurs pourront voir et faire concrètement ?
Il y aura des animations tout au long de la journée. Des démonstrations canines, une mise en batterie du canon Caesar par le 3e régiment d'artillerie de marine, sans tir évidemment. Un hélicoptère dauphin atterrira et pourra effectuer des survols. Des passages d'avions et d'hélicoptères de la sécurité civile sont également prévus. Les enfants et les adultes pourront aller voir et toucher les matériels. Et le samedi 6 juin, on a aussi fait appel à Marius, un ancien commando marine très suivi sur les réseaux sociaux, pour toucher les jeunes. L'idée vraiment, c'est que les jeunes puissent aller poser des questions à de jeunes soldats, à de jeunes policiers, à de jeunes gendarmes, sans filtre, pour que le discours soit vraiment livré tel quel.
L'armée recrute-t-elle suffisamment aujourd'hui ?
C'est nécessaire de se faire connaître, de continuer à se faire connaître. Les armées sont le plus gros recruteur national depuis des années, avec 16 000 recrutements par an pour la seule armée de terre, et entre 20 000 et 25 000 si on inclut la marine et l'armée de l'air. On est sur notre cible de recrutement depuis la fin du Covid, on est largement au-dessus. Mais comme toutes les entreprises, on a des difficultés sur certains emplois spécifiques, notamment les ingénieurs et les informaticiens. Et sur le seul département du Gard, les armées représentent environ 250 à 300 recrutements par an, c'est un employeur assez important.
Le contexte géopolitique actuel donne-t-il plus de sens à ce type d'événement ?
Oui, tout à fait. On est dans un nouveau contexte où il peut y avoir des actions hybrides, des actions de contestation de la part d'adversaires qui contestent le bien-fondé des actions de la France ou de nos partenaires européens. Ce n'est pas le problème uniquement des armées, c'est le problème de notre société. La défense nationale est organisée autour de deux structures, la défense militaire et la défense civile. La défense civile, c'est aussi la préparation du monde économique, du monde des élus, sur comment s'organiser en cas de crise. Le but, ce n'est pas de faire un discours anxiogène. C'est juste de dire ce qui est.
Quelles sont vos ambitions pour cette édition ?
L'année dernière, on avait monté le forum en quatre mois et il avait attiré 8 000 personnes en deux jours. Cette année, on a pris le temps, on est bien accompagnés par nos partenaires, et notre objectif serait de doubler ce nombre. On vise plus de 10 000 visiteurs sur les trois jours. Et au-delà des chiffres, l'enjeu, c'est d'éveiller les consciences. On doit recruter parce qu'on a des objectifs, mais on a aussi le devoir d'expliquer aux gens que le monde a changé et qu'il faut s'y préparer ensemble.
*Le forum ARCUS se tiendra au Pont du Gard du 4 au 6 juin 2026. L'entrée est libre et ouverte à tous.