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Publié il y a 20 jours - Mise à jour le 13.02.2024 - Propos recueillis par Corentin Corger - 4 min  - vu 443 fois

L'INTERVIEW Léon Deffontaines, tête de liste PCF : "Le RN est un parti de menteurs et de faux-semblants"

LEON DEFFONTAINES PCF EUROPEENNES

Léon Deffontaines

- PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

La tête de liste communiste aux élections européennes (du 6 au 9 juin) se rend aujourd'hui dans le Gard à Pont-Saint-Esprit et Saint-Martin-de-Valgalgues en compagnie de Fabien Roussel.

Objectif Gard : Quatre mois, est-ce suffisant pour combler le déficit de notoriété dont vous pouvez souffrir par rapport à d’autres candidats de Gauche ?

Léon Deffontaines : Je suis très optimiste et très enthousiaste. Cette campagne ne fait que démarrer. Quatre mois c’est court et long en même temps. Je suis persuadé que l’enjeu est de faire le lien entre les décisions prises à l’échelle européenne et le quotidien des gens. C’est comme cela que je souhaite mener cette campagne européenne : parler du quotidien ! La hausse des factures d’électricité, la question des trains qui est un des objectifs de mon déplacement dans le Gard et notamment son financement à l’échelle européenne, le recul des services publics… Contrairement à d’autres, c’est aussi pour cela que je souhaitais que l’on parte tôt en campagne, c’est que l’on a conscience de notre déficit de notoriété et du déficit du scrutin européen. 

Des élus locaux, notamment deux maires gardoises, continuent de plaider pour une liste commune à la Nupes. Cette question est-elle encore en débat ou est-il certain que les formations de Gauche partiront divisées ?

Pour moi, elle n’a jamais été dans le débat ! C’est une élection à la proportionnelle à un seul tour, toutes les listes qui dépassent les 5% auront des élus sur les 81 places réservées à la France. La Gauche gagnera ces élections à condition seulement de faire perdre des sièges à la Droite et l'extrême droite et de gagner parallèlement des sièges. Le meilleur moyen d’y parvenir c’est que les quatre listes de Gauche dépassent le seuil des 5%. On a aussi un projet politique différent. Moi je m’adresse en priorité à ceux qui n’ont jamais eu leur mot à dire comme moi sur la construction européenne, soit qui ont voté contre le Traité constitutionnel européen, à l’image du Gard qui est le cinquième département à avoir voté le plus contre le TCE à près de 65%.

"Patrick connaît les réalités d'un territoire"

Un Gardois à forte notoriété figure sur votre liste, Patrick Malavieille. N’avez-vous pas essayé de le mettre plus haut dans la liste pour notamment profiter de son expérience ?

Je souhaiterais que les 81 candidats qui composent ma liste puissent être dans les cinq premiers. L'enjeu, c'est que puissent s’investir des élus de terrain qui ont une expérience et qui peuvent se faire le relais de cette liste. Ce qu’incarnera très bien Patrick, il connaît les réalités d’un territoire et les conséquences des politiques européennes sur les communes. Ces élus nous permettent d’enrichir la liste, le programme et vont à la rencontre des électeurs.

Avec les Verts, vous avez une approche très différente de l’écologie. Peut-on parler de deux gauches irréconciliables ?

Je ne sais pas si elles sont irréconciliables, différentes c’est indéniable ! Nous faisons le même constat sur les questions environnementales mais on y apporte pas du tout les mêmes réponses. Pour répondre à l’impératif environnemental, diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone en 2050, il va falloir enclencher partout dans le pays et sur le continent de grands travaux utiles à l’environnement. Comme développer le fret ferroviaire, d’où ma présence aussi dans le Gard pour appuyer la réouverture des gares et lignes du quotidien. Je pense qu’il faut un mix énergétique nucléaire/renouvelable pour produire suffisamment d’électricité bas carbone dans notre pays. Construire des nouvelles centrales nucléaires c’est indispensable pour répondre au défi climatique. C’est le défi de notre siècle. 

"Beaucoup ont le sentiment de ne plus être représentés par la Gauche"

La crise agricole s’invitera forcément dès les premiers mois au parlement européen. Comment concilier défi climatique et compétitivité sur les marchés alimentaires ?

D’abord, il y a la question des accords de libre-échange. La plupart des agriculteurs ont conscience que ces accords ont instauré une concurrence déloyale entre eux et les agriculteurs du monde entier. Quand on voit Emmanuel Macron au chevet des agriculteurs et en même temps des députés européens de la majorité présidentielle qui votent des accords de libre-échange avec le Chili, le Kenya et le Canada, c’est un double discours profondément insupportable. Ce que l’on peut produire en France et en Europe, ne doit pas être importé à l’international. Il faut aussi une réorientation de la Politique agricole commune pour répondre à l’environnement et la souveraineté alimentaire. Avec une meilleure redistribution des aides de la PAC pour favoriser notamment l’installation de jeunes agriculteurs et le maintien des exploitations en bio.

Ne craignez-vous pas que l’extrême droite arrive en tête pas seulement en France mais aussi au niveau européen ?

Au niveau européen, je ne pense pas. Loin de là. En France, oui c’est un sujet. Après rien n’est inéluctable. Les élections européennes sont quand même loin. Et je me donne comme priorité de déconstruire le discours du RN. C’est un parti de menteurs et de faux-semblants. Les élus RN se disent partout défenseurs de la ruralité. À l’Assemblée nationale, ils ont voté main dans la main avec la majorité présidentielle contre une loi qui permettait de lutter contre les déserts médicaux. C’est aussi le cas pour le pouvoir d’achat, ils ont voté contre l’augmentation du Smic, l'augmentation des salaires des fonctionnaires et l’indexation des salaires sur l’inflation. Tout cela, il faut le raconter. Moi je veux aller dans les circonscriptions du RN et dire aux électeurs ce que leurs députés nationaux et européens ont voté.

Le défi est grand dans le Gard avec un fort électorat RN. Juste avant Jordan Bardella, en tête dans les sondages, vous êtes le plus jeune candidat à 27 ans. Comment convaincre ? 

C’est bien beau de critiquer le discours du RN mais il faut montrer derrière qu’il y a un autre projet politique qui se construit pour défendre les intérêts des travailleurs qui veulent reprendre la main sur les décisions qui sont prises à l’échelle européenne. Ceux qui se sentent victimes de la mondialisation et de la libéralisation de notre société, beaucoup ont le sentiment de ne plus être représentés par la Gauche. Je veux dire qu’il y a une liste à Gauche qui aille porter leurs préoccupations du quotidien. Une gauche authentique et populaire. 

Propos recueillis par Corentin Corger

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