Objectif Gard : La feria d’Alès est toujours très attendue, elle commence ce mercredi et s'étend jusqu'à dimanche. C’est un moment excitant, mais peut-être aussi un peu stressant pour vous ?
Raphaële Navarro : Oui, c’est le paradoxe ! Tout le monde voit la feria comme cinq jours de fête, mais pour nous, c’est une année de préparation. Avec mon équipe, on travaille d’arrache-pied pour proposer un programme aux petits oignons. Et une fois que c’est terminé, on enchaîne déjà sur l’édition suivante. Cette année, avec les élections municipales en plus, ça a été particulièrement intense. On a dû finaliser certains détails au dernier moment, mais heureusement, la feria est rodée : c’est une institution depuis des décennies. On a une trame solide, avec des événements récurrents plébiscités, et on essaie d’y ajouter des nouveautés chaque année.
Vous sentez que votre travail est jugé à ce moment-là ?
Juger, c’est un grand mot, mais forcément il y a des retours. Positifs comme négatifs, et on les prend tous en compte. Parfois, la météo joue aussi beaucoup. Mais globalement, ça reste un marqueur important pour nous. L’an dernier, on avait retiré le Paquito pour tester la Cheu-Cheu, les gens nous en ont reparlé en disant que le Paquito leur manquait. On écoute, on s’adapte. Cette année, le Paquito revient, et c’est tant mieux !
« Tout le monde doit y trouver son compte »
Votre coup de cœur personnel dans la feria ?
J’aime beaucoup la Gardonnenque, pour son lien avec les traditions camarguaises et le respect de l’animal. Mais il y a aussi la course du Trophée des As, le Paquito… L’avantage de la Feria, c’est que tout le monde y trouve son compte, les familles, les jeunes, les amateurs de traditions… C’est ça, son esprit.
Une boutique spéciale feria a été lancée. Qu’en attendez-vous ?
C’est une vraie demande des Alésiens et des visiteurs. Avant, il manquait un point central pour les infos et les souvenirs. Là, tout est regroupé en cœur de ville : programmes, bandanas, chapeaux… C’est pratique et ça attire du monde.
Plusieurs nouveautés font leur apparition cette année…
Oui, on a voulu diversifier. La feria des enfants, par exemple, répond à une vraie attente des familles. Il y aura des structures, des animations… On lance aussi un concours de serveurs de paella, sur le boulevard Louis-Blanc, dans un esprit convivial. Quant à la soirée des Gardians, c’est un hommage à leur savoir-faire, entre démonstrations équestres, tri du bétail… L’idée, c’est de diversifier l’offre pour toucher de nouveaux publics.
La course des gardians, lancée l’an dernier, semble s’installer ?
Oui, les retours sont très bons. Ça plaît autant aux participants qu’au public. Ça apporte une animation différente, autour du cheval, et ça permet à chacun d’y trouver son compte.
« On a voulu proposer un concert pour un public plus jeune »
Le grand concert sera animé cette année par le DJ Morgan Nagoya. Pourquoi ce choix-là ?
On voulait changer de registre. Il y a déjà beaucoup de musique gypsy sur la feria, donc l’idée était de proposer quelque chose de plus festif et plus jeune. Morgan Nagoya était déjà venu, et ça avait très bien marché. Et puis, ça permet de varier les plaisirs. La Feria, c’est aussi une question d’équilibre entre tradition et renouveau. Le concert est décalé à 22h cette année pour laisser le temps aux gens de profiter de la Pégoulade avant.
Le Paquito fait son retour…
Oui, les gens l’ont réclamé ! On avait testé autre chose l’an dernier, mais le Paquito reste un incontournable. Les familles, les jeunes… tout le monde l’attend.
Certains ajustements ont aussi été faits dans le programme…
Oui, par exemple le lancer de plateau de paella a été avancé au jeudi. On adapte chaque année en fonction des retours et de ce qui fonctionne le mieux.
«Une feria familiale et festive »
Le dimanche reste plus calme, et certaines bodegas ferment. C’est un choix assumé ?
On ajuste chaque année en fonction des retours. Si la demande est forte, on ouvrira les bodegas le dimanche. Rien n’est figé. Comme pour le Paquito, on l’avait retiré, on le remet. La feria, c’est un travail d’équilibriste !
Le changement de la bodega du carré rose, après 20 ans, est-il un tournant ?
C’est un changement de nom, mais l’esprit reste. Le lieu et le fonctionnement restent similaires, donc je ne pense pas que ça bouleversera les habitudes des festivaliers.
Un mot pour définir cette édition 2026 ?
Comme chaque année : une feria festive, familiale, avec un véritable esprit de partage.