Publié il y a 1 h - Mise à jour le 10.05.2026 - La rédaction - 14 min  - vu 792 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Nous sommes le dimanche 10 mai 2026. Il est 12 heures. C'est le retour des indiscrétions politiques et économiques après les vacances de Pâques.

La méthode Bouget. Mardi soir, sur notre plateau TV d’Objectif Gard, Vincent Bouget a répondu à toutes les questions du moment. Il n’a pas apporté toutes les réponses. Normal : lorsqu’on s’empare du pouvoir, on ne peut pas devenir spécialiste de tout en seulement un mois. Pourtant, il a déjà esquissé une méthode. Plus qu’une philosophie, une manière de faire intéressante, qui cherche systématiquement le consensus général plutôt que la défense d’intérêts particuliers. Mais pas sûr que tous les Nîmois apprécient. Habitués à une droite solidement enracinée dans le pouvoir municipal, les habitants ont connu une ville gouvernée selon un rapport très vertical à la décision. Le nouveau maire commence à en prendre la mesure. Il ne pourra pas tout révolutionner, même en douceur. L’affaire du son pendant la feria, celle des bodegas, et demain d’autres dossiers sensibles, l’obligeront à sortir de cette zone de confort. La collégialité et l’approche horizontale sont séduisantes sur le papier. Mais à la fin, il sera seul dans son bureau pour dire oui ou non. Il devra assumer personnellement les orientations prises. Et le mécontentement qui les accompagne. D’ailleurs, cela a déjà un peu commencé. Son discours a légèrement évolué depuis la campagne. Il n’est plus question de taper matin, midi et soir sur l’ancienne majorité. Son refrain sur la vision clanique de Jean-Paul Fournier et la politique clientéliste de la droite s’est estompé. Vincent Bouget prend désormais la mesure du caractère des habitants, de leurs exigences, mais aussi de certaines élites locales parfois difficiles à satisfaire. Ce n’est d’ailleurs pas propre à Nîmes. C’est l’époque qui veut cela. Le rapport au politique a profondément évolué en France. L’état de grâce ne dure plus. C’était déjà le cas pour le président de la République ; c’est désormais aussi la norme pour les maires. Très vite, les responsables politiques sont ramenés à la réalité. Et à la nécessité de décider, souvent dans l’urgence, sans toujours disposer du temps nécessaire à une véritable réflexion stratégique. Il faut satisfaire, rassurer, arbitrer. Jusqu’à accepter parfois de se renier pour avoir la paix ? C’est toute l’épreuve du pouvoir. Quelle voie choisira le maire de Nîmes ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer. Pour le moment, il tient bon. Il fait bouger les lignes sans trop brusquer. Quelques mécontents, certes, mais rien de réellement explosif. Il possède encore un atout pour éviter que la température ne monte trop vite : rester à portée de baffes des Nîmois. En remontant les ruelles du centre-ville à pied pour rejoindre son bureau, en multipliant les réunions dans les quartiers, il prolonge ce travail de terrain entamé il y a deux ans. Avec toutefois une différence majeure : pendant la campagne, il n’était responsable de rien. Aujourd’hui, il est responsable de tout. Bientôt, les paroles et les promesses ne suffiront plus. Les Nîmois voudront du concret, et un véritable changement dans leur quotidien. Mais quel changement ? Car tout le monde ne semble pas en avoir la même définition. Et c’est peut-être précisément là que les choses commenceront à se compliquer…

La fin d’une époque… Conséquence directe de la déroute nîmoise, la droite locale ne cache plus ses plaies. Et ses caisses vides. Chez Les Républicains, l’heure n’est plus à la reconquête, mais à la survie. Selon nos informations, la direction, encore en pleine reconstruction, envisage sérieusement de mettre fin au bail commercial du local situé près de la place d’Assas, historique quartier général du parti. Un symbole de plus pour une formation politique en voie d’effacement à Nîmes. « Quand on était aux manettes, chaque vendredi soir, il n’y avait qu’une poignée de militants qui se déplaçaient pour l’apéritif hebdomadaire », glisse un ancien élu, lucide sur l’état de décomposition du mouvement. Le problème dépasse désormais la simple question immobilière : comment exister politiquement sans ancrage territorial ? Chez LR, certains tentent de se rassurer en invoquant l’époque. « Le monde a changé. Aujourd’hui, tout se passe sur les réseaux sociaux. C’est compliqué de faire venir les gens. » Comprendre : les permanences se vident, les militants vieillissent. Car au-delà des finances, c’est surtout la relève qui manque. Peu de figures locales semblent prêtes à reprendre un appareil politique usé jusqu’à la corde. « On est à la croisée des chemins. Si la présidentielle et les législatives se passent mal, on est foutus. Les derniers militants gardois vont partir au Rassemblement national », prévient un cadre du parti. Dans les couloirs de la droite gardoise, l’inquiétude a depuis longtemps remplacé les certitudes. Et certains regardent déjà le RN comme l’héritier naturel d’un électorat que LR ne parvient plus à retenir.

La « connerie » de Denis. Cette semaine, les sénatoriales occupaient toutes les conversations politiques gardoises. À droite comme à gauche, les grandes manœuvres ont commencé. Et derrière les sourires de façade, chacun compte ses soutiens, ses fidélités… et ses futurs coups tordus. Chez Les Républicains, le sénateur sortant Laurent Burgoa avance avec prudence sur un terrain devenu bien plus instable qu’il n’y paraît. L’ancien patron de la droite gardoise espère surtout que son ex-colistière Vivette Lopez ne viendra pas compliquer l’équation. Car dans un scrutin où chaque grand électeur compte, les candidatures dissidentes peuvent rapidement se transformer en poison. Mais c’est surtout à gauche que le climat vire à l’orage. La succession annoncée — ou supposée — de Denis Bouad est en train de transformer le Parti socialiste gardois en champ de bataille. Consciente du danger, la présidente du Conseil départemental, Françoise Laurent-Perrigot, tente de calmer les ego avant l’explosion. Mission délicate. Selon plusieurs sources, la patronne du Département aurait directement mis en garde Denis Bouad lors d’un échange en tête-à-tête : « Tu fais une connerie. » Une phrase qui résume à elle seule la tension du moment. Car pendant que l’ancien président du Département entretient le flou, les ambitions s’aiguisent. Fabrice Verdier, président du Pays d’Uzès, avait pris soin de rencontrer Françoise Laurent-Perrigot il y a quelques semaines pour lui faire part de ses intentions. « Elle lui a fait comprendre qu’elle le soutiendrait si Denis Bouad renonçait », confie un observateur averti. Sauf qu’entre-temps, Alexandre Pissas a décidé de revenir dans la partie. Et cette fois, le maire de Tresques ne veut plus regarder le train passer. « La dernière fois, il s’est fait avoir. Il ne veut pas revivre ça. Et puis, idéologiquement, il estime que c’est son tour : il a toujours été socialiste », souffle un proche. Un argument qui fait sourire certains dans les couloirs du Département. « Il ne faudrait quand même pas oublier qu’en 2015, il était à deux doigts de s’allier avec la droite pour prendre le Conseil départemental », tacle un élu socialiste. Avant qu’un autre ne renvoie la balle : « Et Fabrice Verdier, qui avait failli partir chez Macron en 2017, on en parle ? » Vieilles rancœurs, fidélités fluctuantes et ambitions personnelles : à gauche, personne ne semble prêt à céder un centimètre. Reste alors une hypothèse que beaucoup préfèrent ignorer : celle de Carole Bergeri, numéro 2 de la liste Le Gard passionnément lors des sénatoriales de 2020. « Elle veut y aller », confirme un cadre local. Mais dans cette guerre d’ego, le problème est simple : aucun des prétendants ne semble disposé à se ranger derrière elle. Pire encore, plusieurs ne veulent même pas la voir sur la future liste. À un an du scrutin, les sénatoriales gardoises ressemblent déjà moins à une campagne qu’à un règlement de comptes à ciel ouvert.

Mauvaise mise pour Plantier ? Depuis sa défaite, Julien Plantier a disparu des radars. Plus de sorties médiatiques, plus de prises de parole. Mais en coulisses, l’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier continue d’activer ses réseaux pour tenter de rebondir. Après avoir rejoint Horizons par opportunisme dans l’espoir d’obtenir l’investiture pour les municipales à Nîmes, il a vite dû déchanter. Même un déjeuner avec Laurent Burgoa pour envisager un retour à droite n’a rien changé : Plantier restera finalement chez Édouard Philippe. « Il espère qu’en cas de victoire de Philippe en 2027, des portes pourraient s’ouvrir pour lui, notamment pour les législatives », glisse un acteur politique nîmois. Certains l’imaginent même tenter de récupérer la place d’Yvan Lachaud comme patron d’Horizons dans le Gard. Sauf qu’à Paris, Julien Plantier ne pèse pas grand-chose. « Dans les instances nationales, personne ne sait vraiment qui il est », confie un cadre du mouvement. À l’inverse, Yvan Lachaud apparaît plus solide que jamais. Présent ce dimanche à Reims pour la première grande démonstration de force d’Édouard Philippe, l’ancien président de Nîmes Métropole reste l’homme fort d’Horizons dans le Gard. « Si Philippe gagne, c’est lui qui aura la main sur les législatives… et sur l’avenir de Plantier dans le parti », résume un proche du dossier. Cruel retour des choses pour Julien Plantier : celui qui voulait s’émanciper de Fournier se retrouve désormais sous la dépendance de son vieil ennemi politique.

Delga place ses pions. Le changement de majorité à Nîmes marque aussi le retour d’anciennes figures dans les coulisses du pouvoir local. Selon nos informations, Nicolas Ferran, ex-collaborateur de Denis Bouad au Département et actuel directeur de l’association La Clède, rejoint l’équipe de Vincent Bouget et Amal Couvreur. Mais l’arrivée qui fait le plus parler reste celle d’Emily Pagès. Ancienne directrice de cabinet de Damien Alary au Département puis cadre à la Région Occitanie, elle prendra ses fonctions de DGA à Nîmes le 1er juillet. « Elle aura un portefeuille immense, à la hauteur de ses compétences et de sa capacité de travail », assure un proche. Du côté des communistes, l’enthousiasme est plus mesuré. « C’est l’œil de Moscou de Carole Delga. Elle vient surtout surveiller que les socialistes — et Amal Couvreur en particulier — tiennent bien la barre », grince un élu PCF. À Nîmes Métropole aussi, les rumeurs s’activent. Le nom de Sabine Torres circule pour reprendre la direction de la communication, poste qu’elle occupait déjà sous l’ère Proust. Mais selon plusieurs sources, Nicolas Koukas ne serait pas pressé de bouger les lignes. « Arnaud Julien est loyal, efficace et son contrat court jusqu’en 2027. Il n’y a aucune urgence. » La priorité du président de l’Agglo serait ailleurs : trouver rapidement un nouveau directeur général des services. « Un profil venu de Paris tient la corde. Vincent Bouget veut quelqu’un d’extérieur pour reprendre les dossiers avec un regard neuf et retrouver un peu d’air », confie un proche du dossier.

Quel bordel pour 60 décibels ! L’affaire du son pendant la feria continue de faire du bruit. Entre commerçants furieux et autres satisfaits, la réunion organisée l’autre matin au Carré d’Art par le maire Vincent Bouget et son adjoint à la Sécurité Nicolas Nadal a parfois tourné à la séance d’explication tendue. Selon plusieurs participants, l’exécutif municipal a surtout été surpris par l’attitude de certains acteurs économiques. « Ceux qu’on pensait les plus proches de nous sont montés au créneau avec beaucoup de colère. À l’inverse, des commerçants réputés proches de Franck Proust ont été beaucoup plus mesurés, voire facilitateurs », glisse un membre de la majorité. Au cœur de la polémique : la limite fixée à 60 décibels. « On nous tombe dessus pour ce chiffre, mais ce sont les commerçants eux-mêmes qui l’ont proposé », assure un proche du dossier. Avant d’ajouter : « Honnêtement, on aurait pu aller au-delà. » Sauf que sur le terrain, beaucoup découvrent concrètement ce que représentent 60 décibels. « C’est le son d’une télévision un peu forte. Pour une feria, c’est ridicule », peste un professionnel. Mais derrière la question du volume sonore, certains voient surtout une faute politique. « Vincent Bouget vient peut-être de commettre sa première erreur », analyse un observateur local. « Il avait vendu une stratégie d’apaisement après la guerre à droite. Il aurait pu laisser passer cette Feria comme avant, puis ouvrir ensuite des discussions. Là, il a voulu marquer son territoire immédiatement. Résultat : tout le monde retient la polémique. » Et désormais, tous les regards se tournent vers la feria de Pentecôte. « S’il y a moins de monde, ses opposants lui répéteront pendant des mois que c’est de sa faute… »

Ciao la Primafresca ? Les commerçants de la rue Fresque ne sont visiblement pas au bout de leurs mauvaises surprises. Après la polémique sur le son pendant la feria, un autre dossier commence à sérieusement les inquiéter : l’avenir de la Primafresca. Vingt ans après sa création, ce traditionnel « warm-up » de la feria de Pentecôte est désormais dans le viseur de la nouvelle majorité municipale. Et à l’Hôtel de Ville, certains ne cachent plus leur volonté de tourner la page. « La musique est beaucoup trop forte, l’alcool coule à flot et une partie de la jeunesse nîmoise finit ivre morte sous couvert de mini-feria », souffle un élu de la majorité. En coulisses, plusieurs élus s’alarment surtout de la présence de très jeunes adolescents livrés à eux-mêmes en pleine nuit. « C’est devenu une gigantesque beuverie à ciel ouvert en centre-ville. On ne peut pas continuer comme ça », insiste un proche du dossier. Mais toucher à la Primafresca revient aussi à s’attaquer à un symbole populaire et économique. Et dans la rue Fresque, où les commerçants sortent de longs mois de travaux, l’idée passe très mal. « Après le son, maintenant la fête des jeunes… À ce rythme-là, ils veulent aseptiser Nîmes », fulmine un commerçant. « Demain, quoi ? La fin des bodegas ? Des ferias ? Il faudrait peut-être expliquer à la gauche municipale que l’économie locale ne tourne pas avec des débats au Prolé… » À Nîmes, la bataille autour de l’identité festive de la ville ne fait sans doute que commencer.

Fayet reste à la Casas. Peut-être que l’argent ne pousse pas dans la cour du Prolé. Mais à l’Hôtel de Ville, on cherche malgré tout quelques économies symboliques à réaliser. Selon nos informations, Sylvette Fayet, adjointe chargée de la Tauromachie, a décidé de ne pas participer cette année au traditionnel déplacement en Espagne organisé autour de la reconnaissance des toros avec Simon Casas. Une habitude bien installée sous les précédentes municipalités. « Aujourd’hui, c’est la Ville qui paie le séjour. Et franchement, ce sont des frais dont on peut se passer », glisse un proche de l’élue communiste. Avant d’ajouter, un brin piquant : « De toute façon, ce n’est pas le maire qui choisit les toros, mais le délégataire… » Officiellement, il s’agit donc d’un geste de sobriété budgétaire dans un contexte financier tendu. Officieusement, certains soupçonnent aussi la nouvelle majorité de ne pas brûler d’envie à l’idée de passer plusieurs jours en huis clos avec Simon Casas de l’autre côté des Pyrénées. Surtout si c’est pour finir, entre deux ganaderias, dans d’interminables débats sur les « gentils patriotes » du RN face aux « dangereux gauchistes insoumis » de Nîmes…

L’un reste, l’autre part. Après sa lourde défaite aux municipales du Grau-du-Roi, Robert Crauste semble avoir définitivement tourné la page de la politique locale. L’ancien maire a démissionné de son mandat d’élu d’opposition de Charly Crespe. Encore conseiller départemental du Gard, Robert Crauste ne devrait pas repartir aux Départementales dans moins de deux ans. « Il arrête tout. Après une carrière de médecin et dix ans au service des Graulens, il veut passer à autre chose. Il a été profondément marqué par l’ingratitude des gens », confie un proche. Quelques kilomètres plus loin, à Vauvert, la défaite a produit un effet inverse. L’ancien maire Jean Denat refuse, lui, de quitter totalement le terrain. Selon nos informations, une association de “défense de Vauvert face à l’extrême droite” est en cours de création et sera présidée par l’ex-élu socialiste. Celui qui avait pourtant abandonné son mandat d’opposant à Nicolas Meizonnet entend désormais jouer les vigies face au RN local. Reste à savoir avec quels moyens… et quelle légitimité. Car dans une partie de la gauche vauverdoise, certains grincent déjà des dents. « Ceux qui sont restés après la défaite apprécieront… », ironise un militant. Beaucoup estiment qu’il aurait peut-être été plus utile de laisser émerger une nouvelle génération plutôt que de rejouer les combats d’hier. À Vauvert comme ailleurs, la gauche locale peine décidément à choisir entre reconstruction… et nostalgie.

Un rendez-vous à ne pas banquet. Mardi dernier, sur notre plateau TV, Vincent Bouget a confirmé — du bout des lèvres — nos informations sur le grand banquet républicain en préparation pour le 13 juillet prochain. À l’origine, le nouveau maire voulait organiser ce grand rendez-vous populaire le 14 juillet dans les Jardins de la Fontaine, appelés à devenir l’un des symboles du mandat. Problème : le parc est fermé toute la journée en raison des préparatifs du feu d’artifice. La majorité municipale a donc décalé l’événement, la veille. Le 13 juillet, les Nîmois seront ainsi invités à un immense pique-nique républicain au cœur des Jardins. « Des tables seront installées pour permettre aux familles de venir avec leur casse-croûte. Le maire passera de table en table pour échanger avec les habitants et prendre le pouls de ses premières semaines à la tête de la Ville », explique un communicant de la majorité. Une opération conviviale… mais pas sans risque. « Il faut surtout espérer qu’il ne fasse pas 40 degrés ce jour-là », sourit un ancien élu. « Parce qu’en pleine canicule, à part les soutiens de Bouget, il risque de ne pas y avoir grand monde sur les pelouses… »

Proust en solo. La droite nîmoise a perdu la Ville. Mais chez les vaincus, la bataille pour désigner les responsables continue encore en coulisses. Et une cible revient régulièrement : Valentine Wolber, l’ancienne adjointe au Commerce. « C’est devenu le bouc émissaire idéal », soupire un proche de l’ex-élue. « En réalité, elle ne décidait de rien. Franck Proust n’a écouté personne et a fini par mener sa campagne quasiment seul. » Pourtant, autour de l’ancien président de Nîmes Métropole, les conseillers et stratèges ne manquaient pas. Mais selon plusieurs sources, le problème était plus profond. « Deux ans avant les municipales, un sondage commandé par LR annonçait déjà une défaite presque inévitable. Après le dernier mandat de Jean-Paul Fournier, il existait une énorme envie de tourner la page », raconte un ancien collaborateur. Alors pourquoi Franck Proust s’est-il lancé malgré tout ? « Par orgueil. Et aussi pour régler ses comptes avec Julien Plantier après leur rupture », avance un observateur de la droite locale. Aujourd’hui, certains tentent encore de réécrire le scénario de la défaite. Mais pour ceux qui ont suivi la campagne de près, le diagnostic reste brutal. « La droite n’a rien anticipé. Elle n’a jamais eu le courage de préparer l’après-Fournier suffisamment tôt. Et la guerre des ego a fini par tout emporter. »

Nouvelle recrue au Medef. Écartée de la campagne municipale de Franck Proust, Priscillia Salelles n’aura finalement pas assisté de l’intérieur à la déroute de la droite nîmoise. Ancienne chargée de mission à la Ville de Nîmes puis attachée parlementaire de la députée LREM Annie Chapelier, elle avait rejoint en 2020 le cabinet politique de Franck Proust à Nîmes Métropole avant d’en devenir la cheffe de cabinet un an plus tard. Restée liée au président de l’Agglo par contrat, elle avait quitté discrètement ses fonctions en avril dernier après le changement de majorité. Selon nos informations, Priscillia Salelles vient de rebondir au Medef du Gard auprès de son président Steeve Calligaro. Un recrutement loin d’être anodin, tant le patron des chefs d’entreprise gardois apparaît de plus en plus comme un acteur susceptible de peser politiquement dans les prochaines années à Nîmes et dans le Gard.

L’intelligence artificielle à la rescousse de l’élu superficiel. Les Jardins de Bigot tournent déjà au casse-tête pour la nouvelle majorité municipale. À quelques semaines de la feria de Pentecôte, Audrey Carbo et Bruno Agniel se sont vu refuser l’ouverture de leur bodega éphémère rue Bigot pour plusieurs raisons administratives. Depuis, mairie et préfecture jouent au ping-pong des responsabilités. Pour comprendre ce dossier explosif, nous avons sollicité Corinne Giacometti, adjointe aux Festivités, qui a préféré passer la main à Emmanuel Bois, adjoint au Commerce. Ce dernier a accepté de défendre la version municipale dans nos colonnes. Mais après publication de l’article — qui retraçait les faits en donnant la parole aux organisateurs comme à la Ville — l’élu a visiblement vu rouge. Emmanuel Bois a repris contact avec notre rédaction pour dénoncer un traitement jugé défavorable. Et c’est là que l’histoire devient délirante. Pour prouver son accusation de parti pris, l’adjoint a dégainé… ChatGPT. Oui, l’intelligence artificielle a été convoquée pour compter méthodiquement le nombre de mots accordés à chaque camp dans notre article. Une sorte de VAR journalistique version feria. À Nîmes, désormais, les élus ne relisent plus seulement les papiers : ils les auditent à l’algorithme. On attend avec impatience le moment où l’IA sera aussi chargée de contrôler le niveau sonore des bodegas et la cuisson des grillades rue Fresque.

Un élu qui a le cigare. Les dernières municipales ont aussi offert leur lot de scènes improbables. Dans une commune du sud du Gard, un nouveau maire, tout juste élu, a cru bon de célébrer sa victoire républicaine cigare au bec, depuis le balcon de l’hôtel de ville. Le cliché, aussitôt publié sur les réseaux sociaux de l’édile, n’est toutefois pas resté bien longtemps en ligne. Et pour cause : le préfet du Gard lui aurait rapidement rappelé — avec toute la diplomatie républicaine nécessaire — qu’il existe certaines limites à la mise en scène du pouvoir municipal. Manifestement, l’écharpe tricolore ne suffisait pas à décrocher automatiquement le premier rôle dans Scarface. Depuis, la photo a discrètement disparu. Comme quoi, entre la conquête du pouvoir et la communication, il reste parfois quelques détails à maîtriser.

La reconversion de Jean-Jacques Granat. Cette semaine, plusieurs anciens maires du Gard ont été mis à l’honneur par la préfecture à travers la remise du diplôme de « maire honoraire ». Une manière de saluer des années de service public… et parfois de prendre des nouvelles de retraités politiques qui ne le sont jamais totalement. Parmi eux, l’ancien maire de Manduel Jean-Jacques Granat assure avoir trouvé une nouvelle occupation dans le conseil immobilier. « Histoire de rester actif », glisse-t-il avec le sourire. Une reconversion qui pourrait toutefois n’être qu’une parenthèse. Car dans les couloirs de la droite gardoise, son nom circule déjà avec insistance pour les prochaines élections départementales sur le canton de Marguerittes. Et selon plusieurs sources, Jean-Jacques Granat aurait même déjà fait acte de candidature officieux. Comme souvent en politique locale, la retraite dure rarement très longtemps.

L'ex-députée Françoise Dumas à gauche de la photo sur la scène de l'Ombrière d'Uzès. • Photo Thierry Allard

Bonus. Françoise Dumas de retour sur le devant de la scène. Samedi soir, à Uzès, l’ancienne députée du Gard a vécu un moment pour le moins inattendu lors du festival Seuls en scène. Retirée de la vie politique depuis 2022, l’ex-socialiste devenue macroniste a cette fois quitté les tribunes pour monter… sur les planches de l’Ombrière. En cause : l’humoriste Mickaël Denis, alias Denise, qui l’a embarquée dans un numéro improvisé sans avoir la moindre idée de l’identité de sa victime du soir. Aux côtés d’un autre spectateur tout aussi surpris, Françoise Dumas s’est retrouvée à danser sur Gangnam Style devant une salle hilare et conquise. Manifestement, après l’Assemblée nationale, l’ancienne parlementaire peut aussi survivre à l’épreuve du one-man-show. Et à voir les applaudissements du public, elle ne s’en est franchement pas mal sortie.

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