Publié il y a 51 min - Mise à jour le 11.05.2026 - Coralie Mollaret - 3 min  - vu 692 fois

EXPRESSO Vincent Bouget, les premiers signaux d’un maire de gauche

Vincent Bouget

Vincent Bouget, le nouveau maire de Nîmes 

- Photo DR Ville de Nîmes

Le nouveau maire communiste a mis un terme à 25 ans de règne de la droite. S’il n’en est qu’aux balbutiements de son mandat, sa méthode et ses premières mesures ancrent sa politique clairement à gauche.

« Depuis que la gauche a gagné, qu’est-ce qui a changé ? » Cette question, plusieurs administrés se l’ont posée. En mars, un tournant politique s’est opéré à Nîmes : l’opposant communiste Vincent Bouget a délogé la droite de l’hôtel de ville de la rue Dorée, en place depuis un quart de siècle. Si le professeur d’histoire-géographie n’est maire que depuis quelques semaines, plusieurs choses ont changé.

D’abord, il est plus présent sur le terrain : « J’essaie un maximum de venir en mairie à pied. Les gens nous interpellent sur des problèmes... Retrouver de la proximité, c’est quelque chose d’important qui, peut-être, a manqué. » Le quadragénaire, qui entame son premier mandat, affiche sans doute davantage de fougue que Jean-Paul Fournier, lequel a achevé son quatrième mandat à 80 ans.

Le communiste a lancé une nouvelle opération : « Bonjour Nîmes ». Un programme de sept rencontres avec les Nîmois dans différents quartiers. Un engagement démocratique fort : « Il faut recréer du lien entre les Nîmois et les institutions. Le pouvoir municipal s’était beaucoup isolé. On ne changera pas la ville avec les 42 élus de la majorité. Nous allons avoir besoin de nous retrousser les manches ensemble. »

D’ailleurs, sur les instances de démocratie locale : « On nous a dit que les comités de quartier n’étaient pas suffisamment associés aux décisions de la ville. Les conseils de quartier, eux, sont devenus le budget annexe du service voirie, ne traitant plus de tous les problèmes du quotidien. » L’opération Bonjour Nîmes a donc pour but, à l’automne, « de créer les conditions d’un fonctionnement plus prompt à régler les problèmes ».

Abolition de l’esclavage

Enfin, le marqueur le plus important de ce début de mandat restera incontestablement la commémoration de l’abolition de l’esclavage, ce dimanche 10 mai. Une journée officielle, instaurée par le président Jacques Chirac en 2006, qui s’est appuyé sur la loi Taubira de 2001, reconnaissant la traite et l’esclavage coloniaux comme crimes contre l’humanité. La France fut ainsi « la première ancienne puissance coloniale à reconnaître la traite et l’esclavage à la hauteur de ce qu’ils furent : des crimes contre l’humanité ».

À Nîmes, la majorité de droite n’a jamais mis en place cette commémoration, organisant, le deuxième dimanche de mai, l'hommage à Jeanne d'Arc. Devant la mairie, Vincent Bouget a alors rendu hommage à ceux qui ont lutté pour l’abolition et, plus généralement, contre la colonisation. La figure la plus connue à Nîmes est celle du député Adolphe Crémieux qui, aux côtés de Lamartine, signa le décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848.

Vincent Bouget a annoncé la mise en place prochaine d'un lieu dédié à l'abolition de l'esclavage
Vincent Bouget a annoncé la mise en place prochaine d'un lieu dédié à l'abolition de l'esclavage  • Photo : Norman Jardin.

Seulement, « ces crimes résonnent encore d’une douloureuse actualité, partout dans le monde, jusque dans notre pays, quand les paroles et les actes racistes ressurgissent dans l’actualité. » L’édile estime alors « qu’honorer celles et ceux qui se sont battus, c’est aussi dénoncer la résurgence des impérialismes sur notre planète mais aussi toutes les formes d’oppression, de domination. » Ce long combat, « nous en sommes les héritiers », poursuit-il, « il fait la fierté de notre République et nous devons donc le perpétuer. »

Ce fait politique rappelle un discours de campagne de Vincent Bouget : il y a  un an, le candidat disait alors : « Si on ne peut pas résoudre les problèmes de la planète, on peut quand même faire grandir les consciences, sur la question climatique ou la guerre. La conscience de paix se travaille aussi à partir de ce que l’on peut faire dans cette ville. » Comme quoi, cultiver sa mémoire s’avère souvent très utile.

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