Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.06.2026 - Propos recueillis par Yannick Pons - 4 min  - vu 140 fois

L'INTERVIEW Vanille : « Les arènes de Nîmes, un de mes plus beaux souvenirs de scène »

Vanille

- @MatthieuDelbeuve

Fille de Julien Clerc, la chanteuse Vanille, 38 ans, fera son retour dans le Gard le 12 juin à l’occasion des Estivales du Gub aux côtés de Deluxe et Baba Music. Révélée au grand public grâce au succès de Suivre le soleil, devenu un véritable phénomène international plusieurs années après sa sortie, l’autrice-compositrice-interprète viendra défendre sur scène son troisième album Regarde, attendu le 13 juin.

Lors de ce concert, elle dévoilera aussi en avant-première Comme mes potos, un nouveau titre à paraître le 3 juin, présenté par l’artiste comme « une chanson féministe pour tout le monde ». Avant ce rendez-vous, elle revient sur son souvenir des arènes de Nîmes, son parcours singulier et le succès aussi fulgurant qu’inattendu de son titre phare.

Objectif Gard : Vous revenez dans le Gard le 12 juin. Vous connaissiez déjà la région ?

Vanille : Effectivement, je ne suis pas revenue depuis les arènes de Nîmes en 2019. Et c’est drôle parce qu’il y a quelques jours, quelqu’un m’a demandé de partager un de mes meilleurs souvenirs de concert. Au début, j’ai pensé à une salle parisienne, puis finalement j’ai répondu les arènes de Nîmes. C’est un lieu absolument délirant, chargé d’histoire. Il y a quelque chose de presque mystique là-bas. Et puis il faisait une chaleur incroyable ce soir-là, ça participait aussi à l’ambiance.

Vous gardez surtout un souvenir très particulier de ce concert…

Oui, parce qu’il m’est arrivé une catastrophe au début du concert. Je faisais une reprise et je suis partie dans la mauvaise tonalité parce que j’avais oublié de mettre mon capodastre. Avec mon bassiste, on s’est regardés et on a compris qu’il y avait un énorme problème. C’était une vraie cacophonie. J’ai arrêté le morceau en disant au public qu’on n’était pas des machines. Et à partir de ce moment-là, les gens sont vraiment entrés dans le concert. Ils ont applaudi, encouragé, tapé dans les mains. Cette erreur a complètement changé l’ambiance et créé quelque chose de très fort.

Votre parcours dans la musique est assez atypique. Vous avez commencé tard finalement.

Oui, j’avais déjà une autre vie avant. Je faisais des études, je travaillais dans l’événementiel, je gagnais correctement ma vie. Et la musique m’a rattrapée. Vers 22 ans, j’ai commencé la guitare en autodidacte sur Youtube. Ensuite, je me suis passionnée de littérature et des mots. Petit à petit, l’envie d’écrire est arrivée. Je jouais dans des petits bars à Paris et Bordeaux tout en continuant à travailler. Puis j’ai fini par arrêter mon métier dans l’événementiel. Mon premier album Suivre le soleil est sorti en 2019, quand j’avais 31 ans.

Le succès de Suivre le soleil est arrivé plusieurs années après sa sortie. Vous vous attendiez à ça ?

Pas du tout. Au départ, la chanson a eu un petit succès radio. Puis à partir de 2023 et surtout 2024, elle a littéralement explosé grâce au streaming. Aujourd’hui, elle compte environ 70 millions d’écoutes. J’ai obtenu un double single d’or en France et à l’international. La chanson a même été repartagée par Eva Longoria et d’autres personnalités américaines. On critique souvent le streaming parce qu’il rémunère mal les artistes, et c’est vrai, mais dans ce cas précis c’est aussi grâce à ça que la chanson a traversé les frontières.

Vous êtes aussi la fille de Julien Clerc. Grandir dans cet univers artistique a forcément joué un rôle ?

Bien sûr. J’ai grandi dans la musique, les concerts, les artistes. Tout ça m’a énormément nourrie. Mais écrire ses propres chansons et se lancer soi-même, c’est complètement différent. Et je pense qu’inconsciemment, avoir un père qui est une immense figure de la chanson française a aussi retardé le moment où j’ai osé me lancer. Ça a probablement joué dans le fait que j’ai mis du temps à assumer cette envie.

Votre troisième album, Regarde, sort le 13 juin. Comment le décririez-vous ?

Depuis le début, j’ai ce fil rouge d’une pop solaire en français, toujours teintée de sonorités métissées, de rythmes brésiliens, de percussions africaines. Pour ce troisième album, j’ai rencontré Alex du duo Synapson. Lui aussi aime beaucoup les sonorités latines et les percussions. Il a apporté des touches électro à mon univers. Ça a créé quelque chose d’assez hybride, entre chanson française, bossa nova, pop solaire et électro.

J’avais envie de revenir à quelque chose de plus essentiel, plus lumineux aussi. Mes textes parlent autant d’amour que de reconstruction ou de moments suspendus. Il y a ce besoin de regarder la lumière même quand il y a de l’ombre.

Le public du Gub va découvrir ce nouvel univers sur scène ? Avec qui serez-vous ?

Oui, évidemment. Il y aura Suivre le soleil, les morceaux les plus connus, mais aussi beaucoup de titres du dernier album. En live, j’essaie vraiment de privilégier le côté dansant et lumineux. Même s’il y a aussi des moments plus intimes parce que les paroles restent très importantes pour moi. Sur scène, nous serons en duo avec Bastien Corné, un musicien multi-instrumentiste qui joue de la guitare, de la basse, du clavier et lance aussi des boucles. Je présenterai aussi une chanson qui sort le 3 juin et ce sera la première fois que je la chanterai sur scène. Elle s’appelle Comme mes potos. C’est une chanson drôle et un peu engagée dans laquelle je renverse les stéréotypes. Je fais comme si j’étais un homme dans le texte. J’aime bien dire que c’est une chanson féministe pour tout le monde parce que les hommes peuvent aussi s’y reconnaître. C’est une manière de parler d’unité et d’harmonie, mais avec humour, tendresse et un peu de moquerie aussi.

Qu’aimeriez-vous dire au public gardois avant ce concert ?

J’ai envie de leur dire de venir suivre le soleil avec nous. Les gens me disent souvent qu’ils ressentent mes concerts comme une bulle de douceur. Ma musique essaie de trouver de la lumière même quand il y a de l’ombre. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’artistes très talentueux qui proposent des choses plus sombres ou très engagées. Moi, j’assume ce côté solaire et plus léger.

Le programme des Estivales du Gub c'est ici

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Propos recueillis par Yannick Pons

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