C’est affaibli et malade que l’entrepreneur Richard Perez a souhaité s’exprimer devant la presse locale depuis les salons de l’Imperator, ce vendredi. « Ce que j’ai fait avant, je l’ai toujours assumé. Mais cette affaire Bennes 30 et mon incarcération ont joué sur mon état de santé », assure l’homme de 61 ans déterminé à "rétablir la vérité" autour de Bennes 30. « Depuis ma chambre d’hôpital au CHU de Nîmes où je faisais ma chimio, j’ai vu l’incendie à Milhaud, explique l’intéressé, le feu est parti de la société de palettes qui a brûlé et qui s’est étendu à Bennes 30. Ce n’est pas moi qui ai mis le feu, je n’ai aucun intérêt à faire ça. »
Alors gérant de cette société spécialisée dans le traitement des déchets, Richard Perez est placé en détention provisoire le 10 mai 2022 dans le cadre d’une vaste affaire de trafic de déchets à l’échelle internationale. Des scellés sont posés sur les hangars, le matériel et la porte d’entrée. Remis en liberté quelques mois plus tard, le Nîmois a interdiction de gérer la société. « Je n’ai commis aucun trafic, ma seule erreur, c'est d’avoir stocké trop de déchets et je l’assume », poursuit-il. En juillet 2022, il fait parvenir à la juge une proposition de la part du groupe Nicollin dans le but de procéder au vidage de Bennes 30 pour « un ou deux millions d’euros, car c’est au poids ».
"On est autour des 10 millions d’euros, c’est colossal"
« J'ai attaqué au pénal pour vice de procédure. J’ai eu gain de cause. Il y a eu conflit d’intérêt et l’affaire continue, pourquoi ? », crie au scandale Richard Perez. Nous sommes en 2026 et des déchets sont toujours entreposés dans les hangars de Bennes 30 et plusieurs incendies ont été constatés ces dernières années. La semaine dernière, les déchets ont brûlé à l’extérieur mais aussi à l’intérieur d’un hangar, fragilisant encore la structure.
Débarrasser le site représente une affaire de gros sous, « aujourd’hui, le prix du déchet a été multiplié par trois. On est autour des 10 millions d’euros, c’est colossal », détaille le sexagénaire. Pour lui, c'est très clair, il estime avoir un droit de regard sur l’entreprise qui sera choisie : « J’assume ce que je dis, personne ne rentrera à Bennes 30 vider les déchets. Je vais payer donc je choisis qui videra Bennes 30. J’assume avoir mis trop de stocks ainsi c’est à moi de payer mon erreur. Je suis le seul décideur. » En l’occurrence son choix se porte sur la société Nicollin pour le transport des déchets et la société Skylab Business pour le traitement, cédée il y a deux ans par Richard Perez à l’Arlésien Saïd Kouiss, qui dispose de décharges en Espagne.
En attendant, l’instruction est toujours en cours par la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs), aucune date d’audience n’a été encore actée concernant Richard Perez. Ainsi, les déchets vont rester encore sur place à Bennes 30 avec un risque incendie toujours aussi important.