Mardi, un premier incendie s'était déclaré Zac Trajectoire à Milhaud sur le site de la société Palettes Bois Énergie. Malgré l'intervention des pompiers et une opération de noyage, le feu a repris hier en fin d'après-midi. "Je n'ai pas de mots, on subit. C'est dommage car c'est parti d'une entreprise plutôt sympathique, les palettes sont bien rangées. Je n'incrimine pas le gérant, c'est malheureux pour lui. Je l'ai rencontré, il était vraiment effondré", commente en premier lieu le maire de Milhaud, Jean-Luc Descloux, après une courte nuit. En effet, cette fois-ci le feu a parcouru au total plus de 150 hectares, 150 pompiers étaient sur place. Encore 60 sont présents ce matin. Le feu est fixé mais l'extinction complète prendra plusieurs jours.
"Malheureusement, le vent s'est levé avec des bourrasques à plus de 100 km/h et c'est parti aux quatre vents. Heureusement que les blés avaient été ramassés, on a eu que du chaume, c'est allé jusqu'au Vistre quand même", poursuit l'élu qui ne connaît pas l'origine du premier incendie. Hier, les flammes se sont propagées sur un stockage de déchets de l'entreprise voisine de Bennes 30, à l'abandon, et dans le viseur du maire depuis des années. "Cela reste un problème majeur pour la commune. J'alerte régulièrement, tous les 15 jours, j'envoie un courrier au préfet et à la procureure, je les mets en garde. Les dépôts s'amoncellent depuis six ans sans que l'on puisse trouver une solution pour régler le problème, l'affaire est dans les mains de la justice. On attend depuis six ans !".
"Le bâtiment finira par s'effondrer"
Le feu se serait quand même propagé sans ce stockage de déchets de Bennes 30, mais cela a forcément aidé le feu à poursuivre ensuite sa route sur la végétation et a obligé les pompiers à protéger ce site. L'incendie a eu lieu à l'extérieur et même à l'intérieur du bâtiment. Un hangar malheureusement habitué à subir des incendies. "Quand j'entends : que fait la mairie pour Bennes 30 ? Si j'avais le pouvoir, je l'aurais vendu cinquante fois le site. Mais c'est entre les mains du Parquet de Marseille, on fait comment ?, déplore Jean-Luc Descloux, alors oui ça va alerter. Attention alerte à la bombe, tous aux abris ! Une fois que l'alerte est passée, on fait quoi ? »
Le premier édile regrette que ce dossier judiciaire traîne en longueur : "Je n'en veux à personne, mais la situation est récurrente. Tous les étés, on tremble et là ça crame. Le bâtiment finira par s'effondrer étant donné que ça brûle à l'intérieur. Si un jour c'est repris, il faudra le raser." Désormais, les pompiers vont poursuivre un long travail de noyage pour éviter que le feu reparte à nouveau. "La facture d'eau va être lourde à payer", constate déjà le maire qui tient à souligner le travail remarquable des pompiers pour avoir protégé les autres entreprises installées sur la zone. Il rend aussi hommage aux agents et élus de la commune mobilisés durant ce sinistre qui n'a fait aucune victime. Néanmoins, dix pompiers ont été incommodés par les fumées, mais aucune prise en charge médicale n'a été nécessaire.