Ce matin, un peu moins de vingt agriculteurs ont disposé plusieurs drapeaux européens sur les grilles de la préfecture du Gard. Un geste symbolique, destiné à dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Mercosur (qui devrait être signé samedi) et à alerter sur ses conséquences pour l’agriculture française.
Retirés des mairies
Ces drapeaux provenaient de plusieurs communes du département, quelques maires les avaient retirés des façades de leurs mairies il y a quelques jours en signe de soutien au mouvement agricole. Ce sont les drapeaux de Domazan, Redessan, Castillon-du-Gard, Saint-Hilaire-d’Ozilhan, Beauvoisin, Lézan, Aubord, Générac, et même celui du port de Sète !
Si certains agriculteurs perçoivent l’essentiel des subventions de la politique agricole commune, à l'autre bout de la chaîne, les exploitations familiales qui possèdent peu de surfaces agricoles bénéficient d'aides de la PAC très limitées.
Présent sur place, le président des Jeunes agriculteurs du Gard (JA 30), viticulteur et céréalier, Romain Angelras, confirme l’objectif de l’action. « C’est une action de plus, ça fait quelques mois quasiment toutes les semaines, que l’on fait des actions. Le drapeau européen, symboliquement, c’est contre les accords qui sont signés pour le Mercosur. »
Concurrence déloyale
Le monde agricole français redoute une concurrence jugée déloyale. « On souhaite dénoncer qu’à travers cet accord, ça sera une concurrence déloyale de plus pour nous », insiste Romain Angelras, évoquant l’arrivée de produits issus de conditions différentes. « Puisqu’on va importer des produits que l’on nous somme de ne pas produire chez nous de cette façon, pas les mêmes normes sociales, ni normes environnementales, ni fiscales », explique Romain Angelras, qui met en avant des écarts sur les règles de production. Le patron des Jeunes agriculteurs indique également douter de la capacité de l’Union européenne à contrôler réellement les importations.
Après les centrales d’achat dans le Gard la semaine dernière et le port de Sète hier, d’autres actions sont déjà prévues dans les prochains jours. Une action commune est annoncée avec le Vaucluse et la Drôme viticole, afin d’aller « faire un tour des négociants ». Enfin, dès mardi, les syndicats nationaux appellent à se rendre à Strasbourg pour maintenir la pression.