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Publié il y a 7 ans - Mise à jour le 27.03.2015 - elodie-boschet - 5 min  - vu 191 fois

SAINT-JEAN-DU-GARD Le film documentaire à l'honneur ce week-end

L'escale.

A partir de ce soir et jusqu'à dimanche, l'association Abraham Mazel organise les 11e rencontres du film documentaire à Saint-Jean-du-Gard. "L'étranger" est le thème de cette nouvelle édition.

Qu’il s’agisse de la rue voisine, de la Kabylie, de Calais, du bateau, de la folie, de l’Amérique, les 12 films présentés ce week-end portent la trace de l’étranger et mènent au débat.

Vendredi 27 Mars, 20h, Je suis votre voisin

De Karine de Villers et Thomas de Thier. Karine de Villers et Thomas de Thier habitent une petite rue au cœur de Bruxelles. Ils ont filmé leurs voisins sur le seuil de leur maison en les interrogeant sur la rue et la vie. Cette galerie de portraits, réalisée de manière aussi rigoureuse que touchante, nous fait pénétrer dans les petits et les grands secrets d’autant d’existences.

Avec la présence de Karine de Villers, réalisatrice

21h, Chantier A

De Tarek Sami et Lucie Dèche. C’est le voyage de Karim qui n’était pas rentré chez lui depuis 10 ans. Un retour en forme d’aller, pas simple. L’Algérie. Avant qu’il oublie, retrouver les raisons de son départ, comprendre le grand exode, la maison qui brûle. Mais les mots se sont fait aspirer dans un temps incertain, celui du mouvement qui permet de s’ancrer. Un paradoxe d’oiseau migrateur.

Projection précédée d’une lecture de Tarek Sami

Débat en présence de Tarek Sami et Lucie Dèche, réalisateurs

Samedi 28 mars, 14h, Border et Cargo

De Laura Waddington.

Border : Laura Waddington a passé plusieurs mois dans les champs autour du camp de la Croix Rouge à Sangatte avec des réfugiés afghans et iraqiens qui essayaient de traverser le tunnel sous la Manche pour rejoindre l’Angleterre. Filmé entièrement de nuit avec une petite caméra vidéo, Border est un témoignage personnel sur le sort des réfugiés et la violence policière qui a suivi la fermeture du camp.

Cargo : voyage lyrique sur la Méditerranée, dépeint en une série de moments distendus. Combinant le texte d’un journal intime avec des images picturales, la réalisatrice rejoue un dialogue entre une femme silencieuse et les hommes oubliés qui travaillent sur le cargo.

16h, Un monde sans père et sans mari

De Eric Blavier et Thomas Lavachery. À l’autre bout du monde, au Sud-Ouest de la Chine, sur les contreforts de l’Himalaya, une ethnie de 30 000 habitants encore peu connue préserve à travers les âges des traditions et des rites particuliers. Étonnante résistance du peuple Moso, ce royaume «féminin» isolé au bord du lac Lugu, à 2 700 mètres d’altitude, où nos conceptions occidentales chancellent...

17h30, A peine ombre

De Nazim Djémaï et Geneviève Carles. La Borde, vaste domaine où Felix Guattari et Gérard Oury ont mis en chantier dans les années 1950 le courant de la «psychothérapie institutionnelle». Une philosophie : contenir sans enfermer, marquer l’espace de repères pour que les pensionnaires s’y orientent. Ceux qui l’entourent : des esprits et des corps qui cherchent à négocier avec la maladie.

Débat avec Geneviève Carles, réalisatrice

21h, L’Escale

De Kaveh Bakhtiari. L’escale est l’histoire d’une rencontre. Celle de son réalisateur, Kaveh Bakhtiari, cinéaste Irano Suisse, avec son cousin et ses compagnons de route. Des clandestins confinés à Athènes où ils ont échoués après que leurs passeurs les aient laissés en plan, ils se terrent dans un sous-sol en cherchant fébrilement le moyen de poursuivre leur odyssée vers d’autres pays Occidentaux. C’est une immersion dans l’univers de la clandestinité où s’entremêlent l’espoir, la solidarité, la peur, les rires, le courage et la dure confrontation à la réalité d’un monde toujours plus hérissé de murs. L’étiquette de «criminels» qui leur colle à la peau depuis leur entrée dans l’espace Schengen les blesse et les humilie. Pour eux, pas de première ou de deuxième classe, seulement la classe «illégaux».

Dimanche 29 mars, 14h, In fact, somos todo (avant-première).

Film co-réalisé par des adolescents de Saint Jean du Gard (projet Abraham Mazel en partenariat avec l’Oustal, Orian Bentaala, Isabelle Bourgueil, Philippe Simon, réalisateurs, et Christian Ugolini, montage).

En 2014, les ados avaient participé à la réalisation de « Le bonheur ,au lit et à la ligne » Cette année, c’est eux-mêmes qui ont tenu la caméra

et réalisé le film, aboutissement d’une formation et d’une réflexion sur leurs origines.

15h, Les gracieuses

De Fatima Sissani. Les Gracieuses : Myriam, Sihem, Khadija, Kenza, Rokia et Leïla. Six copines qui se connaissent depuis l’enfance et ne se sont jamais quittées. Elles vivent dans la même cité HLM de la région parisienne qui les a vues grandir. Six jeunes femmes entre 21 et 28 ans, fières et indépendantes, qui veulent qu’on les accepte avec leurs paradoxes et revendiquent le droit à la singularité. Filmant au quotidien leur amitié aussi généreuse qu’exigeante, la réalisatrice nous fait partager leur vision de la religion, des relations hommes/femmes, de la politique, du travail, de la sexualité. Et dès que l’on croit tenir un stéréotype, elles le font voler en éclats.Un regard sur la banlieue.

Débat avec Fatima Sissani, réalisatrice

17h, Nous jetterons la mer derrière vous

De N. Aubry, A. Mangeat, C. Juillard & J. Gomas. Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, on jette de l’eau derrière celui qui s’en va pour qu’il revienne en bonne santé. On les appelle, migrants, kaçak, métanastes alors qu’ils sont Aziz, Sidiqi, Housine, Younes. Nous traversons avec eux ces villes non-lieux et ces zones frontières, grandes comme des pays entiers. Du foyer au chaos de la Grèce en crise, en passant par les rues d’Istanbul. En filigrane de ce voyage, les rêves, les espoirs qu’ils portent. Il n’en est qu’à son début, et ne trouvera peut-être jamais de fin. C’est l’histoire d’une Europe, de ses réalités, de ses frontières et de ses polices. C’est une histoire d’exil.

Débat avec Anouck Mangeat réalisatrice

Soirée exceptionnelle

Projection de deux grands films présentés et commentés par Philippe Simon, réalisateur et critique de cinéma

20h30, Les maîtres fous.

Le documentaire illustre les pratiques rituelles de la secte religieuse des Haoukas pratiquées par les immigrés pauvres d’Accra (Ghana). Ces rites consistent en l’incarnation par la transe des figures de la colonisation (le gouverneur, la femme du capitaine, le conducteur de locomotive, etc.) et s’organise autour d’une confession publique, de chorégraphies frénétiques et de sacrifices d’animaux (poules, chien).

21h30, Ellis Island - Traces

Ellis Island: une île située juste en face de Manhattan, la plate-forme d’accueil des migrants européens vers les Etats-Unis. 16 millions y sont passés entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, pour un séjour plus ou moins long suivant s’ils ont eu la fortune de ne pas être malade ou suspect. Ellis Island, sorte de purgatoire laïc, antichambre du rêve américain, a été surnommée dans toutes les langues des migrants «l’île aux larmes ». L’île a vu des espoirs déçus, des attentes interminables, des séjours en hôpital, des séparations à l’intérieur même des familles. Après une traversée très éprouvante dans les cales en 3e classe, il arrivait que l’on ne soit jamais autorisé à fouler le sol américain et qu’on soit réduit à contempler la statue de la liberté à distance, depuis l’île.

Elodie Boschet

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