Nîmes est une ville d’Art et d’Histoire et, via son site internet, on peut découvrir quelques belles choses en ce début d’année. Si le combat des femmes pour leurs conditions de vie et leurs droits commence à devenir ancien, c’est à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, avec la diffusion des valeurs républicaines, que s’intensifie la remise en question du modèle patriarcal.
Désireuses d’obtenir leur autonomie financière grâce à l’éducation, les femmes réussissent progressivement à renverser les interdictions et à s’imposer dans la société comme égales des hommes.
Même si elles ont marqué l’histoire de la ville, on rencontre peu de traces de leurs existences. Quelques noms de rues, quelques bâtiments publics, souvent des écoles, rappellent le rôle de certaines d’entre elles. Quant aux plus nombreuses, ouvrières, paysannes, jardinières, bugadières, domestiques… elles appartiennent à la foule des innommées de l’histoire.
Marie Soboul, engagée sur tous les fronts. Une école primaire située dans la rue Rouget de Lisle affiche fièrement sur une plaque de marbre le nom d’une Nîmoise pédagogue et républicaine. Dans les années 1930, Marie Soboul est considérée par sa hiérarchie comme l’une des meilleures directrices d’École normale de France. Femme de devoir, elle prend en charge l’éducation de ses neveux devenus orphelins. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entre dans la Résistance et participe à la libération du pays sous le pseudonyme de Valérie.
Née en 1884 dans une famille d’agriculteurs ardéchois, Marie fait ses études à l’École normale d’institutrices de Privas puis entre à l’École normale supérieure primaire de Fontenay-aux-Roses. En 1928, elle assure la direction de l’ENI (École normale d’institutrices pour filles) de Nîmes et enseigne aux futures institutrices la psychologie, la sociologie, la pédagogie et la philosophie. Pédagogue exemplaire, elle défend un idéal qui repose sur la défense des valeurs républicaines et laïques. Dès le début de sa carrière, elle milite dans des mouvements pacifistes et des organisations créées par le Front Populaire.
Elle adopte ses neveux Albert et Gisèle Soboul, orphelins de guerre, et leur transmet le sens de la dignité, de la fraternité. Ces valeurs morales, le gout de la philanthropie, l’attachement à la République, sont les références qu’elle leur transmet et qui contribuent à la vocation du grand historien de la Révolution française que fut Albert Soboul.
Le gouvernement de Vichy ferme les écoles normales. Marie Soboul s’engage très tôt dans la Résistance locale et participe sous le pseudonyme de Valérie au Mouvement de Libération nationale. De septembre 1944 à octobre 1945, le Comité départemental de Libération dirige la ville au titre du MLN.
Militante à la SFIO, elle fut, avec Gilberte Roca, conseillère municipale de Nîmes de 1947 à 1959.