Comme chaque année, c'est une Lasalloise, Violette en l'occurrence, qui assure l'affiche du festival. Une circassienne, profession qui cadre bien avec le thème du festival, "Sur quel pied danser", qui relève autant d'un choix à faire que d'un équilibre à trouver. Dans le monde actuel, auquel le festival offre un miroir subjectif, la précarité de l'équilibre a même tendance à s'accentuer. "C'est une tradition du festival de donner le thème avant la programmation", explique Nicolas Bole, nouveau directeur artistique et de production.
Entre les trois sites de projection du temple, du foyer et de la Filature, 32 films trouveront leur place, dont trois avant-premières et une rétrospective de Denis Gheerbrant. "Il y a cinq programmations par jour, treize films de la sélection générale passent deux fois." Si le thème est vaste, "la sélection n'est pas thématique. Il s'agit de montrer le monde tel qu'il est, dans ses combats."
Récits de cancers du sein avec L'Amazone ; documentaire sud-africain sur les vestiges de l'apartheid avec Where two oceans meet ; l'histoire d'une famille de neuf enfants racontée par les siens, aujourd'hui âgés de 75 à 85 ans, dans Fratrie... Chaque film présenté l'est en présence de la réalisatrice ou du réalisateur.
Ce sera aussi le cas de la rétrospective consacrée à Denis Gheerbrant, autour de cinq de ses films choisis dans une activité de quarante ans. "Il y a notamment le premier et le dernier des films", précise Nicolas Bole, qui qualifie le réalisateur de "cinéaste-arpenteur qui conserve une focale fixe, et a donc besoin de s'approcher des gens pour les filmer".
Trois avant-premières sont aussi au programme. Un véritable combat pour le festival qui, avec 80 000 € de budget, se démène pour garder une programmation pointue. Avec succès puisque, d'après Nicolas Bole, le bébé de l'ancien maire, Henri de Latour, a ses lettres de noblesse dans les salons parisiens. S'il est sorti dans peu de salles ce 6 mai, le documentaire Collapse vient en avant-première à Lasalle, en présence d'un des personnages du film. Ou "comment parler d'un enfer qui est à portée de main", explique la réalisatrice, Anat Even, qui a grandi dans un kibboutz proche de Gaza et a assisté, impuissante, au bombardement de la zone après le 7 octobre 2023. Dans All my sisters, trois jeunes Iraniennes sont filmées par leur oncle. Enfin, Tango sin medio, réalisé par une Lasalloise, illustre l'instrumentalisation politique du tango contemporain en Argentine où elle a vécu pendant sept ans.
Cinq séances relèveront d'un partenariat local, comme le film L'affaire Abdallah de Pierre Carles. Pour la 12ᵉ année, DOC-Cévennes prévoit un focus québécois, avec trois films "très différents". "On va aussi essayer de développer et de pérenniser un partenariat avec l'Agence unique Occitanie culture", espère Nicolas Bole. Deux documentaires reviendront aussi sur la lutte - victorieuse - contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dix ans après. Enfin, un hommage sera rendu à Frederick Wiseman, décédé en février dernier, avec Law and order, documentaire de 1969 qui met en évidence le racisme de la police de Kansas City et fut programmé lors du premier festival DOC-Cévennes, en 2002.
Un ciné-concert est aussi au programme. Une performance "poésie-jazz-punk", L'issue animale, sur des images du fonds de l'institut Jean Vigo. Quatre concerts sur la place doivent mettre fin à chaque journée. Le documentaire prendra aussi la forme théâtrale avec la pièce documentaire Les Imprudents d'Olivier Bertrand, en clôture, le 16 mai. Ou le récit d'une histoire vraie, un massacre perpétré par les Allemands en mars 1944, dans un hameau d'Ardèche. Les quinze habitants ont été tués, mais on découvre seize corps...
Enfin, deux séances sont programmées pour la traditionnelle séance lasalloise, qui permettra de viser, en deux fois douze minutes, le travail des écoliers lasallois et de ceux du centre de loisirs au cours de l'année.
La billetterie des séances ouvrira directement sur place dès le mercredi 13 mai. Nicolas Bole espère pouvoir mettre en place une billetterie sur le site internet dès l'année prochaine, ce qui devrait permettre d'éviter de se casser les dents sur une séance complète. Mais face à une programmation aussi riche, il ne faut en rien regretter de tenter sa chance...
Informations plus en détail sur le festival à retrouver ici.