Cette édition 2026 comptabilise environ 150 événements dans 128 communes, dont 9 dans le Gard. Au total, 600 artistes interviendront durant les festivités. Des chiffres qui traduisent l’importance accordée à ce festival, qui fait vivre des cultures qui tendent parfois à être oubliées. En partenariat avec la ville de Nîmes, Paloma, Rêves du 22 mars et l’école de la Calandreta, le partage et la visibilité des cultures occitanes et catalanes s’articulent autour de multiples temps forts.
La Fête du pois chiche cultive ses racines
À Montaren-et-Saint-Médiers, du 29 au 31 mai, se déroule la Fête du pois chiche. Au début du XXe siècle, le pois chiche était cultivé dans le coin, puis exporté à Paris. Un ancrage dans le territoire qui perdure, puisque cette fête est de retour en 2026. Emma Ansaldi, la coordinatrice de l’événement, explique : « Cette année, on a décidé d’écrire la fête autour de moments rituels, des concerts, des spectacles, comme il se passe d’habitude, mais aussi pour signifier aux gens qui viennent à la fête que célébrer, ce n’est pas quelque chose d’anodin. »
Un espace populaire et collectif, desservi par des navettes gratuites circulant entre plusieurs villages, afin d’élargir l’accès aux quatre sites de l’événement. Des concerts sur la scène de la Guinguette, en partenariat avec la Femad (Fédération des musiques actuelles du Gard), un show de drag queens, le musée international du pois chiche, un concours de recettes puis l’embrasement du pois chiche… Autant d’activités à découvrir que de valeurs qui fusionnent : « On est un peu sur la promotion d’une fête sûre et bienveillante envers toutes et tous. Et ça se retranscrit aussi dans la programmation, parce que finalement, il y en a pour les petits, les grands, les moins grands. Il y en a pour ceux qui aiment faire la fête et ceux qui aiment être au calme », détaille Emma Ansaldi.
La lenga que liga, « la langue qui lie » en occitan
Les festivités se poursuivent à Nîmes du 29 juin au 3 juillet. Dans un tout autre registre, La lenga que liga est portée par Gabrielle Baille, de la compagnie Rêves du 22 mars. « Nous partirons du quartier Valdegour pour arriver à la Calandreta, en construisant un parcours artistique accessible au grand public, familial et majoritairement non occitanophone, avec la volonté de les inviter à partager cette culture que nous chérissons particulièrement », explique-t-elle.
Au programme : lectures chez l’habitant, conférences, ateliers d’oralité, concert du groupe Cocagne ou exposition à la Calandreta… L’événement tend à fédérer grands et petits autour de cette langue oubliée, comme l’affirme Gabrielle Baille : « La volonté que l’on a cette année avec ce projet […], c’est vraiment de revendiquer que la langue occitane n’est pas une langue du passé, mais une langue de lien qui peut unir les quartiers, les générations et les imaginaires. Et on veut faire circuler la langue et faire circuler les mondes qui gravitent autour. »
Une langue en quête de transmission
En dehors des écoles Calandreta, des établissements scolaires associatifs et franco-occitans, il existe seulement deux collèges occitans sur la façade méditerranéenne, situés à Montpellier et à Pau. Mais le manque de moyens et de motivation n’est pas une fatalité, puisqu’une section occitan va ouvrir en septembre prochain au collège du Mont Duplan, à Nîmes.
Afin de réintroduire la culture occitane chez les nouvelles générations, le Total Festum s’arrêtera à Saint-Ambroix avec un panel de totems. Sa course se poursuivra aux Rencontres de Salinelles, un événement littéraire, mais aussi à Sauve avec la Fête des violons, pour élargir le champ des découvertes.