À écouter les trois hommes qui se présentent à la barre du tribunal nîmois, un grand malentendu règnerait autour de ce dossier. Un copain, dont ils ne connaissent malheureusement ni le nom, ni l’adresse, leur aurait demandé d’aller récupérer des baignoires qui servent d'abreuvoir aux chevaux sur un terrain à Redessan le 14 janvier dernier. Le trio s’exécute. Problème : les propriétaires des baignoires en question ne sont pas au courant. Un voisin, étonné de voir trois hommes remplir un fourgon de baignoires, alerte les policiers qui interpellent les voleurs autour de 12h30.
Huit mois plus tard, devant le tribunal, Lorenzo, père de famille de deux enfants et condamné à quatre reprises, tombe des nues et ne comprend pas l’accusation de vol : « Nous, les gens du voyage, c’est notre gagne-pain . On est pas là pour voler. Peut-être que c’est un monsieur qui n’aime pas les gitans. Il nous a laissé prendre et après il a porté plainte. » Son frère, Brian, 25 ans, quatre condamnations également, est le plus prolixe des trois. Il plaiderait presque la démarche écoresponsable : « On s’est dit que c’était bien de débarrasser pour que ça ne traîne pas là, n’importe comment au bord de la route. »
La procureure Zinev Boukir n’est pas du tout convaincue par les multiples arguments avancés par le trio. « À les écouter, ils ont voulu rendre service à la communauté. Vous ne pouvez donner aucun crédit à leur déclaration », lance-t-elle avant de requérir six mois de prison ferme pour chacun d’entre eux. Le tribunal suit les réquisitions.