En novembre 2024, un jeune de 13 ans se rend dans un service psychiatrique car il ne va pas bien. Il raconte au médecin qu'il a été victime d'un viol de la part de son éducateur, un homme qu'il connait depuis des années. Ce dernier serait venu le chercher pour un spectacle. Les faits d'abus sexuel se sont déroulés, d'après l'adolescent, suite au récital.
L'éducateur a été mis en examen en février dernier après de longs mois d'enquête. L'adulte a usé de son droit au silence devant le juge d'instruction. Il nie le viol, mais a avoué "une relation privilégiée" avec ce garçon qu'il suivait depuis plusieurs années. Un mis en examen qui a fait l'objet en 2021 d'une autre procédure suite à la plainte d'un ami qui l'accusait d'avoir mis un somnifère dans son verre… Une procédure classée sans suite par le parquet d'Alès, car l'infraction était insuffisamment caractérisée.
"Il conteste le viol de cet adolescent", affirme son conseil maître Hugo Ferri. "Le plaignant a eu une enfance difficile et l'expert dit qu'il n'est pas possible de lier le traumatisme de ce garçon avec un comportement imputable à mon client", poursuit le pénaliste nîmois.
"Les déclarations de monsieur sont en totale contradiction avec celles du mineur", estime l'avocat général Dominique Sié qui demande la confirmation de l'ordonnance, c'est-à-dire que le mis en cause reste en prison. "Il faut éviter le moindre contact avec un mineur fragile alors qu'il a déjà essayé d'entrer en contact avec ce garçon", poursuit le représentant du ministère public.
"Je suis innocent, c'est un crime que je n'ai pas commis", ajoute du box le mis en examen, âgé de 25 ans. Un homme qui saura demain s'il reste en détention provisoire ou si la cour d'appel décide de le placer sous contrôle judiciaire.