De nouveaux faits d’incendies de grande ampleur sont survenus ces derniers jours dans les secteurs de Rochefort-du-Gard et de Lédenon, vallée du Rhône, engendrant notamment des entraves à la circulation sur l’autoroute A9 et la destruction de centaines d’hectares de végétation. "Chaque départ de feu conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire aux fins d’identifier les causes de l’incendie et d'identifier d'éventuelles responsabilités en matière pénale", assure la procureure de la République de Nîmes. Elles ont été confiées au groupement de gendarmerie du Gard.
La piste accidentelle à Milhaud, Pujaut et Roquemaure
À ce jour, le feu déclenché sur la commune de Milhaud semble toujours relever de la piste accidentelle, par départ de feu du côté de la végétation située à proximité immédiate d’un entrepôt de palettes dans la zone industrielle. Il en va de même pour les incendies de Pujaut et de Roquemaure pour lesquels, à ce stade, la piste accidentelle reste privilégiée.
S’agissant des départs de feux survenus la nuit dernière dans le secteur garrigue de Poulx, Cabrières, Nîmes et Saint-Gervasy, une enquête judiciaire est ouverte afin de déterminer les causes de ces incendies. Aucune hypothèse n’est exclue s’agissant d’un feu déclenché dans des chemins de garrigue en pleine nuit. L’incendie survenu à Rochefort-du-Gard est parti d’une remorque de poids lourd transportant des bobines électriques. Il s’est propagé sur environ 60 hectares de végétation, impactant la circulation sur l’autoroute A9 et des évacuations par prévention avant réintégration le soir.
"Impossibilité à se trouver sur les lieux des faits"
L’incendie survenu dimanche 5 juillet sur les communes de Lédenon et Bezouce, à proximité du circuit de Lédenon, a parcouru 540 hectares et détruit deux maisons d’habitations individuelles, générant l’évacuation de 100 personnes. Une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les causes de l’incendie. "Dans ce cadre, deux personnes ont fait l’objet de placement en garde à vue avant d’être relâchées, la preuve de leur impossibilité à se trouver sur les lieux des faits au moment des départs de feu étant rapportée", souligne Cécile Gensac.
Il est à noter que tout feu, dès lors qu'il est d’envergure ou que les circonstances laissent présager une action de la main de l’homme, volontaire ou involontaire, fait l’objet d’une ouverture d’enquête judiciaire et d’une enquête technique et d’environnement. La brigade de recherche des causes de l’incendie, armée de spécialistes, intervient dès que le site est sécurisé, et donc en décalage avec l’intervention des pompiers.
La procureure de la République alerte sur l’impérative nécessité de respecter la règlementation en termes d'obligation légale de débroussaillement autour des maisons situées dans une zone forestière ou en lisière de garrigues afin de minorer les risques d’incendie des habitations, et de faire preuve de civisme et responsabilité dans les utilisations d’appareils susceptibles de générer des étincelles ou des mises à feu, y compris par des mineurs et à l’approche de la fête nationale. Un arrêté préfectoral restreint et permet la répression de comportements de non-respect des mesures de prévention liées aux risques incendie, indépendamment du déclenchement d’un feu. En outre, l’établissement d’une responsabilité implique, outre la sanction pénale, la réparation du préjudice également écologique en vertu du code de l’environnement, avec une compensation globale sur plusieurs années.