Lui évoque des persillades, des herbes de Provence et des sauces. La justice lui répond : trafic de drogue et détention de cannabis.
Cette affaire débute le 3 janvier dernier avec la police nationale qui effectue une descente dans un immeuble de la place Corot, dans le quartier de Pissevin à Nîmes. Les forces de l'ordre sont accompagnées d'une équipe cynophile avec un chien "stups" qui marque à la porte du troisième étage. Immédiatement, une perquisition est décidée. Mais alors que les policiers fouillent l'appartement, des cris sont entendus dans l'immeuble. Un appartement de l'étage du dessus est en feu, des fumées sont visibles de l'extérieur et les pompiers sont appelés à la rescousse. Une dame sera même bloquée au cinquième et sauvée par les soldats du feu. Le logement sinistré, propriété du bailleurs "Un toit pour tous" est ravagé : 80 000 euros sont prévus pour le remettre en état locatif.
Incendie accidentel ou volontaire...
Mais, rapidement, la thèse de l'incendie volontaire prend forme. "Lors de l'opération anti-stupéfiants, le locataire a entendu la police faire la perquisition juste en dessous de chez lui. Il a voulu effacer les traces de stupéfiants chez lui", estime le procureur David Malicot qui demande 4 ans de prison contre le chef de cuisine qui comparaît cette semaine détenu à l'audience de comparution immédiate. Les policiers ont saisi, sur la table de son appartement, plus d'un kilo de cannabis et ils ont retrouvé des sachets de conditionnement de drogue et une balance.
Et, pour les réponses au tribunal, le prévenu a des répliques savoureuses. Pour les sachets qui servent à conditionner la drogue, il s'agit de sachets pour stocker la "persillade" et les herbes de Provence, mais surtout pas le cannabis. Des réponses épicées qui ne sont pas du goût du procureur Malicot qui ne croit nullement aux salades servies par le cuistot. "Je vous demande de retenir la culpabilité. Un sachet avec un contenu de 4 ou 5 grammes ne permet pas d'y mettre de la persillade, mais de la drogue", tacle le procureur. De plus, un accélérateur de feu a été retrouvé dans l'appartement avec de l'alcool à brûler... "Mais pas du tout, il s'agit d'huile de tournesol !", lance le cuisinier depuis le box.
"On dit qu'il a mis le feu dans son appartement, mais c'est une allégation, rien ne dit qu'il y avait cet alcool à brûler dans la bouteille. Il n'y a pas eu d'analyse et nous n'avons aucune certitude (...) De plus, il a payé cher cet incendie car il a été évacué à l'hôpital et il était sous oxygène", plaide pour le prévenu maître Arnaud Lemoine. Le mis en cause se définit comme "malade et addict" au cannabis.
Le tribunal correctionnel de Nîmes n'a visiblement pas pris en compte les éléments culinaires mis en avant par le trentenaire pour sa défense... Il a été condamné à 3 ans de prison ferme avec un maintien en détention.