Publié il y a 1 h - Mise à jour le 07.05.2026 - Propos recueillis par Corentin Corger - 3 min  - vu 2577 fois

NÎMES EN FERIA Nicolas Delprat : "Le gros décor ne sera pas installé"

nimes feria vendanges day 2 (yp)

Le décor du Victor Hugo a la feria des vendanges 2025

- Photo Yannick Pons

Lieu incontournable de la feria nîmoise, le bar Le Victor Hugo n’affichera pas cette année son décor habituel. Son patron, Nicolas Delprat, explique avoir dû revoir ses ambitions à la baisse après les nouvelles règles mises en place par la municipalité pour cette feria de Pentecôte du 21 au 25 mai.  

Objectif Gard : Ce matin, vous avez informé la ville de Nîmes pour lui signifier que vous n'installerez pas votre décor majestueux lors de la feria. Pourquoi ?

Nicolas Delprat : Au vu de la surface commerciale qui m’a été attribuée, je n’ai plus la capacité financière pour financer tout le montage. J'ai moins de mètres linéaires de comptoir. Je n'ai pas eu l'aval pour l'extension devant Big Fernand, ce qu'on appelle le "comptoir des fous". Forcément, économiquement, ça change énormément de choses. Quand je me suis posé tranquillement pour réfléchir et analyser la situation, je me suis dit qu’il fallait penser comme un entrepreneur.

Concrètement, qu’avez-vous décidé ?

Je vais clairement revoir les ambitions à la baisse. Le gros décor prévu sur la façade avec les écrans LED ne sera pas installé, je n'ai pas les moyens. On va faire beaucoup plus simple. Quelques lumières, peut-être un peu d’habillage, mais on va passer d’un gros dispositif à quelque chose de beaucoup plus léger, type guinguette, qui rentre dans un tarif acceptable.

"Quand tu coupes la musique, la consommation s’arrête"

Pourtant, la mairie ne vous a pas interdit ce décor…

Non, pas du tout. C’est important de le préciser. La mairie ne m’a pas interdit de mettre le décor. C’est un choix économique de ma part. Il faut comprendre qu’un décor comme ça représente un investissement énorme. Même si certaines structures m’appartiennent, tout le reste est loué : les écrans, le son, les lumières, les amplis, les ordinateurs… C’est du matériel professionnel de gros volume et coûteux. Et aujourd’hui, avec la réduction de surface et le contexte économique, je ne peux pas prendre ce risque. C'est un gros billet que je ne suis pas sûr de pouvoir assumer.

nicolas delprat
Nicolas Delprat • Photo Objectif Gard

Est-ce que l'obligation de baisser la musique pendant les corridas a joué dans votre décision ?

Oui, clairement. Quand mardi on nous a annoncé les nouvelles limitations sur la musique, ça m’a aidé à prendre ma décision. Quand tu coupes la musique, la consommation s’arrête. C’est mon métier depuis 25 ans, je sais comment fonctionne une feria. Et honnêtement, 60 décibels, ce n’est quasiment rien. Quand je mets la musique en sourdine dans le Victor Hugo, on est déjà à 70 décibels. J’ai du mal à imaginer un début de soirée de feria avec une ambiance où on entend à peine la musique.

"Je n’en veux pas à la mairie"

Comprenez-vous le choix de la nouvelle municipalité de vouloir une feria "pour tous" et "apaisée" ?

Je comprends qu’ils cherchent un équilibre mais je pense qu’il faut aussi écouter les professionnels qui vivent ça depuis des années. Et puis une feria, par définition, ce n’est pas un endroit où on vient chercher le calme absolu. Après je n’en veux pas à la mairie. Il y a un nouveau fonctionnement, de nouvelles règles, je m’adapte. Je veux juste que les gens comprennent que si je ne mets pas le décor cette année, ce n’est pas pour faire une polémique. C’est simplement parce qu’économiquement, ça n’a plus de sens pour moi.

Avez-vous le sentiment que cela peut avoir des conséquences sur l’avenir de la feria ?

Oui, c’est ce qui m’inquiète le plus. Depuis des années, beaucoup d’établissements ont énormément investi pour faire monter le niveau de la feria. On a créé de beaux comptoirs, des décors, des animations, on fait venir des DJ, on proposait quelque chose de qualitatif. Mais quand tu serres la vis d’un coup, les professionnels vont réduire leurs investissements. Moi le premier. Donc forcément, la feria risque d'être moins impressionnante et moins attractive.

"C’est la première fois en 25 ans qu’une feria va clairement m’aider à boucler mon bilan"

La situation économique actuelle a-t-elle aussi un impact ?

Énormément. On sort d’un hiver très compliqué pour les commerçants. Et moi, c’est la première fois en 25 ans qu’une feria va clairement m’aider à boucler mon bilan. Donc aujourd’hui, je ne peux pas me permettre de miser énormément d’argent sans être certain de pouvoir tout payer derrière.

Néanmoins, restez-vous optimiste ?

Bien sûr, je vais continuer à travailler pour que la fête soit belle. Je vais m’adapter, trouver des idées, revoir l’organisation. Je connais mon métier et je sais qu’il faut savoir évoluer. Cette saison, j'ai tenu gracieusement et bénévolement les buvettes du Nîmes Olympique aux Antonins. Je n’ai rien demandé au club, cela m’a rapporté zéro mais je l’ai fait car j’aime ce club et surtout ma ville. Alors pour la feria, je ferai en sorte que les gens puissent continuer à faire la fête.

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