Publié il y a 7 mois - Mise à jour le 22.08.2023 - Abdel Samari - 4 min  - vu 13687 fois

NÎMES Décès d'un enfant de 10 ans cette nuit à Pissevin : ce que l'on sait ce matin

Le quartier de Pissevin

- Photo archive Objectif Gard

Une nuit meurtrière à Pissevin, un enfant de 10 ans est décédé.

Il est 23h30 quand les coups de feu retentissent au niveau du chemin des arts dans le quartier de Pissevin. À proximité de la médiathèque Marc-Bernard, fermée depuis des mois en raison des trafics de drogue et menaces sur le personnel municipal. Un jeune militaire en permission rentre chez sa famille en voiture. Avec à son bord, deux de ses neveux dont le plus jeune a 10 ans. Ils vont être les victimes d'une guerre de territoire entre Valdegour et Pissevin. Le conducteur reçoit trois balles. Et l'un de ses neveux, le plus jeune, une balle. 

Pris de panique, et grièvement blessé, le conducteur prend la direction du CHU de Nîmes. En arrivant aux urgences de l'établissement de santé, le militaire constate que la porte arrière était restée entrouverte. L'enfant, qui a reçu une balle, n'est tenu uniquement que par sa ceinture de sécurité. Il est héla trop tard, il a déjà perdu la vie.

Dans l'intervalle, quatre individus, dont l'un est l'auteur des tirs, ont pris la fuite à bord de leur véhicule. Ils sont toujours recherchés. 

L'émotion est immense à Nîmes depuis ce mardi matin. Richard Schieven, adjoint en charge de la Sécurité, déplore ce nouveau drame : "C'est affreux. Ce sont des victimes collatérales, ils sont là uniquement parce que la famille habite le quartier." Et l'élu de renvoyer la balle en direction de l'État : "En 10 jours, nous avons quatre blessés dans ces quartiers, trois mineurs et un jeune de 21 ans. Ce n'est plus possible, il faut absolument des renforts de sécurité."

La procureure de la république de Nîmes a confirmé rapidement les échanges de tirs intervenus au sein du quartier Pissevin situé à l’ouest de Nîmes, et le décès de cet enfant de 10 ans. Elle devrait selon nos informations organiser une conférence de presse délocalisée dans la journée.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est exprimé également : "Un enfant de 10 ans tué lors de ce qui semble être un règlement de comptes entre trafiquants. C’est un immense drame qui ne restera pas impuni. La police a déjà interpellé de nombreux trafiquants ces dernières semaines et va intensifier sa présence avec fermeté." Toujours selon nos informations, des forces venues de Marseille devraient être déployées d'ici la fin de journée dans le quartier nîmois...

Le député RN Yoann Gillet lui a répondu : "Colère profonde ce matin en apprenant la mort de ce très jeune garçon. 3 jours consécutifs de tirs à Nîmes. Des années que la situation sécuritaire s’empire. Et quelle réponse de l’État ? Aucune. Depuis des mois, je ne cesse d’alerter Gérald Darmanin."

Le sénateur Les Républicains Laurent Burgoa réagi très ému : "Les mots me manquent mais on a franchi l’invraisemblable. Comment peut-on s’en prendre à un jeune adolescent ??!!! Face au trafic de stupéfiants, c’est une guerre quotidienne qu’il faut mener. Toutes mes pensées vont à la famille de ce gamin à qui je présente mes plus sincères condoléances pour le drame qu’elle vient de subir."

Denis Lanoy pour le Parti communiste à Nîmes s'est aussi exprimé :  "Le drame survenu cette nuit à Nîmes, la mort d'un enfant de 10 ans, victime d'une fusillade démontre l'échec de la méthode Darmanin. Envoyer pour quelques heures, quelques jours, une compagnie de CRS ne permet pas de proposer des solutions qui permettent à la fois de lutter efficacement contre les trafics et les violences qui accompagnent ces trafics. Permettre de garantir la tranquillité publique, réclame un effort constant, une volonté constante. Entre autre, la permanence des services publiques est une priorité afin de garantir confiance et tranquillité. Ce drame plonge toute une famille dans le désespoir. Ce matin, c'est à cette famille qu'il importe d'abord de penser et de leur témoigner soutien et solidarité."

Enfin, le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier vient de prendre la parole : "Depuis de nombreux mois maintenant, le trafic de stupéfiants gangrène la situation des quartiers Pissevin-Valdegour. J'ai alerté à de nombreuses reprises les services de l'État de cette situation dramatique qui m’a d’ailleurs conduit à fermer, en juin dernier, la médiathèque Marc-Bernard pour la sécurité des agents et des usagers. Aujourd'hui, un nouveau cap intolérable a été franchi dans cette escalade de la violence et des règlements de compte entre trafiquants : un jeune garçon de 10 ans est décédé cette nuit. Je suis profondément choqué, attristé et révolté par ce nouveau drame, qui fait suite à une autre victime de tirs ces derniers jours. Je mesure la douleur insupportable des parents, j'adresse mes sincères condoléances à sa famille. Hier matin, lors de notre entretien pour sa prise de fonction, j'ai pu alerter M. le Préfet du Gard, Jérôme Bonet, de cette situation qui s'envenime de jour en jour et prend des proportions non maîtrisées. Dès cette nuit, des renforts de police ont été demandés au ministre de l’Intérieur. Si je salue ce geste nécessaire ce matin, et que je ne doute pas d’une réponse rapide et favorable de la part de Gérald Darmanin, je m'inquiète du caractère éphémère de la présence d’une compagnie de CRS. Que se passera-t-il une fois ces forces parties ? Nous avons bien vu que les renforts temporaires qui sont venus cet été n’ont, hélas, pas permis d’endiguer cette violence, ni d’empêcher de nouvelles victimes innocentes. Aujourd’hui je demande au Président de la République des solutions concrètes et pérennes face à cette situation devenue invivable. L’affectation à demeure d’une compagnie de CRS reste une priorité pour la Ville de Nîmes."

Abdel Samari

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