Tout à coup, la scène s’assombrit, une bande-son animalière et un orage qui gronde ouvrent le spectacle. Du poil, du poil, du poil ! Les panneaux poilus dressés en fond de scène rappellent le thème de Kiss The Beast, son dernier album paru au mois de janvier.
Embrasse la bête, Sébastien Tellier apparaît alors, dissimulé derrière sa longue chevelure, sa barbe, ses lunettes noires et sa casquette à strass. Il s'installe au clavier. Oui, cet ovni de la pop française est capable du meilleur comme du plus étrange.
Il déroule les classiques de sa discographie (Roche, Divine, La Ritournelle, L’amour et la violence) et les morceaux du nouvel album (Kiss the Beast, Parfum diamant...). Le concert pioche à la fois dans les classiques de Sébastien Tellier — Roche, Divine, La Ritournelle — et dans son dernier album Kiss The Beast, dont il interprète notamment Mouton, Naïf de cœur ou Refresh.
L'artiste s’installe au piano et lance l’instrumental Sexual Sportswear. Autour de lui, quatre musiciens — machines, basse et batterie — l’accompagnent dans une pop électronique ample et hypnotique. Le musicien se lève nonchalamment et allume une cigarette entre deux poses théâtrales. Domestic Tasks de joue dans une ambiance psychédélique, le public plane ensuite sur Parfum diamant. Gourou d’une pop déglinguée à paillettes, Tellier enchaîne avec le sensuel Roche, dans un décor psychédélique. Les panneaux se retournent et révèlent des miroirs. La Ritournelle est là, évidemment.
La reprise de Stunt (Mr. Oizo), plus brute et électronique que son répertoire habituel, réveille le public. Et puis Ham, guitare sèche, avant de dire au revoir.
Depuis plus de vingt-cinq ans, Sébastien Tellier explore une pop singulière, new wave, nourrie notamment par les synthés vintage et une esthétique qui rappelle autant la French Touch que la pop britannique. Multi-instrumentiste et figure singulière de la scène française, Tellier cultive ce mélange d’ironie, de sensualité et de poésie qui fait de chacun de ses concerts une performance particulière.