Chef de file à Nîmes pour La France insoumise, François Tardieu, ancien policier municipal nîmois, a décidé de prendre ses distances avec le mouvement local. Il annonce également voter pour Vincent Bouget dès le premier tour dimanche. Dans cet entretien, François Tardieu revient sur ses tensions avec le mouvement local et livre sa version des faits.
Objectif Gard : Vous avez décidé de quitter, au niveau local, le groupe nîmois des Insoumis. Pourquoi ?
François Tardieu : Depuis très longtemps, je mange mon chapeau. Il y a plus de deux ans, des réunions ont été organisées par l’ensemble des forces de gauche pour mettre en place ce qui a fini par s’appeler Nîmes en commun. Nous avions été invités à y participer. Nous n’étions pas très nombreux à vouloir y aller. Finalement, ma position n’a pas plu chez LFI au niveau local et on me l’a fait comprendre. Il y a plusieurs mois, lors d’une assemblée municipale du parti, il a été question de choisir le binôme chef de file pour les élections à Nîmes. Personne ne voulait s’y coller. J’y suis allé avec ma collègue Leïla Taamali.
Pourquoi la situation s’est-elle envenimée ?
À cause de mes positions, parfois en dehors du programme. Moi, par exemple, je suis contre le désarmement de la police. Mon expérience m’a permis de comprendre que c’était une très mauvaise idée. Rapidement, j’ai compris que certains voulaient faire en sorte que je ne sois plus chef de file. Et au moment du choix de la tête de liste, on m’a évincé. Je l’ai très mal vécu, car je me suis beaucoup investi, j’y ai même laissé ma santé. On m’a accusé de tout pour justifier mon effacement. Une procédure a même été engagée contre moi au sein du mouvement, pour des motifs scandaleux. On m’accuse d’être raciste, xénophobe, islamophobe et homophobe. Rien que ça.
Vous en avez parlé avec la tête de liste, Pascal Dupretz ?
Il est parfaitement au courant. Il a rapidement senti le malaise. Mais il n’a pas bougé. Ce sont quelques personnes, une poignée, qui ont décidé de la composition de la liste. Voilà la démocratie selon La France insoumise à Nîmes… Moi, je préfère me retirer pour des raisons de santé. Je préfère prendre du recul, car j’ai trop de respect pour nos parlementaires à Paris qui font le travail. Je pense à Manuel Bompard, le député de Marseille. Ils se battent tous comme des lions.
Quel sera alors votre choix pour le premier tour des municipales à Nîmes dimanche ?
Dimanche dernier, je me suis rendu au meeting de Vincent Bouget. LFI à Nîmes a très mal vécu ma présence aux côtés de Nîmes en commun et a décidé de me supprimer de toutes les boucles d’échanges sur les applications internes du parti. On considère mon acte comme une trahison et on me demande de quitter LFI. Pour une fois, ils ont raison. J’ai clairement signifié que je ne voulais plus rien avoir à faire avec eux. Je me retire définitivement de La France insoumise à Nîmes, tout en restant un insoumis au niveau national. Après, le national décidera ce qu’il veut. Peut-être qu’ils feront comme avec François Séguy et Jo Menut.
Est-ce que vous voterez pour Vincent Bouget et Nîmes en commun ?
Bien sûr. Parce que c’est le seul espoir à gauche et le seul vrai barrage à la droite et à l’extrême droite. Mon positionnement est celui-là.