Publié il y a 1 an - Mise à jour le 10.03.2023 - Boris De la Cruz - 2 min  - vu 8951 fois

NÎMES En plein procès, l'enfant battu par son père lui écrit : "Papa, je t'aime de tout mon coeur"

Un enfant frappé dans les rues de Nîmes, le papa condamné

Photo archives

Un homme, âgé d'une trentaine d'années, a été condamné à un an de prison ferme pour des violences sur son fils âgé de 6 ans. Le papa, condamné cette semaine par le tribunal correctionnel de Nîmes, écope également d'un mandat de dépôt à l'audience et d'un retrait de l'autorité parentale. 

Lorsqu'on le voit arriver frêle et souriant, mais également impressionné par le décor de la salle d'audience, il attire obligatoirement l'attention. Ce petit garçon, maintenant âgé de 7 ans, vient voir son papa et entendre les explications de ce dernier sur une scène de violence qui le concerne. L'enfant a été battu par son père en pleine rue, le 10 septembre dernier, sur la terrasse d'un bar près de la gare SNCF. Des témoins ont entendu le garçonnet crier et pleurer... Il était violemment giflé et a été immobilisé par son père par une balayette. Des témoins effarés ont décidé d'intervenir et d'appeler la police. Il faut dire que la papa ne paraissait pas dans son état normal. Cet homme était très largement alcoolisé. 

Lorsqu'il arrive devant la juridiction pour s'expliquer, son fils le regarde tendrement et en souriant. Le gamin, sur le banc des parties civiles, demande une feuille blanche à une dame qui l'accompagne, une administratrice ad- hoc de l’association Agavip ( Association Gardoise d'Aide aux Victimes d'Infractions Pénales et de Médiations). Placé depuis l'âge de trois ans, "cet enfant n'attend qu'une seule chose, un peu d'amour", estime maître Sylvie Laroche qui intervient pour la jeune victime. 

"J'étais au café avec lui et il m'a mis une gifle et un coup aux testicules. Je venais de sortir de l'hôpital et j'avais mal à la tête, j'avais été opéré", se défend le père de famille pour expliquer cette violence, alors que son fils de l'autre côté de la barre continue à écrire sur son bout de papier comme s'il voulait faire passer un message à son papa. 

"Sur votre casier on voit plusieurs condamnations monsieur, notamment pour des violences, comment les expliquez-vous ?", interroge le président du tribunal qui attend encore la réponse. L'homme est en état de récidive de violences dans ce dernier dossier. 

"Malheureusement, tous les enfants ne naissent pas égaux, on peut s'en apercevoir aujourd'hui. Voilà un petit garçon qui vient à l'audience pour entendre de la bouche de son père qu'il l'aime et qu'il s'excuse. Cet enfant aujourd'hui ne peut pas comprendre les propos de son père", poursuit maître Laroche qui décrit un enfant "d'une infinie gentillesse". 

"Vous êtes d'une lâcheté ! Vous défoncez, car c'est le mot, un enfant sans défense et vous venez dire je n'ai rien fait et il a menti, reprend le procureur. Mais il y a aussi des témoins qui dénoncent votre attitude. Vous l'avez pris pour un punching ball", complète le représentant du ministère public. 

L'enfant, lui, ne cesse de regarder son papa et autorise son avocate à lui lire les quelques mots posés sur la feuille blanche : "Coucou papa je t'aime de tout mon coeur". "Mais moi aussi je t'aime", finit par glisser le père qui repart du palais de justice entre deux agents pénitentiaires. 

Boris De la Cruz

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