Il était sorti de prison depuis quelques minutes lorsque cet homme a fait parler de lui. Il a menacé le salarié d'une banque sur le boulevard Victor-Hugo à Nîmes qui refusait, en avril dernier, de lui délivrer 200 euros… De l'argent qu'il n'avait pas sur son compte ! Cet homme de 39 ans, atteint de troubles psychiatriques, a comparu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour une série de menaces, violences, insultes et outrages.
Les plaignants sont nombreux, notamment sa conseillère en probation qu'il a suivie dans la rue, ses parents, des gendarmes. Les infractions ont été commises à partir de sa sortie de prison en avril dernier et pendant quelques mois. Le prévenu est ingérable lorsqu'il ne prend plus son traitement et s'excuse plusieurs fois à l'audience de son comportement. Mais il affirme que, maintenant, il suit les prescriptions médicales et qu'il prend la posologie mensuelle qui le stabilise.
Il a déjà été condamné à 10 reprises et était sous sursis au moment des menaces pour lesquelles il passait en jugement ce lundi.
"Monsieur est une bombe à retardement, il a déjà fait plusieurs dizaines de séjours en psychiatrie, surtout lorsqu'il ne prend pas son traitement", indique la procureure qui souhaite une peine de 18 mois de prison avec un mandat de dépôt immédiat et une révocation de son sursis à hauteur de 8 mois.
"Mais monsieur est un malade, il faut le prendre en compte. C'est un incapable majeur avec une curatelle qui est en place. J'ai l'impression que l'on oublie le principal dans ces dossiers, c'est-à-dire la maladie mentale", plaide son avocat.
Le tribunal a condamné le prévenu à 24 mois de prison, dont 12 mois avec un sursis probatoire. Il purgera sa peine ferme sous la forme d'un bracelet électronique.