Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.07.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 347 fois

TARASCON Une vaste tentative d'extorsion pilotée depuis la prison de Nîmes démantelée

Photo d'illustration de l'actuelle prison de Nîmes

- Photo : Coralie Mollaret

Des détenus utilisaient des téléphones portables introduits en détention pour menacer des commerçants et leur réclamer de l'argent. Deux femmes, venues récupérer le butin, ont été interpellées en flagrant délit.

C'est une enquête particulièrement sensible que viennent de boucler les policiers du commissariat de Tarascon. Une vaste opération de tentative d'extorsion de fonds, orchestrée depuis la maison d'arrêt de Nîmes, a été mise en échec après plusieurs jours d'investigations.

L'affaire débute le 15 juillet lorsqu'un commerçant de Tarascon pousse les portes du commissariat. Il explique recevoir des appels téléphoniques particulièrement inquiétants. Au bout du fil, son interlocuteur le menace de mort et exige la remise de 1 500 euros en espèces. Craignant un passage à l'acte, le chef d'entreprise remet immédiatement aux enquêteurs le numéro de téléphone utilisé.

Les premières investigations permettent aux policiers de remonter jusqu'à une origine inattendue : les appels proviennent de la maison d'arrêt de Nîmes.

Deux femmes arrêtées en flagrant délit

Les enquêteurs mettent alors en place un dispositif de surveillance autour du commerce. Peu de temps après, une première femme se présente pour récupérer l'argent réclamé. Elle est immédiatement interpellée et placée en garde à vue.

Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Quelques heures plus tard, une seconde femme se présente à son tour avec le même objectif. Elle est elle aussi arrêtée par les policiers.

Lors de leurs auditions, les deux suspectes expliquent avoir simplement exécuté les consignes de leur compagnon respectif, tous deux actuellement détenus à la maison d'arrêt de Nîmes.

Des téléphones découverts en prison

À la suite de ces révélations, des fouilles sont organisées dans plusieurs cellules de l'établissement pénitentiaire. Les investigations permettent de découvrir plusieurs téléphones portables qui auraient servi à organiser les appels et les tentatives d'extorsion.

Entendus à leur tour, les deux détenus reconnaissent leur implication tout en affirmant avoir agi sous la pression d'un troisième prisonnier, présenté comme le véritable organisateur de ce système.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le mode opératoire était bien rodé. Depuis leur cellule, les détenus recherchaient de petites entreprises locales grâce à des sites diffusant des informations légales sur les sociétés. Ils retrouvaient ensuite les coordonnées des dirigeants via des moteurs de recherche avant de les contacter pour leur réclamer de l'argent sous la menace.

Un système qui aurait fait plusieurs victimes

D'après les enquêteurs, cette organisation criminelle serait active depuis février 2026 et aurait ciblé de nombreux commerçants dans plusieurs départements, laissant craindre un nombre de victimes bien plus important.

À l'issue de leur garde à vue, les trois détenus impliqués ainsi que les deux femmes interpellées ont été déférés devant les parquets de Tarascon et de Nîmes. Les investigations se poursuivent afin d'identifier l'ensemble des victimes potentielles et de mesurer l'ampleur exacte de ce réseau d'extorsion.

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