La date est symbolique, mais loin d'être anecdotique. À l'origine de ce barrage filtrant mis en place ce lundi 8 juin, au matin, au rond-point Maurice-Étienne à Arles, l'Association de sauvetage des terres de Camargue et de Crau (ASTCC). "Nous avons été prévenus par RTE - Réseau de transport d'électricité, porteur du projet de création d'une ligne aérienne 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer - qu'à partir d'aujourd'hui et avec l'aide des préfectures du Gard et des Bouches-du-Rhône, ses agents et ses mandataires pouvaient entrer sur nos terres de jour comme de nuit, sans autorisation, pour faire des carottages, des sondages, des relevés de biodiversité", précise Carole Fort Guintoli, membre de l'ASTCC.
Et cela en préparation de la déclaration d'utilité publique. Une situation vécue comme "une infraction, une violation de la propriété privée" par les agriculteurs du territoire. Par ailleurs, "ces interventions ont lieu en pleine période de traitements phytosanitaires pour certains agriculteurs, c'est aussi la période de nidification de nombreuses espèces", complète Jean-Laurent Lucchesi, membre du Collectif THT 13/30.
Ce projet de ligne à très haute tension de 400 kV vise à sécuriser l’alimentation électrique de la région PACA et à accélérer la décarbonation de la zone industrielle de Fos-Étang de Berre. "Oui à la décarbonation mais non aux pylônes", plus de 160 exemplaires de 70 à 90 mètres de haut envisagés en plein cœur de la Terre d'Argence, de la Camargue et de la Crau. Le combat est bien là, le collectif THT 13/30 est même à l'initiative d'une solution alternative comprenant enfouissement et ensouillage maritime et/ou fluvial de la ligne en courant continu.
"Il y a un comportement autistique de la part de l'État. Et les raisons ne sont ni techniques ni objectives, mais politiques, indique Jean-Laurent Lucchesi. Macron veut être l'homme qui a relancé l'industrie en France : Dunkerque, Le Havre et Fos-sur-Mer. Il veut soigner son bilan. C'est pourquoi, il précipite les choses, pour que les travaux commencent en 2027." D’après les projections des opposants à la ligne aérienne, l’enquête publique devrait se tenir au troisième trimestre 2026.
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Dans ce contexte, la contestation se structure à la fois sur le terrain et sur le plan juridique. "On a essayé le dialogue, on a rencontré les services de l’État. On a eu espoir, on leur a montré que nous sommes constructifs, que nous avons des solutions. Mais tout est organisé pour que la décision soit prise rapidement", souffle Cyril Marès, président de la Copa 30 et de l’AOC Costières de Nîmes.
Il s’agissait donc d’une première action sur le terrain après des mois et des mois de réunions publiques et de débats ; à laquelle des riverains, des syndicats agricoles, des associations environnementales, des élus d'Arles, de Saint-Martin-de-Crau, de Beaucaire et de Bellegarde se sont joints. D'autres suivront. "La ligne ne se fera pas en aérien", martèle Cyril Marès. Un discours repris par l'ensemble des personnes mobilisées sur le rond-point Maurice-Étienne.