"ll n’y a pas de sauveur suprême, prolétaires, travailleurs sauvons-nous nous-mêmes." Tel est le message de la candidate Lutte ouvrière aux élections municipales 2026 à Arles. Anne Testud, 59 ans, employée dans le secteur du commerce, a rejoint l'organisation communiste il y a 40 ans. D'abord en Charente d'où elle est originaire, dans le Var, puis à Arles depuis sept ans. Numéro 2 sur la liste de Guy Dubost en 2020, elle a également pris part aux législatives en 2024 dans la 15ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône récoltant 0,81% des voix. La voici donc engagée en tête de liste pour les prochaines échéances électorales. Une liste pas tout à fait bouclée mais bien avancée, composée d'aides-soignants, d'ouvriers, de femmes de ménage, de gens à la retraite… "Celles et ceux qui représentent le monde du travail, qui connaissent les bas salaires, les mois (et non plus les fins de mois) difficiles, qui ont des difficultés à payer le chauffage, à réparer leur voiture…", précise Anne Testut.
L'existence de cette liste relève "d'une nécessité, dans un monde où le capitalisme est en train de devenir un prédateur sans masque, afin de donner une boussole aux travailleurs, la boussole de la lutte des classes, de s’unir et relever la tête pour résister au bourrage de crâne orchestré par les serviteurs zélés de la bourgeoisie", explique la candidate. Une voix, un message révolutionnaire que Lutte ouvrière portera seule, sans alliance pointant du doigt "les partis traditionnels, complices du capitalisme". "Partir seul n'est pas chose facile mais c'est une nécessité politique, il nous faut nous représenter nous-mêmes, exprimer nos intérêts", poursuit Anne Testut. Les municipales sont une tribune, la militante n’en attend pas de miracle, mais parie sur un sursaut à venir, provoqué par "la goutte de trop". "Les travailleurs exploités, mal payés, laissés pour compte, ces gens-là finiront par se révolter et supprimer les injustices et les inégalités perpétrées par le capitalisme. Ce n’est pas encore le cas, mais on prépare les consciences."
"On sait que la société est de plus en plus inégalitaire et injuste, martèle la tête de liste arlésienne du parti trotskiste, que les idées réactionnaires xénophobes et racistes, s’appuient là-dessus. Et sèment la division parmi les travailleurs. La division, elle avance, alimentée par la guerre économique, le monde dominé par les rivalités impéralistes et de plus en plus guerrier." Elle estime enfin que l'une des priorités est à l’organisation et à la structuration du mouvement, au nom de l’idée que les travailleurs doivent diriger non seulement leurs luttes, mais aussi l’ensemble de la société. "On s’adresse à tous ceux qui subissent la situation, ceux qui produisent, construisent, enseignent, soignent… Les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et ils ont les moyens de se défendre et de diriger la société qu’ils font déjà fonctionner."