Publié il y a 1 an - Mise à jour le 10.02.2023 - Thierry Allard - 2 min  - vu 427 fois

PONT-SAINT-ESPRIT La motion de soutien à la candidature de Tricastin pour l’EPR2 ne fait pas l’unanimité

Ce jeudi soir lors de la séance du conseil municipal de Pont-Saint-Esprit

- Photo : Thierry Allard

Le conseil municipal de Pont-Saint-Esprit était amené à se prononcer sur une motion de soutien à la candidature du site voisin de Tricastin (Drôme/Vaucluse) pour l’accueil de deux réacteurs nucléaires EPR de seconde génération (EPR2) ce jeudi soir. Et surprise sur ce territoire acquis à l’atome, la motion a été adoptée, mais pas à l’unanimité.

Lorsqu’on présente une motion devant une assemblée, c’est qu’on veut montrer un soutien (ou un rejet) franc et massif à un projet. Alors que le site de Tricastin est en balance avec celui de Bugey (Ain) pour accueillir une paire de réacteurs EPR2 dans le cadre du programme du nouveau nucléaire souhaité par l’exécutif, la mobilisation est en route. Que ce soit dans la Drôme, le nord du Vaucluse, l’Ardèche ou le Gard rhodanien, nombre d’acteurs politiques et économiques se sont d’ores et déjà positionnés pour le choix de Tricastin.

C’est dans ce contexte que la mairie de Pont, ville du Gard géographiquement la plus proche du site nucléaire de Tricastin, passait jeudi soir sa motion de soutien. Présenté directement par la maire Claire Lapeyronie, le texte parlait notamment de ce territoire « qui s’est développé depuis les années 1970 grâce et avec l’énergie nucléaire », des « dizaines de milliers d’emplois directs et indirects » et des « centaines de millions d’euros pour l’économie locale et le développement du bassin de vie » dus au nucléaire. Les questions d’ « indépendance énergétique » et de « production d’énergie propre pour l’avenir » sont également revenues.

Pas de quoi convaincre l’élu de la majorité Luc Schrive, « un peu désolé de briser l’harmonie probable » sur le sujet. Le conseiller municipal rappellera le projet de réacteur nouvelle génération Astrid, longtemps pressenti à Marcoule et finalement reporté aux calendes grecques, mais aussi le fait que « on demande un EPR2 alors que l’EPR de première génération n’est toujours pas mis en service » à Flamanville. Lui préfèrerait voir à Tricastin un réacteur d’une autre technologie, celle à sels fondus, plus opportune à ses yeux.

Et il ne sera pas seul à ne pas voter la motion, puisque l’élu d’opposition Munir Musa, fraîchement rentré au conseil, se positionnera lui aussi. « Je ne comprends pas pourquoi on n’arrive pas à changer de logiciel dans ce pays, il faut changer de doctrine et aller vers des énergies propres », estimera-t-il en évoquant la question des déchets nucléaires. La maire lui répondra que le nucléaire était important dans le mix énergétique du pays « si on ne veut pas revenir à la bougie » ; « Je ne demande absolument pas de revenir à la bougie », lui rétorquera l’élu d’opposition.

Finalement, la motion sera votée largement, mais avec l’abstention de Luc Schrive et l’opposition de Munir Musa.

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Des travaux d’urgence pour l’Hôtel-Dieu : Alors que le bâtiment de l’ancien hôpital de la ville est en train de changer de mains, la mairie a dû y faire faire des travaux d’urgence dernièrement. « Entre Noël et le Jour de l’An nous avons subi une avarie sur le toit de la chapelle de l’Hôtel-Dieu, des travaux d’urgence ont été nécessaires pour consolider les poutres affaissées et le toit », explique la maire, avant de préciser que lesdits travaux sont « quasiment finis. » Il y en a en tout pour un peu plus de 140 000 euros.

Thierry Allard

Bagnols-Uzès

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