Publié il y a 1 h - Mise à jour le 27.07.2026 - Stéphanie Marin - 3 min  - vu 260 fois

TARASCON "On a pris un coup de massue" : la liquidation judiciaire requise pour Fibre Excellence Provence

L'usine Fibre Excellence Provence est à l'arrêt depuis la fin du mois d'avril.

- S.Ma

L'offre de reprise de Matthieu Pigasse, conditionnée à l'aide de l'État, a été écartée par le tribunal de commerce de Toulouse.  

"Dégoûtés", "démotivés", "amers"... Et pourtant toujours au combat. Les salariés, qui se sont mobilisés ce lundi matin devant la sous-préfecture d'Arles, ont intensifié le blocage de l'usine Fibre Excellence Provence à Tarascon. "On ne va pas accepter de disparaître sans rien faire. On fera savoir au Gouvernement qu'il est responsable de cet échec", a déclaré Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT, à l’issue de l’audience qui s’est tenue aujourd'hui au tribunal de commerce de Toulouse.

>> À relire : FIBRE EXCELLENCE. Les salariés occupent l'usine et réclament "une réponse concrète de l'État pour sauver l'emploi"

L'offre de reprise portée par Matthieu Pigasse, soutenue notamment par les présidents des Régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, conditionnée à un soutien de l'État, a été rejetée. "Les mesures suspensives n'ont pas été levées", souffle Florian, délégué syndical FO chez Fibre Excellence Provence. La liquidation judiciaire a été requise pour le site de production de pâte à papier à Tarascon, qui compte 270 salariés (5 000 emplois indirects). Le tribunal de commerce de Toulouse rendra son délibéré ce mercredi 29 juillet. Un sursis a été accordé à l'usine de Saint-Gaudens, "qui aurait peut-être un repreneur", a indiqué Jean-Michel Bulinge. Un industriel a déposé une lettre d’intention pour reprendre uniquement ce site. Il doit désormais apporter une garantie de 2 millions d’euros dans un délai de 48 heures pour obtenir un sursis jusqu’à fin août et finaliser une offre de reprise crédible.

À Tarascon, un imposant amas de troncs d'arbres obstrue les accès susceptibles d'être empruntés par des camions. "Plus personne ne peut rentrer, notamment pour nous prendre les machines, des produits chimiques qui pourraient être revendus, souligne Florian. C'est un véritable blocage." Frédéric Sanchez de la CFDT ajoute : "On a pris un coup de massue. De ce que nous avons compris au tribunal, il n'y aurait plus d'espoir pour l'usine Fibre Excellence Provence."

Ce lundi, sur le site de l'usine Fibre Excellence Provence, à Tarascon. • S.Ma

Hubert, salarié depuis 2024, en est à sa deuxième fermeture d'entreprise en deux ans. "Macron dit vouloir réindustrialiser la France, voilà le résultat. Après des années de galère en intérim, tu signes un CDD, ça ferme. Tu retrouves ailleurs, tu commences en CDD, tu as ton CDI et c'est la même chose. Je suis désespéré." S'ajoutent désormais les nombreuses incertitudes qui pèsent sur l'avenir des salariés. "On va aller chercher ce qu'on peut aller chercher, notamment la portabilité de la mutuelle, des primes supralégales", assure Frédéric Sanchez.

Le délégué syndical FO, lui, veut malgré tout garder espoir, même s'il ne se fait guère d'illusion. "Le gouvernement peut encore agir, il a encore la possibilité de revenir dans la course afin de maintenir les deux usines et préserver les 660 emplois. Des propositions ont été faites, notamment la nationalisation temporaire qui permettrait de gagner du temps pour peut-être lever les conditions suspensives ou, le cas échéant, trouver un nouveau repreneur." Il poursuit, agacé : "Pendant le Covid, on nous disait que nous étions indispensables à la nation et là, tout le monde s'en fout. L'actionnaire a sa part de responsabilité parce qu'il n'a pas assez investi sur la diversification, mais l'État n'a pas arrangé les choses, notamment sur la question de l'approvisionnement en bois." Pour rappel, le groupe avait été placé en redressement judiciaire au mois d'avril.

La réaction de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie

"J’ai avant tout une pensée très émue pour les salariés du site de Tarascon ainsi que pour leurs familles. Avec la Région Sud, nous nous sommes battus à leurs côtés, contre vents et marées depuis 8 mois, pour tenter d’assurer la survie des deux sites. Je partage leur colère de constater que dans notre pays, malgré les promesses, il est si difficile de maintenir l’activité industrielle.

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Stéphanie Marin

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