Ce lundi, les élus ont tenu le dernier conseil communautaire de la mandature 2020-2026. Après un démarrage en trombe (relire ici), l’ordre du jour gargantuesque comprenait le bilan de la concertation préalable à l’élaboration d’un schéma de développement pour l’aéroport nîmois à l’horizon 2035. « C’est une délibération importante », souligne le vice-président au développement économique, Olivier Fabregoul. D’un coût d’environ 30 000 €, l’étude a associé l’ensemble des acteurs concernés (collectivités, entreprises, établissements de formation, sécurité civile…). « C’est ce qui explique peut-être l’absence totale de critique… Puisqu’il ne s’agit que des parties prenantes », pointe Vincent Bouget, président du groupe d’opposition La gauche unie et candidat aux municipales à Nîmes.
Transports, services et bâtiments à revoir...
Acquis par l’Agglo en 2024, l’aéroport compte 850 travailleurs et 200 élèves (lors des horaires de vols). Premier enjeu : la desserte jugée « insuffisante ». a concertation fait apparaître une volonté de mise en place de navettes, de cheminements sécurisés ou d’une réorganisation du stationnement. Les services sont aussi jugés insuffisants : restauration, espaces de convivialité, hébergement… Les équipements existants (hangars et locaux pédagogiques) sont perçus comme « sous-dimensionnés ou vétustes », en particulier dans la frange nord-est et limiteraient « la montée en puissance » du site.
Enfin, la sécurité civile apparaît comme le pilier fédérateur de la zone. Ajoutée aux entreprises aéronautiques (Sabena Technics, AVDEF, SDTS) et aux écoles de formation (Mermoz, Lycée Mistral), ce tissu « compose une identité économique singulière,mais encore fragile ». Suite à cette présentation, Olivier Fabregoul annone le dépôt, cette année, « d’un dossier de demande environnementale unique, ainsi qu’une DUP (Déclaration d’utilité publique) sur l’emprise de l’aéroport ».
« On ne peut pas dire que cette concertation apporte de grandes révélations… », tacle Vincent Bouget, qui s’interroge : « Comment demander une autorisation environnementale sans projet concret ? À quoi va servir la DUP (…) Qu’en est-il des travaux d’urgence ? Il faut éviter de perdre du temps parce que nous n’avons pas enclenché les bonnes autorisations au bon moment… Comme la zone 2 de Sabena. » Le maire de Garons, Yves Rodriguez, tente d’intervenir sur le parking : « C’est un véritable problème ». Les voyageurs ne voulant pas payer le parking se garent dans le village, générant des désagréments pour les habitants.
Olivier Fabregoul : « Tout le monde se tait quand on sait pas ! »
Face à ses interrogations, l’exécutif s’est visiblement senti incompris… « Le parking existe sauf qu’il est trop cher… Excuse-moi, c’est hors sujet ! », lui répond sèchement Franck Proust, président LR de Nîmes métropole et candidat aux municipales. Olivier Fabregoul rebondit, expliquant à nouveau : « Là, on parle du schéma, de ce que l’on veut faire de l’aéroport au moment où l’aéro-industrie est en train de donner des feux verts pour s’installer en France ! Nous sommes les seuls à avoir des hangars bord de piste… Regardons l’avenir ! » Franck Proust demande à Vincent Bouget quels sont les « travaux d’urgence ? ». L’élu dit parler « des lignes commerciales ». « Mais là, on est sur l’industrie et l’économie », répète Franck Proust.
« Arrête avec votre condescendance… Si vous aviez eu des résultats, vous pourriez la ramener. Mais là, ce n’est pas la peine », s’agace Vincent Bouget. « M. Bouget, jusqu’à présent, nous sommes corrects », répond Franck Proust. Sur les règles d’aménagement, le président justifie ses démarches administratives : « Sur les droits à construire en bord de piste, il n’y a pas de compensation environnementale. C’est sur le plan d’ensemble que nous demandons l’autorisation globale. Nous devons connaitre les droits à construire à proposer aux entreprises. » En parlant d’entreprise, Olivier Fabregoul revient sur Sabena, interrogeant Vincent Bouget : « Qu’est-ce qui ne va pas avec Sabena ? Je ne comprends pas. On a un plan avec une deuxième zone en réserve. L’environnemental a été obtenu… Vous savez mieux que moi ? Non ? Quand on sait pas, tout le monde se tait. »