Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.03.2026 - Propos recueillis par Stéphanie Marin - 3 min  - vu 211 fois

SAINT-GILLES Christophe Sevilla démissionne : "Je n'apporterai rien du tout dans l'opposition"

Christophe Sevilla annonce mettre un terme à sa vie politique.

- S.Ma

Sa décision est prise, sa lettre de démission a été remise, mardi, en main propre par un de ses collaborateurs. Christophe Sevilla, tête de liste "Terre de Saint-Gilles", arrivé deuxième aux élections municipales 2026 avec 8,86 % des suffrages exprimés, ne siègera pas dans l'opposition. 

Pour rappel. Dimanche dernier, Eddy Valadier a été reconduit dans ses fonctions de maire à Saint-Gilles, dès le premier tour des élections municipales, avec 83,81 % des voix. Derrière, loin derrière, Christophe Sevilla - élu sous les mandats de Roland Gronchi (1995-2008) et Eddy Valadier (2014-2020) - et son équipe ont récolté 8,86 % des suffrages, suivis de la liste PS-PCF conduite par Paul Gabriel (7,33 %). Le taux de participation s'élève à 53,45 %. Le conseil municipal d'installation se tiendra ce dimanche 22 mars, à 10h30, à la salle polyvalente Robert-Marchand.

ObjectifGard : Quelle est votre réaction après les résultats de l’élection à Saint-Gilles ?

Christophe Sevilla : Je ne m'attendais absolument pas à ce résultat-là. Je pense qu'on a fait une campagne digne, propre, même si le maire sortant, qui a été réélu, a pu dire le contraire. Je n'ai fait que ce que j'avais à faire et dit ce que j'avais à dire. Je félicite le maire d'avoir gagné avec ce score, qui malgré tout ne reflète pas la réalité du terrain, ni de la campagne menée par Monsieur Gabriel, ni celle que nous avons faite, selon moi. On a proposé un programme qui, à mon avis, était certes un petit peu choquant par rapport à certaines personnes ; mais on a eu le courage de le dire.

Était-ce volontaire ce côté "un petit peu choquant" de votre programme ?

Pas du tout. C'est le maire qui, avec malice, s'est engouffré là-dedans et qui a un petit peu détourné la réalité de ce que je proposais, notamment au sujet des arènes, un projet de longue date, que je n'ai pas sorti du chapeau pour la campagne.

Remettez-vous le scrutin en cause ?

Non, pas du tout, ce score je le respecte, je ne ferai aucun recours. Je n'ai aucune animosité envers qui que ce soit. Je m'attendais à un second tour, ou du moins à un écart plus réduit. Mais je ne veux pas remettre en cause ce scrutin. Ce que je peux mettre en cause toutefois, c'est le manque de votants. La participation, selon moi, pour une élection municipale, est on ne peut plus faible et toute abstention profite au maire en place.

Comment expliquez-vous cette abstention ?

Je pense qu'il y a un fort désintérêt des jeunes, très peu sont allés voter. Les jeunes ne se sentent plus concernés par la politique telle qu'elle est mise sur la place publique aujourd'hui. Ils ne se reconnaissent pas dans cette politique-là. Cette abstention qui est assez importante, même au niveau national, est quelque chose de grave pour la démocratie. Et puis, il faut aussi reconnaître que Monsieur Valadier est bien installé, qu'il a un bilan, qu'il l'a beaucoup défendu et qu'à partir de là, il était très difficilement détrônable. Mais je le répète, je ne m'attendais pas à un tel score. Après, les électeurs ont toujours raison, même quand ils se trompent un petit peu, c'est la démocratie. Dans ma vie, les seuls échecs que j'ai subis sont ceux que je ne maîtrisais pas. Et une élection, je ne la maîtrise pas. Les électeurs ont été les maîtres du jeu.

Comme Paul Gabriel, vous obtenez un siège à l'opposition...

Ma lettre de démission sera remise en main propre aujourd'hui (mardi 17 mars, Ndlr) par mon coordinateur, je ne siègerai pas au conseil municipal.

Pourquoi cette décision ?

C'est une décision que j'ai prise bien avant le scrutin, je l'avais dit à mes colistiers. On peut dire que c'est un peu cavalier de ma part : si tu gagnes, tu restes, si tu perds, tu t'en vas. Mais j'estime que j'ai passé l'âge d'être dans l'opposition. J'ai donné pas mal de temps de ma vie à la commune. Je pense que je n'apporterai rien du tout dans l'opposition. Et je vais vous dire autre chose : je mets un terme à ma vie politique. Il faut avoir la raison de la réalité.

De quelle réalité parlez-vous ? Le score de cette élection ou est-ce personnel ?

Si j'avais dix ans de moins... Vous savez, en politique, on dit qu'on rebondit toujours. Moi, aujourd'hui, j'ai envie de rebondir sur autre chose, pas sur la politique parce que je n'ai plus l'âge. Je n'ai pas besoin de ça, ni pour vivre, ni pour exister. Cela dit, je pensais qu'au travers de tout ce que j'entendais, de toutes les difficultés dont beaucoup de gens se plaignaient, je pouvais être l'alternative à tous ces maux. Je me suis trompé. Mais j'ai vécu une aventure humaine extraordinaire parce que j'ai rencontré des gens que je ne connaissais pas, que j'ai appris à connaître et qui ont appris à me connaître. Cette fibre que nous avons créée, je vais essayer de la garder le plus longtemps possible. Alors dans cette défaite, il y a cette victoire.

Contactée par ObjectifGard, Marina Sido, deuxième sur la liste "Terre de Saint-Gilles", confirme qu'elle siègera dans l'opposition au conseil municipal.

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