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Publié il y a 7 jours - Mise à jour le 19.11.2022 - Corentin Migoule (à Alès), Yannick Pons (à Nîmes) - 3 min  - vu 442 fois

ALÈS/NÎMES Les aficionados vent debout contre "l'antispécisme radical"

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Une quarantaine d'aficionados a manifesté ce samedi matin devant la sous-préfecture d'Alès. (Photo Corentin Migoule)

Ce samedi matin, une cinquantaine d'aficionados a manifesté devant la sous-préfecture d'Alès à l'appel de l'Union des villes taurines. Il en était de même à Nîmes où 300 personnes ont campé devant la préfecture. Une mobilisation qui intervient à quelques jours de l'examen à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi du député Caron visant à abolir la corrida.

"Il y a la qualité, faute d’avoir la quantité. Les historiques sont là", a reconnu Ysabelle Castor, conseillère municipale de la ville d'Alès, déléguée aux Manifestations taurines. À ses côtés, devant la sous-préfecture d'Alès, une petite cinquantaine d'aficionados avait répondu à l'appel de l'Union des villes taurines. Car le débat national relatif à la corrida s'intensifie et, même si la commission des lois a donné un avis défavorable à la proposition de loi Caron, celle-ci sera examinée à l'Assemblée nationale le 24 novembre.

Alors, l'heure est à l'union pour les ardents défenseurs des traditions tauromachiques. Et les mots, tel un coup d'épée destiné à porter l'estocade, sont délibérément âpres : "Le fou furieux qui veut tout nous interdire est un écologiste radical. Mais ce n’est pas un bobo parisien enfermé dans son bureau à Paris qui va nous expliquer ce que sont les toros. Le premier écolo de France, c’est l’éleveur", a enchaîné Ysabelle Castor.

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Une quarantaine d'aficionados a manifesté ce samedi matin devant la sous-préfecture d'Alès. (Photo Corentin Migoule)

La conseillère municipale craint par ailleurs que cette loi anti-corrida ne soit que "l’arbre qui cache la forêt". "Derrière, on va avoir une loi anti-viande", prévient-elle. La parole est alors revenue au novillero bordelais Clément Argous qui a lu le message des matadors français visant à défendre "un métier qui est une vocation", "fait vivre nos familles", "impose le respect de la hiérarchie" et "crée du lien social". Aux yeux des matadors, sa disparition emporterait avec elle "l'écologie taurine, une partie de la culture du Sud, un art de vivre"

C'est pourquoi, les toreros réclament "le retrait immédiat" de cette proposition de loi et s'associent à la motion déposée quelques minutes plus tard en sous-préfecture. Une motion dont la lecture a été assurée par Thibaut Valgalier, président du club taurin La banderilla. "En proposant l'interdiction des corridas, le député Caron demande à la représentation nationale d'abolir deux libertés fondamentales : la liberté et la diversité des expressions culturelles, le droit à la différenciation des collectivités territoriales", a-t-il embrayé.

"Notre Conseil constitutionnel a tranché le problème de la corrida en France"

Et de poursuivre : "Nous, aficionados, revendiquons la dimension culturelle de la tauromachie, rite ancestral qui permet à l'homme de se confronter à la précarité de l'existence lors d'un rituel éthique et esthétique respectueux du taureau. Nous condamnons cette atteinte à la liberté culturelle et demandons au gouvernement de protéger les nombreuses cultures et filières menacées par l'antispécisme radical représenté par le député Caron."

Le très volubile avocat François Gilles, qui incarne à lui seul un pan de l'histoire de la défense de la corrida en Cévennes, n'a pas eu besoin de support papier pour distiller un propos acerbe : "Le 21 septembre 2012, notre Conseil constitutionnel a tranché le problème de la corrida en France en validant la dérogation. La corrida se vit générationnellement par des gens qui, au fil des âges, sont allés dans des arènes et aiment les toros. Ce n'est pas un consortium d'élus parisiens avec des hommes destructurés et la hideuse Madame Rousseau qui viendront supprimer le mécanisme de nos corridas."

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Le maire d'Alès, Max Roustan, pas franchement fan de la corrida, a apporté son soutien aux aficionados au nom des "libertés individuelles". (Photo Corentin Migoule)

Peu nombreux ce samedi matin, les aficionados alésiens ont reçu un soutien de taille. Celui du maire d'Alès, Max Roustan, pas forcément fanatique de la corrida. Un doux euphémisme que l'intéressé a lui-même expliqué : "Je ne vais pas à la corrida mais je respecte les libertés de chacun. Pour tout vous dire, je n’y comprends rien ! Mais le taureau en daube ça me va bien." Provoquant l'hilarité de l'assistance, l'édile alésien a conclu en invitant "les minorités" à "foutre la paix à tout le monde"

Le mot final est revenu à Didier Cabanis, délégataire des arènes d'Alès, tout aussi corrosif : "Une fois qu’on aura éliminé Monsieur Caron, on éliminera les antis. Pour ça, il faut faire revenir le maximum de gens dans les arènes. Si on y parvient, on aura gagné la bataille !"

                                         À Nîmes

Même combat à Nîmes, il étaient près de 300 à manifester leur soutien pour la corrida devant la préfecture.

Jean-Paul Fournier a remis les voeux du conseil municipal en faveur de la corrida à la sous-préfète Chloé Demeulenaere (Photo Yannick Pons)

Les élus, Jean-Paul Fournier le maire de Nîmes en tête, ont pénétré dans la cour de la préfecture afin de remettre les voeux du conseil municipal en faveur de la corrida à la sous-préfète Chloé Demeulenaere. Les "antis" sont venus manifester devant les arènes cet après-midi.

Corentin Migoule (à Alès), Yannick Pons (à Nîmes)

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