Publié il y a 1 h - Mise à jour le 16.02.2026 - François Desmeures - 5 min  - vu 120 fois

ANDUZE Municipales : Bonifacio Iglesias veut jouer la belle

Bonifacio Iglesias a été maire de la commune, entre 2008 et 2020

- François Desmeures

Vainqueur en 2014 face à Geneviève Blanc, puis perdant en 2020, Bonifacio Iglesias reprend la tête d'une liste pour s'offrir une troisième manche face à la maire sortante. Il dénonce une écologie "dogmatique" mise en place par l'actuelle municipalité et ne veut pas de nouveaux logements autour de la gare. 

Bonifacio Iglesias a été maire de la commune, entre 2008 et 2020 • François Desmeures

Quatre-vingt-une voix séparaient la liste de Geneviève Blanc de celle de Bonifacio Iglesias, lors des élections municipales 2020. "Je n'ai pas été élu, c'est comme ça", commente aujourd'hui l'ancien maire. Mais à voir l'énergie que lui et ses fidèles mettent dans la communication électorale depuis plus d'un an, on comprend que la défaite n'est pas tout à fait passée.

"Je pars avec une équipe renouvelée considérablement, présente Bonifacio Iglesias. On m'avait fait le reproche d'une équipe âgée la dernière fois, j'en ai tiré deux leçons : celle du rajeunissement ; et la prise en compte des compétences qui répondent aux besoins de notre village. Je leur demanderai une présence régulière et active."

"Compétence et disponibilité" sont donc les maîtres-mots pour l'ancien maire, qui pense qu'Anduze rayonne bien plus que ses limites communales et chapeaute "un bassin de 22 000 à 25 000 personnes". "Nous avons l'impression que le moment est crucial pour la vie du village, explique Bonifacio Iglesias pour expliquer son nouvel engagement dans la campagne. Aujourd'hui, on voit une équipe municipale dite verte, et les choix qui sont faits sont d'avenir. Or, la municipalité est enfermée dans un dogmatisme surprenant, alors que nous voulons poursuivre dans ce qu'est l'âme du village."

"Nous, à la gare, on veut organiser une entrée de ville"

"C'est un village historique, détaille le candidat, contraint par sa situation géographique locale et de bassin. Aujourd'hui, ce paysage est négligé alors que nous sommes entourés de collines, il possède un réel cachet." Ce paysage est, selon le candidat, un argument pour refuser le nouveau quartier de la gare projeté par l'actuelle municipalité (relire ici). "150 logements au sud, cela nous paraît aberrant (1). C'est un changement de lecture de la géographie." Compris dans le contrat Petites villes de demain, la réhabilitation des logements du centre-ville est prioritaire pour Bonifacio Iglesias. Il y en aurait, selon le candidat, 350 disponibles. Pour la liste, l'espace à bâtir serait la continuation du Poulverel. "Dire que notre commune est agricole, c'est une vue de l'esprit, argumente le candidat. Nous, à la gare, on veut organiser une entrée de ville."

La remise en état des logements passerait par la préemption, "l'accompagnement financier et le travail avec les investisseurs privés, qui sont déjà à Anduze, sur le carreau, et seraient partants". Depuis le mandat de Bonifacio Iglesias, la commune a dépassé les 3 500 habitants, ce qui la fait entrer dans les dispositifs du logement social de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) et l'oblige à compter 20 ou 25 % de logements sociaux. Or, si elle n'est pas dépourvue, elle n'atteint pas ce taux. "Mais il n'y a pas urgence à atteindre le quota, balaie Bonifacio Iglesias. L'administration nous laissera faire notre travail, si elle voit qu'on travaille."

"La deuxième partie du problème, ce sont les finances, poursuit Bonifacio Iglesias à propos de la majorité actuelle. On s'aperçoit qu'ils sont dans l'incapacité de gérer les finances locales. Ils ne sont pas gestionnaires. Ils ont passé quatre directeurs généraux des services, il y a un manque de stabilité administrative."

"Je comprends qu'on se préoccupe de la planète. Mais, à ce point, je ne m'y attendais pas"

Bonifacio Iglesias prend la tête d'une liste où "ils ne sont pas tous enfants du pays, certains sont partis et sont revenus. Nous sommes surtout des retraités qui avons envie." La liste n'affiche pas d'étiquette, "mais je demande qu'ils ne fassent pas partie des extrêmes. Nous sommes unis par la pancarte Anduze."

En face, le dogmatisme que dénonce Bonifacio Iglesias entrerait dans le champ de "l'extrémisme vert. Je comprends qu'on se préoccupe de la planète. Mais, à ce point, je ne m'y attendais pas." Cet extrémisme s'illustre, selon Bonifacio Iglesias, par la gestion des "sept fontaines du village. Pendant cinq ans et demi, elles n'ont pas eu d'eau parce qu'il fallait économiser l'eau. On a traversé les canicules sans eau. Mais nous sommes dans un coin des Cévennes où le PIB est le tourisme ! On avait mis les fontaines en circuit fermé, on ne peut pas s'en passer ! Ils ont fait faire des recherches de ressources en eau, dénonce l'ancien maire, alors qu'ici, on est sur un lac. On peut alimenter une ville de 100 000 personnes au quotidien."

Du côté des réalisations depuis six ans, la tête de la liste Ensemble pour Anduze conteste la réfection du gymnase, justifiée par des fuites dans le toit, des trous dans la cloison et une injonction des pompiers, selon la municipalité. "Je dis qu'il n'avait pas besoin de rénovation, j'étais utilisateur de cet espace, affirme Bonifacio Iglesias. Et puis, ils ont fait un devis à 600 000 €, ils ont déposé un dossier, ont eu une subvention. Sauf que ça a coûté 1,2 million d'euros. Ils ont pris un crédit d'un million d'euros avec un taux d'intérêt de 4 % en fin de remboursement, alors qu'on était en période de Covid avec des prêts à taux zéro !"

L'ancien maire se veut aussi critique des rapports avec les associations. "On avait concentré les associations au Jardin de la filature et ils l'ont vendu, regrette Bonifacio Iglesias. Et puis, ils se sont fâchés avec toutes, critique l'ancien maire à propos de la municipalité actuelle, même avec leurs copains. On est décidé à retrouver le bien-vivre qui était le nôtre."

Côté projets, Bonifacio Iglesias exhume le souvenir de la digue qui prolongeait l'actuelle. "Quand nous étions jeunes, la digue protégeait des grosses inondations et des écluses empêchaient l'eau de rentrer. Elle est partie en 1958. Après la construction du pont submersible, nous avions lancé une étude avec le SMAGE pour recréer la digue en terre." S'il est élu, la tête de liste compte relancer le projet. Et en profiter pour créer "une voie de dégagement pour faire passer les poids lourds et les cars." Une sorte de déviation pour réduire leur passage en centre-ville. L'ancien maire pense aussi réactiver le plan de vidéosurveillance que l'actuelle municipalité avait finalement abandonné. 

Sur le volet touristique, "on peut créer des sentiers botaniques ou sur la faune, pense Bonifacio Iglesias, avec le Parc national des Cévennes et l'agglo" (le tourisme relève, d'ailleurs, de sa compétence, NDLR). En matière de culture, l'ancien maire affirme que la municipalité actuelle "en a fait, mais avec ses copains". Et affirme étonnamment, malgré le soutien de la commune et de l'agglo, que Jazzoparc ne serait pas "la tasse de thé" de la municipalité actuelle, mais c'est la nôtre". Sa liste souhaiterait "créer des manifestations sur une ou deux ailes de saison", comme à l'époque du rallye des Camisards. Ou autour de la moto, "mais ici, on leur interdit de se montrer en ville", affirme Bonifacio Iglesias, en faisant allusion à leur interdiction de stationner sur le plan de Brie et leur déplacement à 50 mètres. Enfin, la liste pense à "développer ce qui est autour de la terre. On a aussi des couteliers, on pourrait faire, à l'année, quelque chose autour de l'art et de la culture".

(1) Dans l'interview que la maire d'Anduze avait accordé à Objectif Gard, il y a un peu moins d'un an, Geneviève Blanc évoquait 110 logements dans le quartier de la gare. 

La liste Ensemble pour Anduze doit tenir deux nouvelles réunions publiques, les 22 février et 11 mars, à l'espace Pelico.

Dans la journée, Objectif Gard publiera aussi l'article de présentation de liste de la maire sortante, Geneviève Blanc.

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