Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 10.06.2024 - Marie Meunier - 3 min  - vu 1846 fois

BAGNOLS/CÈZE Jordan Bardella arrive en tête des Européennes, les esprits maintenant tournés vers les Législatives

Jean-Yves Chapelet, le maire de Bagnols-sur-Cèze, a proclamé les résultats définitifs des élections européennes vers 21h, en mairie. 

- photo Marie Meunier

"Celui qui dit qu'il s'attendait à la dissolution de l'Assemblée nationale, c'est un gros affabulateur", réagit le maire de Bagnols-sur-Cèze, Jean-Yves Chapelet. De nouvelles élections législatives auront donc lieu dans 3 semaines. La nouvelle est tombée juste après la proclamation des résultats aux Européennes dans la 3e ville du Gard qui place largement Jordan Bardella en tête avec 41,10% des voix. 

Il est 21h lorsque le maire, Jean-Yves Chapelet, proclame les résultats définitifs des élections européennes à Bagnols-sur-Cèze. Sans déroger à la tendance nationale, Jordan Bardella (RN) arrive largement en tête avec 41,10% des voix. Il est suivi par Manon Aubry (LFI) avec un score de 13,29%, par Raphaël Glucksmann (PS-Place Publique) avec 11,48% et par Valérie Hayer (majorité présidentielle) avec 11,26%. Quelques secondes après, la nouvelle tombe : le président de la République dissout l'Assemblée nationale. Pascale Bordes qui était jusqu'alors députée RN de la 3e circonscription du Gard apprend la nouvelle d'une militante alors qu'elle est encore en mairie.

La députée Pascale Bordes regardant les premiers résultats
La députée Pascale Bordes regardant les premiers résultats. • Photo Marie Meunier
 

Elle se dit bien sûr prête à être candidate à ces Législatives express, "si j'ai l'investiture de mon parti évidemment". Elle commente : "Il aura fallu qu'Emmanuel Macron se prenne une gifle électorale pour se rendre compte qu'il ne peut pas continuer comme cela et qu'il y a une grande partie de la population qui n'est pas d'accord avec la politique qui est menée. Avec cette dissolution et ces nouvelles élections, le but du Rassemblement national est d'avoir un maximum de députés dans l'hémicycle pour porter notre politique de changement."

Lors du dépouillement au bureau n°1 à Bagnols-sur-Cèze. • photo Marie Meunier

"Dans tout mal, il y a du bien", déclare Jean-Yves Chapelet

Comme beaucoup de personnes, elle ne s'attendait pas à ce coup de théâtre ce soir. "C'est une nouvelle aventure. C'est fantastique, tout est possible. Ce qui se passe aujourd'hui est un véritable élan d'espoir", exprime Pascale Bordes. La focale électorale se raccourcit d'un coup, alors que les attentions se portaient déjà sur les Municipales de 2026. Les intentions des uns et des autres vont devoir se dessiner très rapidement en vu des deux tours les 30 juin et 7 juillet. La dernière fois qu'un président avait dissolu l'Assemblée nationale, c'était en 1997. 

Pascale Bordes, heureuse du résultat de Jordan Bardella, avec à ses côtés entourage et militants. • photo Marie Meunier

Malgré l'avancée considérable du Rassemblement national et l'annonce surprise de la dissolution de l'Assemblée nationale, Jean-Yves Chapelet tire du positif. Il déclare avec franc-parler : "Dans tout mal, il y a du bien. On nous donne la chance de pouvoir expédier la députée de la 3e circonscription. On va se battre pour s'en débarrasser car elle ne nous sert pas à grand chose sur le territoire." Tout n'est pas déjà joué selon l'édile, alors que l'on "annonçait le Rassemblement national gagnant à Pont-Saint-Esprit il y a quelques semaines. Ça n'a pas été le cas. On ne va pas comparer une élection européenne avec une élection locale. On ne va pas paniquer."

"Les gens envoient un message aujourd'hui qui est important"

Il reconnaît néanmoins que "dans le modèle sociétal où l'on se trouve, les repères se perdent. La crise, l'inflation, le mal-être des gens sont une réalité. Les gens envoient un message aujourd'hui qui est important." Jean-Yves Chapelet espère que les "partis politiques sont capables de s'unir et de capitaliser sur le vrai score de Glucksmann face à une menace." Une opinion que partage Jean-Christian Rey, président de l'Agglomération du Gard rhodanien. Il analyse : "Il y a trois blocs aujourd'hui : l'extrême-droite très nationaliste, l'extrême-gauche dogmatique et un bloc entre les deux, avec Hayer et Glucksmann, qui tente de trouver des solutions aux situations compliquées. Il ne doit pas y avoir de solutions extrêmes mais toujours équitables. Il n'y a pas de position facile, sinon, on le ferait tous. À nous de convaincre." Reste à savoir qui va y aller, avec quels soutiens ?

Or, à Bagnols-sur-Cèze, la candidate soutenue par la majorité présidentielle n'arrive que 4e, avec 1 850 voix de moins que la liste d'extrême-droite, emmenée par Jordan Bardella. "La colère des Français s'exprime mal. Et localement, on peut peut-être y voir un vote sanction en raison de l'obédience entre la municipalité et Macron", suppute Elian Cellier, secrétaire de la section du Parti communiste français du Gard rhodanien. Le candidat PCF Léon Deffontaines arrive loin derrière avec seulement 2,37% des voix à Bagnols-sur-Cèze. Même si les prochains scrutins portent à des échelles différentes, l'union semble la voie à privilégier pour "ne pas reproduire ce scénario". Pour les Municipales et très prochainement pour les Législatives. 

Résultats des élections européennes à Bagnols/Cèze

Nombre d'inscrits : 12 970
Nombre de votants : 6 334
Taux de participation : 48,84%
Bulletins blancs : 52
Bulletins nuls : 82

Candidats avec plus de 1,5% de voix à Bagnols-sur-Cèze : 
Marion Maréchal : 385 voix (6,21%)
Manon Aubry : 824 voix (13,29%)
Jordan Bardella : 2 548 voix (41,10%)
Marie Toussaint : 152 voix (2,45%)
Hélène Thouy : 95 voix (1,53%)
Valérie Hayer : 698 voix (11,26%)
Léon Deffontaines : 147 voix (2,37%)
François-Xavier Bellamy : 301 voix (4,85%)
Raphaël Glucksmann : 712 voix (11,48%)

Marie Meunier

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