S'il est résident depuis 35 ans dans la commune, Pierre Mathon n'y vit en permanent que depuis 2020. "Il me prend désormais l'envie de mettre mon expérience et mon savoir-faire au service de Barjac", entame le chef d'entreprise de 62 ans. Il y a 35 ans, il créait aussi une entreprise de communication, devenue un grand groupe, qu'il a vendu il y a quelques années. Il reste à la tête d'une société de fonds d'investissement dans l'immobilier commercial.
"Toute ma vie, depuis que je suis en âge de réfléchir, j'ai toujours été passionné par la politique, se présente Pierre Mathon. Et j'ai juré que je n'en ferais pas, je persiste." Car pour le néo-candidat, la gestion locale n'est pas politisée, même si elle impose des choix. Alors, avec plus de temps libre qu'avant "et encore beaucoup d'énergie", Pierre Mathon a décidé de s'engager dans ce "village dont je sens qu'il arrive à la fin d'un cycle. Il a énormément évolué depuis 40 ans, mais il stagne depuis 10 ans. Il a perdu de son élan et s'endort sur ses lauriers faute d'anticipation et d'une perspective claire" (relire ici).
"Créer un événement hors de la période touristique pour inciter les commerçants à ouvrir plus"
Pierre Mathon se montre inquiet pour le commerce local, "qui souffre énormément. C'est paradoxal pour une région touristique, mais il ne vit vraiment que 5 mois par an. Ça ne suffit pas." La tête de la liste d'opposition souhaiterait "créer un événement hors de la période touristique pour inciter les commerçants à ouvrir plus et donner une saisonnalité plus importante." Pierre Mathon souhaite aussi "que la mairie accompagne la transmission des commerces, avec des aides financières pour favoriser l'installation".
Le candidat s'inquiète également d'une cité qui "devient un désert médical. On n'a pas su anticiper les départs : il y avait sept médecins il y a dix ans, il n'en restera qu'un et demi dans trois ans. Nous voulons la construction d'une vraie maison médicale car il faut d'abord avoir les infrastructures pour faire venir des médecins. Sur notre liste, on a un chirurgien qui oeuvre déjà à la recherche de médecins nouveaux pour pallier les départs."
"Il y a un besoin de changement et de renouveau"
"Nous devons à Édouard Chaulet d'avoir un beau village avec une qualité de vie, reconnaît Pierre Mathon. Mais, aujourd'hui, il vit sur ses acquis. Et il n'y a pas de nouveau projet lancé. Les derniers n'ont, d'ailleurs, pas été de grandes réussites dans le rapport investissement par rapport au résultat. Comme la maison médicale ou la salle de motricité, dans l'annexe de l'école publique. Après six mandats, si j'étais né à Barjac, je n'aurais connu que Chaulet. Il y a un besoin de changement et de renouveau. Ce n'est pas une critique de la personne, mais il n'a plus d'oppostion depuis 20 ans".
S'il est élu, Pierre Mathon se voit aussi "mettre en oeuvre des petites mesures applicables immédiatement, comme la réorganisation des tâches du personnel municipal sur la propreté des rues, l'organisation de la collecte des ordures ménagères ou la qualité de vie de nos concitoyens."
"Et puis, poursuit Pierre Mathon, on a trois grands projets : la rénovation de la place de l'Anisette, avec un positionnement un peu hybride et qui pourrait devenir une place de stationnement pour réguler la circulation en été ; se pencher sur la place de la Renaissance, qui n'a fait l'objet d'aucune restauration alors que la porte de la renaissance est le monument historique le plus spectaculaire de Barjac". La place serait, dans le projet, "dédiée au marché et aux commerces de bouche".
Enfin, pour la liste "Barjac, un nouveau souffle", la cité "est sous-équipée en équipements sportifs. On veut éviter que les jeunes quittent le village pour leurs pratiques sportives." La liste voudrait centraliser les équipements autour du stade, "avec un terrain neuf pour le foot et un terrain couvert pour le tennis". Un pump-track serait aussi envisagé. La liste s'affiche sans étiquette - "je ne veux pas être identifié aux gens qui font de la politique à la télé" -, "aucun colistier n'est encarté. On agit par nous-mêmes et on est très attachés à cette indépendance. Il faut se démarquer de l'image très politisée de la ville depuis 40 ans."
Des réunions publiques de la liste "Barjac, un nouveau souffle", doivent avoir lieu les 6 et 11 mars