Le mail, d’abord. S’agissant d’un échange privé, nous ferons le choix, ici, de ne pas reproduire ni la capture, ni les propos exacts.
Dans un communiqué qui accompagne ce mail, Valère Segal commente : « La regrettable agressivité que Monsieur Desbrun et sa liste déploient dès l’ouverture de cette campagne cache l’amoncèlement insurmontable de poussière que ce même Monsieur Desbrun doit balayer devant sa porte. Non, Monsieur Desbrun, le fait d’avoir été renvoyé par Madame Lapeyronie, qui vous soutient désormais, ne vous exonère en rien de votre responsabilité dans des années de gestion dont les conséquences sont connues de tous. »
Puis il énumère : « Vous aviez connaissance de l’illégalité de la construction de la gendarmerie en zone inondable, et n’avez alerté ni la justice, ni les Spiripontains des risques encourus », « Vous avez été complice de l’absence d’étude sur l’eau, pourtant indispensable à la sécurité de la population, au profit de la rénovation d’un escalier à plus d’1 M€, avec pour conséquence le blocage ou le ralentissement de nombreux projets, dont celui de l’hôpital », « Vous avez dissimulé le coût exorbitant du terrain du collège, inaccessible sans rachat complémentaire de parcelles, pour une facture globale dépassant 6 M€ à la charge des Spiripontains. Nous avons su le stopper pour éviter la mise sous tutelle de la ville, et plusieurs candidats, dont vous, proposez de le relancer — sans même se poser la question de la rénovation du collège actuel, qui a toujours été notre préférence, et dont chacun reconnaît aujourd’hui la pertinence de l’emplacement », « Vous avez été complice de la sous-évaluation de l’opération Hôtel-Dieu, qui coûtera à elle seule 2,9 M€ cette année aux contribuables, et dont la restauration a été retardée par l’absence, là encore, d’étude sur l’eau. »
Et Valère Segal attaque ensuite Benjamin Desbrun en affirmant que « Les soutiens lapeyronistes figurant sur votre liste — Monsieur Antunes en tête — auront, s’ils sont cohérents, des difficultés à demeurer aux côtés d’un homme dont les agissements sont pour le moins controversés. Peut-être choisiront-ils néanmoins de s’en accommoder », puis estime que « les Spiripontains disposent désormais d’éléments pour se forger une opinion claire sur vos motivations et celles des anciens adjoints et conseillers de Madame Lapeyronie, ainsi que sur votre capacité à mettre sous le tapis les dossiers qui vous gênent. »
« Je vois parfaitement le type de campagne qu’il veut mener »
Contacté, Benjamin Desbrun évoque « un échange privé eu avec Gérome Bouvier qui ne regarde pas M. Segal, je ne sais pas comment il l’a eu, et je m’interroge : a-t-il le droit de s’en servir ? » Plus longuement, le candidat explique que « au vu de mes convictions politiques et de mes relations avec la majorité en place à l’époque, il n’est pas compliqué de savoir vers qui est allé mon vote en 2024, comme 2 000 autres Spiripontains », à savoir vers la liste de Gérome Bouvier. Benjamin Desbrun rappelle qu’il « connaît depuis très longtemps Gérome Bouvier », ancien agent municipal de Pont avec qui il a « créé le guichet unique Citézen. »
Cette stratégie « n’est pas étonnante de la part d’un maire qui s’est mis à dos tous les partenaires institutionnels et les communes voisines », poursuit Benjamin Desbrun, qui conclut : « Je vois parfaitement le type de campagne qu’il veut mener, je ne rentrerai pas dans son jeu. »