Publié il y a 50 min - Mise à jour le 30.11.2025 - La rédaction - 9 min  - vu 448 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Nous sommes le dimanche 30 novembre 2025. Il est 12 heures. Place aux indiscrétions politiques et économiques !

Est-ce que Paris mettra tout le monde d’accord à Nîmes ? Alors que l’accord entre Franck Proust et Julien Plantier pourrait être imminent, la question posée à présent est celle de l’avenir de Valérie Rouverand dans un grand rassemblement de la droite républicaine au centre. Pour le moment, la Nîmoise trace sa route. Mais la direction nationale de Renaissance, d’Horizons et des Républicains discutent. Et sont bien plus motivés pour s’accorder que ne laissent penser les personnalités locales. Plusieurs sujets bloquent encore : la place de chacun dans cette union. Le cas Yvan Lachaud qui refuse de voir Franck Proust, maire de Nîmes. Et Valérie Rouverand vivre sa vie politique sans lui. Enfin, la volonté de rupture avec le pouvoir depuis plus de 20 ans chez les trois candidats, à des géométries variables. Ces considérations ne sont pas insurmontables si chacun fait un pas vers l’autre. Certains y travaillent. Valérie Rouverand pense encore pouvoir tirer son épingle du jeu « face à l’usure du pouvoir d’un côté et le refus des Nîmois de laisser le pouvoir à une gauche rassemblée ». Julien Plantier croit à son destin mais semble isolé pour y parvenir à court terme. Franck Proust veut être aux manettes de la Ville et de l’Agglo quoi qu’il en coute. Alors comment faire ? Deux stratégies se dessinent. D’un côté, certains militent pour laisser la présidente départementale de Renaissance jouer sa chance au premier tour. Elle pourrait être la réserve de voix pour Franck Proust dans le cadre d’un second tour serré. Cette hypothèse convient à l’équipe de Valérie Rouverand qui veut exister entre les deux tours. Si elle parvient à dépasser les 10%, la Nîmoise pourrait en effet peser dans la négociation en vue du second tour. Un projet absolument rejeté à ce stade par le candidat de la droite. « Franck Proust a été très clair : il n’y aura aucun accord entre les deux tours. Les 59 de sa liste seront les mêmes à se présenter pour le match final », explique une source proche du premier adjoint. Est-ce que les circonstances ne feront pas évoluer cette certitude ? Si le résultat escompté par la droite n’est pas celui totalement attendu, probablement que des accords de dernière minute s’imposeront ? L’autre alternative pourrait venir de Julien Plantier. Ce dernier a rencontré longuement Valérie Rouverand en début de semaine. Ils n’ont pas trouvé d’accord pour le moment. Mais les deux personnalités s’apprécient particulièrement et se font confiance. Plutôt rare en politique. En sus, les élus de Nîmes Avenir sont plutôt enclins à rejoindre la candidate de Renaissance que les Républicains. Le pont pourrait donc venir de l’ex-premier adjoint à Jean-Paul Fournier. En s’accordant avec Valérie Rouverand, il ouvrirait la porte à une plus grande union encore. Cette fois avec Franck Proust. D’ici Noël, comme un cadeau tombé du ciel, les électeurs de la droite et du centre passeraient d’une offre politique de trois listes à une seule. Cela étant, l’histoire ne dit pas comment tout ce beau monde pourra travailler ensemble en cas de victoire. Avant cela, est-ce que cette formation d’un seul bloc sera suffisamment crédible aux yeux des Nîmois après s’être autant déchiré ?

Le ménage. Pour composer les listes, c’est certainement plus facile pour les candidats qui espèrent battre la majorité en place. Les équipes sortantes sont plus en difficulté. Il faut faire le ménage des anciens pour accueillir des nouveaux. Franck Proust à Nîmes a l’intention de faire un renouvellement large de la nouvelle équipe municipale en cas de victoire. Mais le choix est cornélien. Surtout pour ceux qui s’accrochent. Commençons par les élus qui, de leur propre chef, veulent terminer avec Jean-Paul Fournier. Heureusement pour le candidat de la droite, ils sont plutôt nombreux. Chantal Barbusse, Mary Bourgade, Mylène Mouton, Corinne Ponce-Casanova, Amélie Gibon ou encore Maud Chelvi-Sendin et Catherine Jehanno. Il y a ensuite ceux qui sont sur la sellette. L’équipe de Proust préfère s’en séparer, mais ces élus semblent s’accrocher à l’espoir d’être repris : Christine Tournier-Barnier, Dominique Lacambra, Véronique Gardeur-Bancel, Claude de Girardi, Daniel Jean-Valade, Richard Schieven, Monique Boissière et Richard Tiberino. Enfin, il y a les confirmés. Eux seront sur la future liste avec certitude : François Courdil, Dominique Lacambra, Valentine Wolber, Thierry Procida, Chantal May, Tiphaine Leblond, Frédéric Pastor, Christophe Pio, Géraldine Rey-Deschamps, Emmanuel Carrière, Halim Belhaj, Frédéric Escojido, Bernard Angelras, Jean-Marc Campello et Muriel Thomas.

Plantier, la clarification. Est-ce que la semaine qui s’achève a été décisive pour Julien Plantier ? Tout porte à le croire. Lundi, il a rencontré Valérie Rouverand et son équipe. Et il a compris qu’il ne parviendrait à aucun accord de premier tour avec elle. « C'était couru d’avance car Julien Plantier, sans s’en rendre compte, s’est mis dans la position du numéro 2 qui cherche un accord », explique un très proche de la candidate de Renaissance. En milieu de semaine, le président du groupe Nîmes Avenir a vu aussi Yvan Lachaud. « Il a acté définitivement son refus de voir le centriste sur sa future liste. Même s’il garde comme objectif de s’emparer de l’étiquette Horizons en échange de convaincre Proust de laisser la première circonscription à Lachaud pour les législatives de 2027 », pense savoir une source avisée. Cette éventualité lui permettrait de mieux négocier avec Franck Proust un accord avant le premier tour d’ici au 15 décembre ? « Julien Plantier pourrait venir dans la corbeille de la mariée avec cette étiquette qui serait une prise de guerre contre Valérie Rouverand. » Mais l’ex-premier adjoint de Fournier compte vendre chèrement son ralliement. « Il veut l’entière gestion de la campagne. Le loupé sur les caméras de sécurité après l’agression de Vincent Bastide. Pastor envoyé au casse-pipe dans les comités de quartier. Proust qui débarque avec son chauffeur sur les rendez-vous. Valade inaudible au Spot pour le débat sur l’avenir de la culture à Nîmes. C’est du grand n'importe quoi en ce moment. Plantier veut mettre en œuvre sa méthode de 2020 qui a amené à la victoire de Fournier. Et contre toute attente, Proust est prêt à lui lâcher… »

Amour du prochain. Hier samedi, tous les candidats, à l’exception de Vincent Bouget, s’étaient donné rendez-vous au foyer Maurice Albaric pour la 95ᵉ kermesse de l'Église protestante unie de Nîmes. C’était donc le temps des retrouvailles. Les présents ont assisté à des scènes intéressantes, la plupart autour de Jean-Paul Fournier. De nombreux invités sont venus le saluer, discuter quelques instants avec lui. On notera la surprise pour plusieurs élus de voir Franck Proust et Julien Plantier s’embrasser à leur arrivée. L’ex-premier adjoint de Jean-Paul Fournier a aussi passé un peu de temps avec le maire. Tout comme Xavier Douais, alors que Sophie Roulle et Pascal Gourdel sont restés à bonne distance, sans saluer le premier édile. À la différence de Valérie Rouverand, prompte à monter au créneau lors du conseil municipal quelques jours avant, mais qui a pris le temps de siffler la trêve politique en discutant avec tout le monde… Peut-être à l’exception d’Yvan Lachaud ? « Les échanges entre Valérie et Yvan ont été électriques. La Nîmoise a peu gouté les tentatives du représentant d’Horizons pour faire dérailler sa campagne. Aujourd’hui, il est hors course et Valérie lui a fait comprendre… »

Illégal. Valérie Rouverand, comme de nombreux candidats à Nîmes, a pris l’habitude d’aller à la rencontre des Nîmois sur le marché du Jean-Jaurès à Nîmes le vendredi matin. Discussion, distribution de tracts, etc. Le rituel d’une campagne électorale. Mais vendredi dernier, la candidate de Renaissance a décidé d’aller plus loin. Et a installé carrément une table et des chaises sur le marché en proposant boissons rafraichissantes et gourmandises aux passants. Alertée, la police municipale a demandé à la Nîmoise de bien vouloir débarrasser le plancher. Mais cette dernière a refusé, arguant qu’il s’agissait d’une place publique ouverte à tous. « Les commerçants paient l’emplacement. Si Madame Rouverand veut un stand désormais, elle fait la demande à la Ville comme tout le monde » explique, furieux, un élu municipal qui rajoute : « Si demain, elle est maire, on croit comprendre donc que ce sera l’anarchie sur les marchés ambulants ? »

La grande déprime. Jean-Paul Fournier vit ses dernières semaines à la tête de la Ville. Après quatre mandats et plus d’une vingtaine d’années, laisser son fauteuil est forcément difficile à vivre pour le maire de Nîmes. « Il est déprimé. Car comme tous les grands maires, quand c’est terminé, on vous oublie », explique une source proche du maire. « Il va y avoir un passage à vide forcé. Même s’il aura du temps pour travailler plus amplement au sein de la fondation des monuments romains. » Est-ce qu’il pourrait apparaitre sur la liste de Franck Proust, son candidat ? « Franck va lui proposer, par respect, d’être présent sur la liste mais rien ne sera plus comme avant après mars prochain, c’est évident. Et Jean-Paul Fournier le sait bien… »

Emplacement définitif ? Alors que Julien Plantier a inauguré il y a plusieurs semaines son local de campagne près de la place Séverine, Franck Proust devrait inaugurer le sien aussi sur l'avenue Jean-Jaurès ce mois de décembre. Du côté du Rassemblement national, le local devrait se situer directement au siège du parti à Nîmes, rue Bigot. Pour Vincent Bouget, l’ouverture est imminente. Ce sera place Bellecroix. Enfin, pour Valérie Rouverand, rien n’a fuité à ce stade. Même si la candidate fait savoir que « la date n'est pas arrêtée, ce n’est pas une priorité. Ma permanence, c'est le terrain avec les Nîmois. »

Top départ. Le 11 décembre est une date clé pour Vincent Bouget. Avec ses alliés et son équipe, il va restituer le grand questionnaire mis en place en septembre dernier. Les attentes des Nîmois sont nombreuses. Propreté, sécurité et pouvoir d’achat semblent les priorités les plus exprimées. Mais pas seulement. Un film sera diffusé au début de la soirée. Puis, une quinzaine de personnalités s’exprimeront. À l’issue, le candidat de l’union de la gauche aura toutes les cartes en main pour avancer sur un programme pour l’avenir de Nîmes. « La coconstruction, la participation citoyenne sont au cœur de cet engagement. Et c’est précisément ce qui convaincra les électeurs de changer d’équipe après mars », est persuadé un proche de Bouget. En ce qui concerne la future liste ? « Tous les lundis, les partis au sein du collectif se rencontrent et avancent tous dans le même sens. Il n’y a aucun sujet à ce stade. Bien au contraire… »

Trop de data. L’avenir de Magna Porta est sur toutes les lèvres en pleine campagne des municipales à Nîmes. Cette semaine, Franck Proust, entouré de l’entreprise NGE et de la SPL, chargés de trouver des opportunités économiques et industrielles, a présenté le futur de cette zone autour de la gare de Nîmes-Pont du Gard. Un immense datacenter est déjà signé. Avec à la clé 300 emplois. Une première étape stratégique mais insuffisante selon certains. « Franck Proust entend les critiques mais comme à chaque fois, il regrette le peu de crédibilité et de sens des responsabilités de l’opposition. Ce big data constituera un espace de stockage de données essentiel pour le territoire. Avec des services de virtualisation, d'intelligence artificielle (IA). Il va répondre demain à la demande des entreprises. C’est indispensable pour l’aéronautique, pour la sécurité civile. Sans compter que tout cela est fait sous l’égide de fonds d’investissements européens dont le capital est majoritairement français, avec le groupe FREO. Des experts immobiliers en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis. » En ce qui concerne l’arrivée d’autres entreprises ? « Elles sont aussi signées, mais pour éviter des déconvenues comme dans d’autres régions avec des recours après le dévoilement, on préfère attendre que le PLU de Manduel soit voté pour rendre tout cela public », explique NGE qui rajoute un brin agacé : « Est-ce que tout le monde a bien noté que les retombées en matière de fiscalité pour la commune de Manduel et l’Agglo de Nîmes seront très importantes ? 12 millions d’euros au total. » Au Colisée, on tacle plus fort : « Il y a ceux qui ne font rien et ceux qui vont offrir des retombées économiques pour Nîmes. Chacun devra bien choisir son camp. »

Le premier des communistes. Franck Proust a peu gouté la sortie médiatique de Vincent Bouget dans les colonnes d’Objectif Gard il y a quelques jours. Le leader communiste fait savoir que « la majorité de droite à la mairie et son 1ᵉʳ adjoint-président-candidat sont pris dans un tourbillon frénétique. Vingt-cinq ans à la tête de la ville, Franck Proust s’agite sur tous les sujets. » Et « souhaite réunir les comités de quartiers en décembre, à l’approche du vote du budget (…) cela sent grossièrement la démarche électoraliste ! » Franck Proust lui répond : « Le Parti communiste s'insurge sur mon activité au service des Nîmois. La gauche communiste trouve que je règle les problèmes les uns après les autres. C'est sympa de le reconnaître. Je les adore depuis qu'ils m'ont reproché le mois dernier lors d'un conseil communautaire d'avoir un prix de l'eau parmi les plus bas de France sous prétexte qu'un jour, il faudra l'augmenter. Depuis ce jour-là, je me dis : on est sauvé ! »

La veste à l'envers. L’annonce de la présence de Cyril Juglaret sur la future liste du maire sortant d’Arles, Patrick de Carolis, a étonné dans Arles. Surtout quand certains n’hésitent pas à sortir du placard à archives le comportement du Républicain lors de la campagne de 2020. « Lors d'un meeting, Juglaret avait fait afficher les casiers judiciaires de l'ensemble de sa liste. Une attaque contre De Carolis renvoyant à sa condamnation passée liée à l'affaire Bygmalion », explique l’une de nos sources. Du côté de Nicolas Koukas, un de ses reproches rappelle aussi. « Cyril Juglaret avait proposé, il y a à peine deux ans, à Nicolas Koukas, d’être son adjoint dans une alliance contre Patrick de Carolis. En matière de girouette, Arles n’a jamais rien produit de mieux que Juglaret. » Et de conclure : « Si d’aventure le maire sortant l’emporte, ce sera de toute façon le début des problèmes pour gérer cette personnalité difficile… »

2ᵉ tour de piste. Le dernier week-end de septembre 2026, le Salon de la moto sera de retour à Nîmes. Après plus de 13 000 visiteurs en 2025, les organisateurs, notamment la CCI Gard, déjà heureux des résultats après 12 ans d’absence d’un salon de ce type, espèrent rééditer l’exploit. 55 exposants, 34 marques avaient décidé de s’investir pour la première édition. Il risque de manquer de la place au Parc des expositions pour la seconde année. Le téléphone sonne déjà. Et des marques qui avaient boudé en 2025 sont très intéressées pour y participer. Il va falloir pousser les murs…

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
La rédaction

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio