Publié il y a 1 an - Mise à jour le 30.01.2023 - Coralie Mollaret  - 3 min  - vu 4582 fois

FAIT DU JOUR Quel avenir pour l’aérodrome de Nîmes-Courbessac ?

L'entrée de l'aérodrome Nîmes-Courbessac. 

L'entrée de l'aérodrome Nîmes-Courbessac. 

- (Photo : Coralie Mollaret)

La ville de Nîmes va déléguer la gestion de l’aérodrome à la société publique locale Agate. Une société qui vient de recruter le gestionnaire de l’aérodrome de Gap, Thibaut de Rosnay, pour moderniser l’équipement.

C’est l’un des atouts majeurs de la ville de Nîmes qui ne demande qu’à être révélé. À l’est de la ville, près de la salle de spectacle Paloma, se trouve l’aérodrome de Nîmes-Courbessac. Un site de 100 hectares construit au début du XXe siècle par les militaires. « Cet aérodrome est un témoin de l'histoire. Il a connu l’occupation des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale », indique Sylvette Dolaneau, présidente de l’ADANC (Association de développement de l'aérodrome de Nîmes Courbessac).

Un aérodrome qui vivote

Cette association chapeaute l’activité de l’aérodrome. Elle gère la location des hangars et l’activité des associations présentes sur le site. Au total : 800 adhérents, dont une cinquantaine pour l’aéroclub de Nîmes-Courbessac qui forme des pilotes et accueille des visiteurs, désireux de s’envoyer dans les airs. « Nous sommes agréés par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Récemment, nous avons préparé un jeune qui a signé son contrat militaire », indique le président de l’association, Fabrice Volland.

(Photo : Coralie Mollaret)

Il y a trois ans, le bail emphytéotique de la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile), alors gestionnaire du site, est arrivé à échéance. Sa gestion est retombée entre les mains de son propriétaire : la mairie de Nîmes. De quoi susciter quelques appréhensions du côté des occupants, qui craignent de voir des promoteurs défigurer leur havre de paix. « Heureusement, le site est en zone très inondable. On ne peut pas en faire quelque chose d’autre. Et puis, il y a quand même du monde qui utilise cet aérodrome », commente l’une de nos sources.

Un nouveau directeur arrivé de Gap

Il y a plus d’un an, la municipalité a commandé une étude diagnostic à la SPL (Société publique locale) Agate. Au prochain conseil municipal, la ville lui en confiera officiellement la gestion, prenant effet à partir du 1er avril. Afin de moderniser la structure, la SPL a d’abord embauché un nouveau directeur : Thibault de Rosnay. L’homme s’y connaît en aéronautique puisqu’il est actuellement responsable de l’aérodrome de Gap. Un aérodrome enregistrant, selon nos sources, 55 000 à 60 000 mouvements par an contre 3 000 pour le site nîmois.

Premier chantier de la SPL Agate : générer des recettes financières pour avoir les moyens de moderniser la structure. « Il faut remettre à plat les AOT (Autorisations d'occupation temporaire). Ces sont des terrains loués par la collectivité à des opérateurs privés sur lesquels se trouvent des hangars. Ils n’ont pas tous le même statut et le même loyer. » Des taxes d’atterrissage, un prix au "touché de sol" et au décollage, pourraient également être mise en place, « avec un système d’abonnement pour les occupants ».

Les besoins des occupants

Si l’ADANC n’est pas contre la création de nouvelles recettes, elle souhaite que celle-ci s’accompagne de nouveaux services. Et notamment « l’aménagement des pistes en dur. Aujourd’hui, nous avons des pistes en herbe. Nous ne pouvons pas accueillir tous les avions, spécialement les plus récents avec des ordinateurs de bord », indique Fabrice. Et d’évoquer une autre problématique : « Parfois, des cailloux peuvent être projetés sur nos hélices et les abîmer. Sachant qu’une hélice coûte 2 500€ ».

L’ADANC est par ailleurs dubitative à l’idée de la SPL Agate de créer une maison de l’aviation au sein de laquelle l’ensemble des associations seraient regroupées. « Aujourd’hui, certains n’ont pas forcément envie d’être ensemble », avertit Sylvette Dolaneau. La Nîmoise préférerait surtout une meilleure sécurisation du site : « Des piétons arrivant de Marguerittes, traversent la piste pour rejoindre Nîmes. Or, sur cette zone, il n’y a que les pilotes qui peuvent circuler. » Par ailleurs, « le fait que l’aérodrome ne soit pas entièrement fermé peut générer des vols, comme un ULM il y a quelques années. » À l’aérodrome, ne peut pas voler qui veut !

Coralie Mollaret

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