C'était connu depuis plusieurs semaines, et c'est donc sans surprise que la présence de Patrick Chauvin sur la liste Arles au cœur de Patrick de Carolis a été officialisée ce samedi, lors d'une réunion publique sur le thème de l'économie, au local de campagne du maire sortant.
Il y a six ans pourtant, alors que le candidat Patrick de Carolis l'avait déjà sollicité pour le rejoindre, le premier adjoint d'Hervé Schiavetti avait décliné l'offre. "Je vivais mal cette succession, a-t-il expliqué. Le temps a passé, je viens avec plaisir mais sans aucun calcul. Il n'y a aucun opportunisme dans le fait que je rejoigne Patrick de Carolis aujourd'hui." Le maire sortant et candidat à sa succession s'est réjoui de cette réponse favorable, même six ans après, "parce que Patrick Chauvin est un chef d'entreprise qui a réussi et parce qu'il a Arles chevillée au corps et au cœur. J'ai besoin de cette dynamique là et je lui ai déjà donné une feuille de route : pour la prochaine mandature, je souhaite qu'il créé 1 000 emplois."
"Tous ces dossiers, je les connais bien, j’en ai initié quelques-uns"
Patrick Chauvin, conscient de l’ampleur de la tâche, a réagi avec un mélange d’optimisme et de lucidité : "Si on regarde les chiffres, nous subissons la situation nationale. Mais Arles a du potentiel. Même si, sur les 2 300 ou 2 400 entreprises locales, les trois quarts ont moins de 9 salariés, nous avons des atouts pour y parvenir." Il a évoqué, non sans humour, le défi mathématique que représente cet objectif : "Si je divise 1000 par 9, ça commence à faire beaucoup !" Avant d’ajouter, plus sérieux : "La tâche est redoutable, nous devrons être rationnels, cartésiens et faire des choix."
Pour atteindre son objectif, Patrick Chauvin mise notamment sur deux sites majeurs : les Minimes et la gare maritime. "Tous ces dossiers, je les connais bien, j’en ai initié quelques-uns", a-t-il rappelé. Mais il a surtout insisté sur le potentiel du port fluvial, qu’il qualifie de "monumental", capable de "changer la ville d’Arles dans la décennie à venir". "On a le plus grand fleuve de France, on a le train, on a la route : tout y est ! Je vais porter ce projet, il va être long, mais c'est un projet qui peut nous changer la ville !", a lancé très enthousiaste Patrick Chauvin.
Patrick de Carolis, de son côté, a salué "la fougue et l’expérience" de son colistier, avant de présenter les quatre axes principaux de sa stratégie économique. En premier lieu, il s'agirait de donner un souffle nouveau aux zones d’activités économiques. "Il faut requalifier la zone commerciale de Fourchon. Au nord, il faut finaliser la commercialisation de l’avenue de la Libération, et réaménager l’avenue Stalingrad." Deuxième axe fort : le Rhône donc. "Il faut faire de ce port fluvial une plateforme d'échange intermodal de référence", a insisté le maire sortant.
Reprenant les propos de son futur adjoint à l'économie, il est revenu sur le projet d'une Cité de l'Image aux Minimes, incluant un écoquartier, des logements, un campus universitaire, des activités économiques et un complexe cinématographique -- sur lequel Patrick Chauvin avait travaillé lors de la précédente mandature. Ainsi que sur les Papeteries Etienne dont la commercialisation devrait débuter cette année. Dernier axe de travail, et pas des moindres, le cœur de ville et les commerçants. "Cela fait trois ans que je souhaite créer une foncière pour notre ville. Ça ne s'est pas fait, chacun mettra des mots sur cette absence", a glissé Patrick de Carolis. Une allusion à son ancien premier adjoint peut-être ? "Tu vas le faire directement, a-t-il lancé à Patrick Chauvin. Cette foncière est indispensable à nos commerces. Un commerce qui ferme, ce n'est pas acceptable. Il faut revoir les loyers, il faut permettre à des commerçants de s'y installer."
Le candidat d'Arles au cœur promet également plus de parkings de proximité. Des emplacements seraient déjà à l'étude, rue Camille-Pelletan, place Lamartine avec un parking souterrain ou bien encore à Portagnel. Autre volonté pour redynamiser le centre-ville : réinvestir des lieux emblématiques, tels que les Nouvelles Galeries, pour en faire des espaces commerciaux attractifs. Enfin, le maire sortant a annoncé sa volonté de créer des Halles, en partenariat avec les producteurs locaux, ouvertes tous les jours et toute l'année.
"Nous ne sommes pas là pour vendre la Lune ou raser gratis, mais pour dire ce que nous ferons, a conclu Patrick de Carolis. Notre objectif est clair : 1 000 emplois sur cette mandature. C’est notre étendard ! "