Politique
Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 24.02.2020 - thierry-allard - 3 min  - vu 573 fois

MUNICIPALES À Nîmes, Yoann Gillet : « Je veux que la peur change de camp »

Le candidat aux municipales à Nîmes Yoann Gillet (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pour la première fois, le Club de la presse et de la communication de Nîmes et du Gard organisait ce lundi matin une série d’interview des candidats aux municipales nîmoises.

Tous les médias locaux étaient présents pour « une conférence de presse inversée », comme la qualifiera le président du Club, Guillaume Mollaret, avec les questions de l’ensemble de la presse gardoise, ainsi qu’une question posée par un autre candidat. La matinée a vu défiler cinq candidats sur les sept en lice, le maire sortant Jean-Paul Fournier ayant fait le choix de décliner l’invitation, et David Tebib ayant un impératif d’ordre familial. Place à Yoann Gillet, candidat tête de liste du Rassemblement national.

Vous dites "baisse de la fiscalité et doublement des policiers municipaux". Qui paye ? En même temps, vous voulez supprimer 150 postes par an alors que ce chiffre correspond au doublement des effectifs de police municipale qui comptent 160 agents aujourd’hui.

Yoann Gillet : J’assume. Nous ferons avec des choix politiques différents. Les budgets des collectivités doivent être équilibrés. Un euro promis lors d’une campagne, un euro dépensé, c’est un euro retiré ailleurs. Mes propositions seront financées par des économies et une chasse au gaspillage par le non remplacement systématique des départs à la retraite. Je propose de diminuer le nombre de postes administratifs. Nous avons 3 000 agents, il y a une source d’économies très claire. 150 en moins c’est sur le solde net, en recrutant 150 policiers de plus, je ferai en sorte qu’il y ait 150 agents de moins à la mairie.

Vous voulez mettre en place un droit de préemption de la ville sur les commerces. C’est un droit qui existe déjà… Que faire en attendant la mise en vente des locaux ?

Ce droit existe déjà, il a été renforcé au début du mandat. C’est un outil qui n’a jamais été utilisé, sauf une seule fois. Nous pouvons contacter les propriétaires et ensuite proposer une remise de 30 % sur le loyer. La collectivité va louer les locaux à un tarif préférentiel les deux premières années. Les propriétaires verront d’un très bon oeil d’avoir en tant que locataire principal une collectivité. Ça a été mis en place à Beaucaire. C’est très efficace. Il y a encore du chemin à faire, mais c’est efficace.

Vous tractez « stoppons la racaille » : qui est la racaille et vous en faites quoi ?

On leur met la pression. Je n’ai pas peur de dire qu’on va les harceler. Je veux que la peur change de camp. Aujourd’hui on a une minorité qui emmerde les Nîmois, qui pourrit le quotidien. Ces gens-là il faut leur mettre la pression. C’est la tolérance zéro. Et il faut arrêter d’abandonner les quartiers où plus personne ne vient. Ça passe aussi par une présence policière non stop sur le terrain et l’ouverture de commissariats dans les quartiers sensibles.

Ce slogan suffit-il à faire un programme sérieux pour les municipales à Nîmes ?

Mon programme sera présenté vendredi. Là, c’était un tract sur une thématique. De la sécurité découle beaucoup de choses. Tout est lié à la sécurité. On peut mettre en place des mesures pour les développement économique, mais sans sécurité, elles ne servent à rien. Qui va aller consommer dans un lieu où l’insécurité est galopante ? Personne. Sur la rénovation urbaine, nous demandons à l’État d’accélérer le dispositif. Il doit faire l’effort d’accélérer les choses et coupler la rénovation urbaine à des mesures pour lutter contre l’insécurité. Notre programme est un programme d’ensemble. Mon programme parle de tout.

Question posée par le candidat Daniel Richard : « Au conseil municipal comme au conseil communautaire, vous votez toujours contre les subventions aux associations qui oeuvrent dans les quartiers pour la formation, l’insertion, le soutien scolaire… Comment pouvez-vous prétendre devenir le maire de tous les Nîmois si vous ostracisez ces quartiers populaires où vit la majorité de la population ? »

M. Richard est mal renseigné ou de mauvaise foi. Il ne connaît pas ses dossiers. Je vote contre les subventions qui sont nocives, les subventions allouées à des associations qui jouent le jeu dangereux du communautarisme. La grande majorité des subventions je vote pour, évidemment. Par exemple, l’association Appel d’air fait une journée sur le cirque. Une association sympathique. Le projet semblait intéressant jusqu’à ce qu’elle nous dise "on prévoit un stand pour que les jeunes fument leur pétard, pour les faire venir à la manifestation". Visiblement, ça n’a pas gêné la majorité en place de subventionner une salle de shoot en public.

Propos retranscrits par Thierry Allard

Thierry Allard

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