Publié il y a 1 an - Mise à jour le 14.02.2023 - Marie Meunier - 5 min  - vu 561 fois

PAYS D'UZÈS Cuisine centrale, emploi et fermeture de classes... Des sujets au coeur des discussions

CONSEIL communautaire ccpu pays uzès fabrice verdier vice-présidents

Le conseil communautaire du Pays d'Uzès s'est réuni ce lundi 13 février au soir, dans la salle polyvalente. 

- photo Marie Meunier

Ce lundi 13 février, les élus de la Communauté de communes pays d'Uzès (CCPU) se sont réunis en conseil. 26 points figuraient à l'ordre du jour, notamment sur la ZAC des Sablas, sur l'Espace entreprise emploi ou encore le fonds de soutien aux boulangers. En fin de séance, les élus ont aussi fait part de leurs inquiétudes sur d'éventuelles fermetures de classes dans leurs écoles.

Il a d'abord été question de la ZAC des Sablas, à Montaren-et-Saint-Médiers, où les travaux se poursuivent. Les élus de la CCPU ont voté favorablement pour la convention d'occupation temporaire du domaine public qui servira à réaliser des aménagements au rond-point de la RD 981. Il s'agira de créer une bretelle supplémentaire sur le giratoire qui desservira la ZAC, mais aussi de réaliser deux arrêts de bus, des trottoirs et un réseau pluvial dimensionné. 

Frédéric Salle-Lagarde, vice-président délégué aux Travaux, en a profité pour faire le point sur l'avancée de la ZAC : "Les sondages archéologiques se sont terminés ce vendredi. Pour la tranche 1, on n'a pas trouvé grand-chose : un fond de maison agricole apparemment du Ier ou IIe siècle qui a été arasée par la suite, et quelques restes de plantations. Le rapport de l'Inrap en charge des fouilles doit être déposé à la Drac, qui décidera s'il faut faire des fouilles complémentaires ou pas." Les élus le sauront d'ici trois mois. Concernant la tranche 2, la CCPU est toujours en attente des autorisations préfectorales pour entamer les fouilles. 

Deux options pour la future cuisine centrale

Les élus ont ensuite voté à l'unanimité pour l'adhésion de la CCPU au club des territoires "Un Plus Bio". L'association a pour objectif de développer des politiques alimentaires locales avec davantage de bio, de produits de proximité et de qualité. Xavier Gayte (La Capelle-et-Masmolène) a rebondi sur le sujet en demandant où en était le projet de cuisine centrale (auquel serait adossée une légumerie, NDLR) prévue sur la zone des Sablas justement.

Joseph Guardiola, vice-président délégué à l'Alimentation et l'agriculture, a expliqué : "Nous sommes en train de rédiger le cahier des charges pour la future cuisine centrale. On a deux options possibles : soit elle desservirait toutes les cantines scolaires de notre territoire, donc 2 500 élèves, soit on confie la cuisine centrale à un opérateur qui pourrait servir davantage de repas aussi dans les hôpitaux, maisons de retraite... On réfléchit encore, mais plus il y a de repas confectionnés, plus les prix sont bas. L'étude devrait être rendue à l'automne prochain." Les deux options sont sur la table. 

Les élus tous unis contre la fermeture de classes

La conseillère communautaire, Nathalie Fabié (Saint-Siffret) a ensuite parlé de l'Espace entreprise emploi (3E), se situant à Uzès. À travers cette structure, la CCPU va répondre à l'appel à projets 2023 "Agir pour son avenir professionnel" mené par le département du Gard. L'objectif de ce dispositif est de "garantir un accompagnement renforcé pour les bénéficiaires du RSA du territoire pour faciliter leur reprise d'activité, de développer leur motivation". Quinze allocataires de l'Uzège pourraient ainsi être suivis en file active en 2023. Ce projet chiffré à 51 965 € (en majeure partie financé par le Département, NDLR) pourrait venir compléter la mission que porte déjà le 3E. L'an passé, l'espace uzétien a reçu et suivi 75 bénéficiaires du RSA. Parmi eux, 50 personnes sont sorties du dispositif (16 personnes ont trouvé un emploi temporaire, 7 personnes ont trouvé un CDI, 2 personnes sont parties en formation et 2 personnes ont créé leur entreprise). 21 autres personnes cherchent encore un emploi. 

conseil communautaire pays d'uzès
26 délibérations étaient à l'ordre du jour de ce conseil communautaire.  • photo Marie Meunier

Le conseil communautaire s'est terminé sur une discussion autour du risque de fermeture de classes dans certaines écoles du territoire. Uzès, Bourdic, Moussac, Aubussargues ou encore Serviers-et-Labaume pourraient être concernés. Fabrice Verdier s'est engagé à rédiger un courrier à l'adresse du Dasen, de la rectrice d'Académie et à la préfecture du Gard indiquant que l'ensemble des élus de la CCPU s'opposaient à ces fermetures. Serviers-et-Labaume risque de se retrouver à deux classes de quatre niveaux chacune. De même à l'école de Bourdic, où "on se retrouverait à une seule enseignante avec quatre niveaux. Comment elle va faire pour gérer toute seule ?", interroge le maire, Christophe Gervais. Il craint que ce soit le premier cran d'un cercle vicieux : "On risque encore de perdre des enfants car les parents ne vont pas les laisser dans l'établissement dans ces conditions.

Comme beaucoup de territoires, l'Uzège voit ses effectifs d'enfants baisser. Une tendance découle notamment des tensions sur l'immobilier en Uzège, jugé souvent trop cher et qui décourage les jeunes qui y ont grandi d'y rester ou aux nouveaux de s'y installer. Pour Fabrice Verdier, le président, il semble de plus en plus pertinent d'engager une réflexion sur une "politique du logement qui permet de garder les jeunes sur le territoire". Quant à Bernard Rieu, maire de Vallabrix, il aimerait voir un raisonnement à contre-pied. Plutôt que cette "dégradation des conditions d'apprentissage des enfants", il souhaiterait se servir de cette baisse d'effectif pour alléger les classes et favoriser ainsi la réussite des enfants : "Ce qui coûte cher, ce ne sont pas les enseignants mais l'échec scolaire des enfants. La stratégie de l'Éducation nationale n'est pas du tout positive pour eux", lâche-t-il.

Et aussi... Hommage. En début de séance, les élus de la CCPU ont respecté une minute de silence à la mémoire d'Edmond Dorocq, décédé il y a quelques jours. "Il était un entrepreneur très connu dans l'Uzège et a longtemps été élu à Baron", indique le président, Fabrice Verdier. 

Économie. La CCPU va abonder le fonds L'OCCAL mis en place par la région Occitanie pour venir en aide aux boulangers du territoire face à la crise énergétique. La collectivité va contribuer à hauteur de 25 % du surcoût dans la limite de 1 000 € par établissement éligible du territoire. "Dans certaines communes, la boulangerie est l'unique commerce qui existe. On est bien conscient des limites de l'accompagnement (...) mais on fait notre part", précise Fabrice Verdier.

Spectacle. Une convention de partenariat va aussi être signée avec le festival de Patrick Timsit "Uzès, seul en scène". La première édition en mai s'annonce réussie puisque les jauges sont déjà aux 3/4 remplies. Mais l'élue uzétienne, Lydie Defos du Rau, s'inquiète tout de même de ne pas voir de montant maximum sur les frais de déplacement, de bouche et d'hôtellerie de Patrick Timsit, qui seront à la charge de la CCPU. "Il y a des hôtels et des repas qui peuvent être très onéreux. Est-ce que c'est recevable de voter comme cela un chèque en blanc ?", interroge-t-elle. Fabrice Verdier argue : "Je peux vous rassurer, ce ne sera jamais 500 € la nuit d'hôtel (...) Ce n'est pas un chèque en blanc. Les prix de la SNCF ne sont jamais les mêmes. Si on fait un comparatif avec d'autres conventions dans d'autres territoires, je pense qu'on est très cranté, très cadré." Il justifie encore : "On espère une subvention de 10 000 € qu'on n'aurait pas obtenu sans Patrick Timsit comme directeur artistique du festival. Je dis ça comme ça."

Services publics. Plusieurs organismes sont hébergés dans l'Espace entreprise emploi (3E), notamment la CPAM, la CAF, la Mission locale Gard rhodanien-Uzège, l'association Passrelle Synergies, l'Armée de terre, l'association Léo-Lagrange ou encore la Boutique de gestion Gard-Lozère. Toutes verront leur convention d'occupation réitérées pour 2023. Par contre, Fabrice Verdier aimerait une présence plus assidue de certains organismes, comme la Caisse primaire d'assurance maladie : "Certaines personnes se découragent car il n'y a pas d'agent sur place pour les renseigner. Il y a un gros besoin." Pour l'instant, il y a une présence physique une fois tous les quinze jours sur prise de rendez-vous. 

Marie Meunier

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio